Saône et Loire économie

CORONAVIRUS - Pour Laurent Letourneaux, Président du MEDEF Saône et Loire, "le gouvernement a su réagir de façon adéquate, fort et vite".

Face à une situation qui s'annonce très compliquée, info-chalon.com a donné la parole au Président du Medef de Saône et Loire.

Quel est l’état d’esprit du monde de l’entreprise en Saône et Loire à ce stade de confinement ? 

Je crois que l’état d’esprit des chefs d’entreprises du territoire oscille entre le souci de protéger la santé de nos salariés et l’inquiétude légitime de la pérennité de leur entreprise face à une crise sanitaire qui aura un impact économique très fort.

 Au sujet des  dispositifs communiqués par le gouvernement, quel est votre sentiment ? 

Pour ce qui concerne les mesures économiques et sociales, j'estime que le gouvernement a su réagir de façon adéquate, fort et vite.

Que ce soient les mesures de chômage partiel, d'arrêt de travail pour garde d'enfants, de fonds de solidarité pour les TPE, de prêt garanti par l'Etat, de report des cotisations (pas la TVA je le rappelle), d’accélération des remboursements de crédit d’impôts, toutes ces mesures vont dans le bon sens. N’oublions pas l’Europe qui met également un plan de plus 745 milliards pour éviter et/ou minimiser la crise économique inéluctable en sortie de la crise sanitaire. On estime aujourd’hui qu’un mois de confinement coûtera 2% de PIB et 2 mois, 5%. La consommation a diminué de 35% selon des chiffres de l’INSEE. 

Nous avons un autre élément d’inquiétude fort : les délais de paiement. Il est important de régler ses factures fournisseurs pour ne pas voir la machine s’enrayer davantage.

 Confinement, déconfinement, comment se positionne le monde de l’entreprise ?

Après un arrêt brutal des entreprises le lendemain du discours du Président Macron le 16/03 au soir, on constate la volonté des entreprises de reprendre le travail avec en priorité la mise en œuvre des mesures barrières toujours dans le souci de la protection des salariés. Beaucoup de fédérations professionnelles ont mis en place des « référentiels » de bonne conduite à respecter et qui ont pour but de remettre autant que faire ce peut nos entreprises en activité. J’invite vos lecteurs à consulter le guide pratique réalisé par le MEDEF pour les entreprises qui souhaitent maintenir ou reprendre l’activité tout en préservant la sécurité des salariés.

 Travailler pour Didier Guillaume et Muriel Pénicaud, et restez chez vous pour d’autres, comment ça se traduit du côté du Medef ? 

Après la peur légitime face au COVID-19 nous nous devons de participer à l’effort de redémarrage de notre économie. On ne peut pas demander à certains et je pense en particulier aux soignants, aux employés des grandes surfaces, aux services de sécurité (police, gendarmerie) et à l’ensemble des filières qui nous permettent de ne pas être en situation de pénurie d’être les seuls à faire des efforts. Maintenant la sécurité et la santé de nos salariés restent la priorité que ce soit des chefs d’entreprises ou bien du gouvernement. Mais le discours en particulier de la CGT avec des préavis de grève est inadmissible. Ils seront les premiers à dénigrer les entreprises qui seront amenées à licencier du fait des consignes qu’ils donnent aujourd’hui.

Responsabilité du chef d’entreprise en terme de contagion, comment se positionne le MEDEF ? 

Les chefs d’entreprises ne pourront être tenus pour responsables de la contagion d’un salarié au titre de l’accident du travail. Cela déjà au travers de la définition même de ce qu’est un accident du travail. Maintenant je crois que les chefs d’entreprises sont des gens responsables. Qu’ils puissent disposer des éléments nécessaires à la sécurisation (gel hydro-alcoolique, gants geste barrières etc..) des conditions de travail de leurs salariés et ils feront diligence pour tout mettre en œuvre dans les entreprises afin de garantir la sécurité de leurs salariés. Je crois également que la sécurité au travail est une responsabilité collective et également individuelle.

 Prêt garanti par l’Etat mais pas pour les entreprises en difficulté au 1er mars, un coup de massue supplémentaire ? 

 Concernant ce sujet nous sommes en attente de précisions afin de pouvoir permettre aux maximum d’entreprises de bénéficier de ces prêts.

L’Etat met 300 mds € pour permettre aux entreprises d’assurer leur trésorerie. Je les encourage à ne pas attendre qu’il soit trop tard pour se saisir de cette possibilité. Et comme l’a indiqué le Préfet de Saône et Loire avec qui le MEDEF71 a des échanges réguliers, le gouvernement proposera dans la mesure du possible d’améliorer les dispositifs actuels. Maintenant il faut aussi s’attendre à ce que des entreprises ne passent pas le cap de cette crise sanitaire qui demain sera également une crise économique.  

Laurent Guillaumé

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