Chalon sur Saône

HOPITAL DE CHALON - La crise sanitaire du Covid19 n'est qu'un énième bras de fer face à la casse de l'hôpital public

Ce jeudi, ils étaient quelques dizaines dans le hall de l'hôpital de Chalon sur Saône, histoire de répéter la grande journée de mobilisation de l'hôpital public fixée au 16 juin prochain.

Combien seront-ils ceux qui applaudissaient les soignants sur leurs balcons à 20h pendant plusieurs semaines à soutenir les éternelles revendications ? Ne cherchez pas... la réponse est déjà trouvée finalement.  Au centre hospitalier William Morey de Chalon sur Saône et comme partout ailleurs dans les hôpitaux publics français, les mois se suivent et se ressemblent. Absence de reconnaissance du travail mené, petit saupoudrage de primes ici ou là, tarification à l'activité pas remise en cause, gestion de crise qui interroge, dialogue social revendiqué par les instances représentatives du personnel... les sujets ne manquent et ce n'est pas le Covid19 qui a changé la donne. La crise sanitaire n'aura fait que éclairer un temps donné quelques citoyens qui ne voulaient, ni voir ni entendre les difficultés de l'outil sanitaire français. 

En attendant, ce jeudi, la CGT en tête, a dénoncé de nouveau " l'absence de véritables négociations, le manque de concertation et de dialogue social concernant les politiques de santé et d'action sociale". Ils ont exigé "une refonte de notre système de santé et de protection sociale pour répondre aux nécessaires améliorations des conditions de travail, de vie des salariés et de l'amélioration de la qualité de prise en charge de la population". 

"Ne plus se contenter de mesurettes"

Ce petit débrayage, à la veille de la journée de mobilisation du 16 juin, aura été le moment opportun pour rappeler à la direction, "le ras le bol général face à des mesurettes qui ne contenteront plus personne". "C'est l'heure des réponses concrètes face à des problèmes concrets". 

Les primes aux soignants... la grande inconnue pour un hôpital comme Chalon sur Saône

Alors que le gouvernement a martelé le versement de primes depuis des semaines sur les plateaux TV ou encore l'annonce d'un 14 juillet avec une valorisation des soignants, c'est plus qu'une médaille en chocolat que les soignants espèrent. "C'est une vraie reconnaissance du travail fait au quotidien fait par l'ensemble du personnel. C'est l'arrêt immédiat de toutes les fermetures d'établissements, de services et de lits. C'est le recrutement de personnel pour améliorer les conditions de travail dans tous les services. C'est la revalorisation générale des salaires passant notamment par l'augmentation du point d'indice et la reconnaissance de qualifications des professionnels pour un meilleur déroulement de carrière; C'est l'égalité professionnelle pour nos métiers à prédominance féminine. C'est l'amélioration des conditions de travail, de vie des salariés et surtout la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers et bien sûr l'abandon de la tarification à l'activité ou encore un projet de loi de financement de la Sécurité Sociale qui réponde aux besoins". 

Autre grande inconnue pointée par les représentants du personnel," celle du versement de la prime à l'heure où 1500 euros pour les hospitaliers de Chalon sur Saône représentent 3 millions d'euros supplémentaires pour un hôpital qui annonçait avant la crise un déficit prévisionnel de plus de 1,5 millions d'euros sans mentionner le déficit cumulé. Qui paiera ? L'hôpital ? Pour quelle suite sur le quotidien des soignants après ? "

Sans cela, finalement la crise sanitaire n'aura rien appris et pas sûr qu'au prochain épisode, les applaudissements sur les balcons suffisent. Allez le 16 juin, on fait les paris, combien descendront de leurs balcons dans les rues pour défendre l'hôpital public ? 

Laurent Guillaumé 

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