Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Il consultait des sites exposant des photos d'enfants violés par des adultes.. et diffusait des images

Aux alentours de Louhans vit un homme de 49 ans qui, dans l’intimité partagée avec l’écran de son ordinateur, consulte des sites qui exposent des photos d’enfants violés par des adultes. Il en conserve dans ses fichiers. Il est poursuivi aussi pour diffusion de ces images, on suppose via le P2P.

Une expertise psychiatrique est obligatoire pour les infractions à caractère sexuel

Le prévenu a un profil et une attitude dont son allure - sa mise vestimentaire et son choix de coiffure - ne dit rien du tout. Il est grave, s’exprime comme il peut, et en a gros sur la patate. Maître Chavance en dira quelques mots pour lui, mais en attendant, l’avocate s’inquiète de ne voir aucune expertise au dossier, pas même celle de 2015 : ce monsieur est en état de récidive légale, déjà condamné à 6 mois de prison intégralement assortis d’un sursis mis à l’épreuve pour des faits semblables. Deux ans de sa vie, suivis par un juge d’application des peines et un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP).

Sursis mis à l’épreuve : « Un psychiatre que je voyais 5 minutes tous les 6 mois »

« Vous n’êtes plus suivi, là ? vérifie la présidente Dorion.
- Non, votre honneur. J’étais suivi par une psychologue, et un psychiatre que je voyais 5 minutes tous les 6 mois. C’est le temps qu’on m’accordait.
- Pourquoi vous n’avez pas changé de psy ?
- Je ne l’ai pas choisi il m’a été infligé par le CPIP d’aller au CMP de Louhans.
- Vous n’avez pas dit que ça ne vous convenait pas ?
- Elle n’avait pas le temps, la psychiatre, elle me donnait juste une ordo. »

L’opinion publique, toujours plus rapide que la justice, pour juger

Il a une vie stable. Il travaille, il vit en couple depuis 10 ans (au domicile de sa compagne), il a une fille de 4 ans. Il confirme : « Oui votre honneur. »
« Cette dame se pose des questions, monsieur, sur la poursuite de votre vie commune.
- Je sais, votre honneur.
- Elle ne veut plus de vie commune avec vous.
- Oui, sous la menace de l’adjudant de gendarmerie qui lui a dit que si elle prenait contact avec moi, il lui enlèverait la petite. »
Dans la salle, quelques personnes du public manifestent que c’est bien la moindre des choses.

« De 9 à 11 ans, j’ai été battu et violé par mon beau-père, je n’arrive pas à enlever ça de ma tête »

« Qu’avez-vous à dire sur la détention ? Nous devons statuer sur l’endroit où vous serez en attendant votre jugement.  - Si ma copine ne veut pas de moi, je ne vois pas où je peux aller. Ma famille est dans le sud. » Maître Chavance l’engage à parler des tentatives de suicide, et de leurs raisons. L’homme souffle, pour évacuer, ou au moins essaie, le poids qui immanquablement vient peser en lui et l’oppresse.  « J’ai été interné en hôpital psychiatrique à deux reprises pour des tentatives de suicide. Je vais essayer… » Il souffle, il reprend son souffle, il relève la tête vers le tribunal et débite d’une traite : « De 9 à 11 ans, j’ai été battu et violé par mon beau-père, je n’arrive pas à enlever ça de ma tête. Je consulte des images de mineurs, pour voir ce qu’on m’a fait à moi, pour comprendre. Mais ça n’apporte pas de réponses. »

« Vous avez compris ? – Oui votre honneur »

Le parquet requiert son maintien en détention jusqu’au jugement, maître Chavance plaide en faveur d’un contrôle judiciaire qu’il pourrait respecter chez son frère ou chez sa sœur, dans le sud.
Le tribunal ordonne une expertise psychiatrique, et le maintien en détention du prévenu, pour garantir sa présentation en justice et éviter le renouvellement des faits. « Vous avez compris ? – Oui votre honneur. »
Le jugement est renvoyé au 23 décembre (si l’expertise est versée au dossier d’ici là, ndla).

Florence Saint-Arroman

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