Chalon sur Saône

Un cercle de silence pour les migrants Place de l'Obélisque

Vendredi après-midi, à Chalon-sur-Saône un cercle de silence était organisé pour attirer l’attention sur ce que vivent les migrants sans-papiers. Plus de détails avec Info Chalon.

«Des papiers pour tous! Arrêt des expulsions programmées en Saône-et-Loire!»


Plusieurs associations, partis politiques, collectifs, dont les Accompagnants au commissariat, Chalon Solidarité Migrants, la CIMADE71, le PCF du Grand Chalon, l'ASTI71, la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), CCFD Terre Solidaire et ATD Quart-monde, et des particuliers organisaient, vendredi 19 juin, à 16 heures 30, à Chalon-sur-Saône, un cercle de silence pour demander la régularisation de tous les étrangers présents sur le sol français, et sensibiliser la population sur conditions d'enfermement des sans-papiers dans les centres de rétention administrative (CRA). Une rétention dénoncée comme «un enfermement sans cause et indigne».


La date du 19 juin ne doit rien au hasard. C'est la veille de la Journée mondiale des réfugiés. Pour tous les acteurs associatifs, institutionnels, associatifs, réfugiés et membres de la société civile, il s'agit d'un rendez-vous annuel pour célébrer les valeurs d'accueil et de solidarité.


Tout en maintenant les mesures de distanciation physique, une 50aine de militants ont ainsi formé un cercle et respecté le silence pendant environ une heure sur la Place de l'Obélisque.


Lors d'une conférence de presse organisée devant le restaurant McDonal's du Centre-ville par des soutiens aux sans-papiers et migrants, lesquels craignent que le déconfinement rime avec la reprise des rétentions voire des expulsions, il a notamment été question du cas de 18 familles post CADA* en Saône-et-Loire dont de nombreux membres ont été en1ère ligne pendant la crise sanitaire du COVID-19, exploités dans les pires conditions dans des secteurs qui ont continué à tourner, sans aucune protection sociale.


«Derrière les mots, il y a des visages. Les gens dont nous sommes solidaires demandent des papiers pour tout simplement travailler. Ils sont assignés à résidence comme des délinquants alors qu'ils n'ont aucun crime si ce n'est que de demander des papiers», déclarera à ce sujet, une militante qui parle d'une hypocrisie, dénonçant aussi bien les préjugés qui consistent à les faire passer pour des parasites que les chefs d'entreprise peu scrupuleux qui les exploitent sans vergogne.


Il a aussi été fait allusion aux circulaires Valls du 28 novembre 2012 et du 11 mars 2014**, concernant la régularisation des étrangers en situation irrégulière. D'après une autre militante qui a pris la parole, en plus des critères d'admission, le préfet de Saône-et-Loire, Jérôme Gutton, aurait rajouté l'obligation pour les enfants de bien travailler à l'école, il vérifie les bulletins scolaires et la nécessité pour les parents d'avoir une promesse d'embauche en CDI.


«Nous sommes en plein Kafka! Elle est très difficile de la trouver car ils sont sans-papiers... C'est le chien qui se mord la queue!», s'exclame-t-elle, déplorant «la multiplication des obstacles» à l'obtention de papiers en règle.


Les soutiens des sans-papiers et des migrants craignent que la récente hausse du chômage liée à la crise sanitaire du coronavirus ne rendent la vie de ces familles encore plus précaires.


Les 18 familles qui ont plus de 5 ans d'ancienneté sur le territoire avec des enfants nés ici et scolarisés sont menacées d'expulsion, le 30 juin prochain.


Prochain rendez-vous, au mois de septembre, avec des tables rondes, un pique-nique et un concert pour soutenir les migrants et les sans-papiers.


Parmi les personnes présentes, citons Nicole Vercey, présidente de la CIMADE 71, Aline Mathus-Janet, présidente de la Section Chalonnaise de la LDH, Dolorès Arnao, co-trésorière du Parti Communiste Français (PCF) du Grand Chalon, Nathalie Leblanc, conseillère municipale de l'opposition (socialistes), Jacques Tatreaux et François Portefaix (Accompagnants au commissariat), pour ne citer qu'eux.

 

* CADA pour Centre d'accueil pour demandeurs d'asile.
** Pour la régularisation des parents : ils doivent être sur le territoire français depuis au moins 5 ans, disposer de ressources suffisantes et avoir des enfants scolarisés depuis au moins 3 ans. Les parents doivent contribuer effectivement à l’éducation de leurs enfants et avoir une vie commune depuis au moins 18 mois.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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