Politique

Réactions politiques au rassemblement de soutien aux Yeganyan

Ce lundi, matin, plus de 150 personnes se sont rassemblées devant l'Hôtel de Ville de Chalon-sur-Saône. Ils demandent la libération des Yeganyan, une famille d'Arméniens menacés d'expulsion vers leur pays d'origine où de graves ennuis les attendent. Parmi eux, se trouvaient également des personnalités politiques locales. Info Chalon vous livre leurs réactions.

Plus de 150 personnes se sont rassemblées aux abords de la mairie de Chalon-sur-Saône, à 8 heures 30, ce lundi 24 août, en soutien aux Yeganyan, un couple d'Arméniens et leur fils, menacés d'expulsion vers l'Arménie où un sort peu enviable les attend aussi bien le jeune homme, considéré comme déserteur voire "traître" par les autorités locale que le père, menacé par la mafia pour avoir voulu refuser le racket qu'il subissait.


Un rassemblement était organisé par l'Association de Solidarité avec Tous les Immigrés (ASTI), la CIMADE, ATD Quart Monde, le Collectif Chalon Migrants, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et les Accompagnants au Commissariat.


Parmi les personnes présentes, figuraient notamment des personnalités politiques.


Interrogées par Info Chalon, elles nous livrent leurs réactions.


«C'est une situation dramatique et urgente. Dramatique, parce qu'on renvoie une famille dans un pays où on sait qu'elle est clairement en danger, que ce soit les parents ou le fils. C'est un pays en guerre. C'est un problème majeur de droits humains. Cette famille est parfaitement intégrée à Chalon et ne demande qu'à travailler. Une partie de cette famille est restée puisque il y la fille et les petits-enfants. On déchire une famille. Le fils n'a pas terminé sa formation. Il est en âge de préparer son futur. Je pense que c'est à la France de l'aider à ça. C'est la raison pour laquelle cette famille doit revenir parmi nous».


Nathalie Leblanc, conseillière régionale et municipale (Socialistes)


«Ce rassemblement est, comme vous le savez, pour soutenir la famille Yeganyan. Bon, je ne vais pas revenir sur ce qu'a dit Stéphène (Ndlr : le Père Stéphane Boyer). La France a beaucoup de principes, qu'elle défend tant au niveau national qu'à l'international, de solidarité, etc... d'ailleurs, c'est écrit là, sur le fronton de la Mairie. Dans la pratique, c'est l'inverse qui se passe avec la chasse au migrant. D'autant plus que la France n'est pas du tout le pays qui en accueille le plus (de migrants). Nous avons une politique d'accueil qui est inhumaine avec des lois inhumaines alors que nous aurions pu les accueillir de façon digne des personnes en situation difficile qui ont dû fuir leur pays. Parce qu'une chose est certaine : lorsqu'on fuit l'endroit où on est né et où on a habité, c'est qu'il y a danger! Il est donc de notre devoir d'accueillir et de protéger les gens qui demandent l'asile et protection. Aujourd'hui, ce qu'il faut savoir, c'est que ce n'est pas un phénomène conjoncturel qui a commencé à un jour J et qui se termine un jour J. C'est un phénomène qui s'installe; tout simplement parce que nous sommes aussi dans une situation écologique préoccupante qui crée des tensions économiques, dégénérant en violences armées et, parallèlement à cela, il y a un phénomène de financiarisation de l'économie qui se traduit par accaparement des terres des multinationales, appauvrissant les paysans. Cela pousse ces derniers à l'immigration. Tant qu'on ne traite pas ce problème politique, en faisant pression sur ces gouvernements, cela n'est pas prêt de changer».


Mourad Laoues, conseiller municipal, membre de la liste écologiste et citoyenne, Bien Vivre à Chalon.


«On est très inquiets de la situation actuelle avec cette famille qui est en centre de rétention et qui, hélas, a de forte chance de se retrouver dans leur pays d'origine qu'ils ont quitté depuis de nombreuses années. Ils n'ont plus d'attaches là-bas et ils risquent de subir une répression très forte... ça, c'est une première chose. Hélas, ce n'est qu'une des premières familles de la liste qu'a établi le précédent préfet. Aussi, nous sommes très inquiets pour la suite. C'est-à-dire que cela concerne une dizaine de familles. Elles vont se retrouver dans la même situation, finir dans un centre de rétention avant d'être expulsées».


Dolorès Arnao, co-trésorière de la section du Parti Communiste Français (PCF) du Grand Chalon


«J'en appelle au nouveau préfet (Ndlr : Julien Charles) afin qu'il réexamine le cas de cette famille arménienne. Pourquoi? Manifestement, cette famille coche toutes les cases de l'intégration. Que ce soit au niveau religieux avec toutes ces activités de bénévolat, au Secours Catholique, par exemple, ou des associations caritatives, comme à la Soupe Populaire. Sans oublier, leur fils avec sa formation de CAP. Avec, pour le père, une proposition d'embauche acquise. Il y a donc un problème sur ce dossier. Il faut que les autorités publiques réexaminent rapidement le dossier des Yeganyan et qu'elles les régularisent et qu'ils puissent vivre tranquilement ici, à Chalon, car depuis 5 ans, et on le voit avec ce rassemblement, cette famille est intégrée dans notre ville. Moi, je suis en étroite relation avec le député Raphaël Gauvain pour ce dossier; il va regarder, de son côté, avec les autorités, comment faire avancer ce dossier».


Alain Rousselot-Pailley, conseiller municipal (LREM)

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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