Chalon sur Saône

EHPAD DES TERRES DE DIANE - Une réunion s'est tenue à l'hôpital ce mardi matin

Les représentants du personnel CGT à l'origine de l'alerte pointant des cas de maltraitante ont tenu une conférence de presse à l'issue de la réunion. Les explications d'info-chalon.com

Les représentants CGT du personnel William Morey se sont révélés être les lançeurs d'alerte d'une situation révélant de "graves dysfonctionnements" au sein de l'un des services de l'EHPAD des Terres de Diane à Saint-Rémy. Visé par ce que l'enquête administrative révèle au fil des auditions menées depuis quelques semaines, c'est le service des "Cerfs" qui est dans le collimateur. Un rôle de lanceur d'alerte salué par Gilles Platret, Président du Conseil de surveillance de l'hôpital William Morey dont dépend l'EHPAD et par Christine Ungerer, Directrice du centre hospitalier et du Groupement Hospitalier de Territoire du Nord Saône et Loire. 

Petit rappel des faits

Pour la CGT, "il y a une forme de continuité face à ce qu'on considère comme du laxisme en terme de gestion de service. Depuis 2018, on avait fait remonter certains dysfonctionnements, le laxisme de certaines gestions. La maltraitance n'est pas arrivée du jour au lendemain. Les difficultés de management avaient déjà été diagnostiquées à travers un audit réalisé à la fin de l'année 2019. Cet audit n'a été suivi que partiellement d'effets. Pour nous, il ne faut pas dissocier les choses même si les tous les agents n'ont pas mal viré. Ce n'est qu'un petit noyau."

"Transparence et honnêteté pas au rendez-vous"

Pour la CGT, "la mesure des faits dans ce service de l'EHPAD n'a pas été à la hauteur de l'enjeu". Une vision que Christine Ungerer, directrice de l'établissement ne partage évidemment pas, interrogée par nos soins (lire plus tard sur info-chalon.com). Selon nos informations, ce sont 14 faits classés dans un ordre en terme de gravité qui sont reprochés notamment à quatre aides-soignants et une infirmière. Des faits qui vont de la prise de photos intimes de résidents et/ou de nu, de donner des insectes à manger à une résidente, d'enfermer une résidente dans sa chambre pour susciter la peur et s'en moquer, faire subir des moqueries, des repas oubliés, des vols de nourriture, des résidents mis en tenue de nuit dès 15h et couchés jusqu'au lendemain matin, l'arrivée au travail en état d'ébriété... 

C'est dire l'ampleur des actes supposés commis par ce petit noyau d'agents hospitaliers. 

Pour la CGT, la direction de l'établissement n'a pas été en capacité de garantir la sécurité des agents susceptibles de témoigner, une version là encore réfutée par la direction. C'est donc sous couvert d'anonymat que les témoignages ont été recueillis. 

Une absence de représentant de l'ARS pointé par les représentants du personnel 

La CGT a salué la présence des maires de Saint-Rémy et de Chalon sur Saône, des représentants du Conseil Départemental de Saône et Loire et autres instances représentatives, mais a dénoncé "la nouvelle absence d'un représentant de l'ARS. Ni monsieur Pribile, ni monsieur Patriat qui a pourtant en charge la question des EHPAD n'étaient présents, et on ne parle même pas de la délégation territoriale de l'ARS à Mâcon". A la question de connaître le taux de participation de l'Agence Régionale de Santé aux instances représentatives de l'hôpital chalonnais, les délégués du personnel préfèrent sortir le joker. 

Le Procureur de la République saisi par Gilles Platret et la direction de l'hôpital.

C'est Gilles Platret, maire de Chalon sur Saône qui a été destinataire des premiers courriers. Le jour même, il saisissait le Procureur de la République, conformément au code de la procédure pénale. Au lendemain du week-end, la direction de William Morey saisissait à son tour le Procureur selon Christine Ungerer. Une enquête administrative a été ouverte dès le 17 juillet et pas moins de 35 entretiens ont été réalisés afin de permettre de collecter les témoignages. Le Procureur sollicité par info-chalon.com il y a quelques semaines n'a pas souhaité répondre à notre sollicitation compte tenu de l'instruction en cours. 

Une audition qui va durer jusqu'à la fin du mois de septembre

Organisée en urgence, les auditions ont commencé à recueillir les témoignages avec à terme l'idée d'entendre pas moins de 70 personnes. La CGT a demandé à la direction d'entendre tout le monde, y compris le personnel de nuit mais aussi de remonter dans le temps, à raison des deux dernières années. L'idée étant de recueillir les témoignages de celles et ceux qui sont passés par le service en question d'une manière ou d'une autre. Là encore, la CGT s'est étonnée de voir les premières auditions réalisées en présence de la cadre de santé du service en question, demandant plus de neutralité et d'objectivité en terme d'organisation de l'enquête administrative.

La CGT assume sa décision d'avoir rendu publique la situation de l'EHPAD des terres de Diane, "il fallait que ça sorte alors que les informations arrivaient au compte-goutte. Il fallait que tout le monde ait le même niveau d'information. Finalement on ne savait plus qui savait quoi. Maintenant, c'est à la justice de faire son boulot

Une prochaine réunion des familles fixée au 23 septembre

Une première réunion des familles de résidents des Cerfs a été organisée au coeur de l'été, le 5 août dernier, sous le thème de "dysfonctionnements" et non sous le thème de "maltraitance". Un choix assumé par la directrice de l'établissement mais qui a permis d'aborder le sujet. D'ores et déjà, les familles seront invitées à participer à une deuxième réunion le 23 septembre alors que les auditions devraient toucher à leurs fins. 

Pour le moment, il est impossible de savoir combien de résidents auraient été victimes de ces actes supposés mais le service des Cerfs compte 60 lits. 

Laurent Guillaumé 

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