Opinion

David Cormand, secrétaire national d'EELV veut que «l’impératif écologique soit au coeur de l’agenda politique»

Le discours au Conseil fédéral d’EELV prononcé samedi par David Cormand, secrétaire national :

Chères amies, chers amis,

Ce Conseil fédéral de rentrée, en plus des travaux habituels sur les différentes motions, validera, si vous le décidez, le cadrage de la construction du Projet 2017, ainsi que sur les prochaines élections législatives. Ce sont les deux derniers piliers du travail que nous avons entrepris pour les échéances de 2017.

Notre vision pour ces rendez-vous politiques est en effet de lier l’élection présidentielle avec les élections législatives.

Pour cela, nous avons souhaité proposer la co-élaboration du Projet 2017 avec la société civile par le biais du site participatif projet-ecologie.fr : ce site est le rendez-vous de toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer à ce moment démocratique. Nous avons choisi de co-construire cet outil avec l’association « Cap Collectif » qui a notamment mis en oeuvre le site internet « Parlement et citoyens » afin que chacune et chacun puisse participer à l’élaboration de la loi. Pour la première fois dans l’histoire de la cinquième République, un parti politique choisit de co-élaborer son projet avec toutes celles et ceux qui le souhaitent.

Ainsi, nous voulons faire converger les propositions de notre mouvement, celles de nos candidates et candidats à la primaire, et celles de la société civile : associations, ONG ou citoyen-ne-s engagé-e-s en faveur de l’écologie.

Notre conviction est que dans le moment de décomposition politique que notre pays et l’Europe traversent, nous avons besoin d’un nouvel imaginaire politique, celui de l’écologie, mais aussi de nouvelles méthodes et pratiques pour faire vivre la démocratie. Les partis n’ont pas le monopole de l’élaboration des projets, tout comme les institutions n’ont plus le monopole des réalisations qui changent le quotidien des gens.

Et pour les échéances de 2017, je veux que nous fassions nôtre la formule d’Eva Joly dans la tribune qu’elle a publiée récemment, pour inviter à participer à notre primaire et à l’élaboration du projet écologiste : « Venez, vous êtes chez vous ».

Nous avons donc, comme vous l’avez décidé, mis en oeuvre la Primaire de l’écologie pour que toutes celles et ceux qui le souhaitent, et ce dès 16 ans, puissent participer au choix de notre candidature présidentielle. À l’occasion des élections législatives nous devrons aussi travailler sur tous les territoires à l’émergence de candidates et de candidats écologistes, issu-es ou non de notre mouvement, pour porter notre projet.

Notre capacité à faire de la place à des compagnons de route de l’écologie, à des gens qui viennent d’autres horizons que le nôtre, c’est la preuve de notre ouverture vers la société, et c’est l’esprit d’Europe Écologie.

Pour 2017, nous soutiendrons donc 578 candidatures aux élections pour changer notre pays et l’Europe. Une candidature pour la présidentielle, et 577 autres pour les législatives.

Depuis maintenant plusieurs mois, je n’ignore pas que le rouleau compresseur de la peur est en marche.

Face à la décomposition du champs politique, aux pertes de repères et à la confusion des valeurs que l’on constate dans les principales familles politiques, nous sommes enjoint à rentrer dans le rang, ou dans la ronde, du prétendu cercle de la raison. Ce cercle de la raison, c’est en réalité celui de tous les renoncements. Ceux que nous avons déjà subi de la part d’un pouvoir qui fait l’inverse de ce à quoi il s’était engagé ; mais c’est aussi celui des renoncements à venir.

La réalité, c’est que les deux grands modèles de pensée qui ont régi la vie politique en Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale sont devenu obsolètes face aux défis que rencontre l’humanité. Deux sujets majeurs se posent aujourd’hui : le défi écologique et l’explosion des inégalités. La social-démocratie et le capitalisme ont échoué à y apporter des réponses.

Cet échec se traduit aujourd’hui par la désespérance des citoyen-ne-s, par la perte de confiance vis à vis des partis politiques traditionnels et par la tentation de l’indifférence, avec l’abstention, ou du pire, avec l’émergence de l’extrême droite. Dans cette grande confusion du sens, nous devons assumer de la clarté et de l’ouverture.

Les écologistes alertent depuis des décennies sur l’effondrement qui vient. Aujourd’hui, les constats sont partagés, même si ressurgit par moment la tentation du déni et de la régression écologique comme avec les propos ahurissants de l’ancien président de la République au sujet du dérèglement climatique.

Il nous appartient donc désormais de convaincre sur les solutions.

Nous n’y parviendrons pas seuls. De plus en plus de citoyennes et de citoyens se disent disponibles pour changer le modèle. Nous devons être au rendez-vous de cette demande de changement. Pour cela, nous devons être les défricheurs d’une démocratie renouvelée. Je l’ai dit, c’est ce que nous faisons pour la réalisation de notre projet 2017.

Mais nous devons aller plus loin avec la réinvention de notre « outil parti » qui a vocation à devenir un bien commun mis à la disposition de toutes celles et tous ceux qui souhaitent mettre en oeuvre un véritable changement.

Nous devons aussi être fièr-e-s des valeurs qui sont les nôtres, au moment où les autres mettent les leurs sous le tapis, les dissimulent ou les renient.

Le débat ahurissant sur l’identité, ravivé avec une grande violence par le pyromane en chef, Nicolas Sarkozy, au sujet de « nos ancêtres gaulois » ne doit pas autoriser la surenchère à laquelle nous assistons. Nous refusons la nostalgie fantasmée d’une France figée dans une histoire imaginaire écrite à l’encre violette de la troisième République.

Nous savons que la réalité de notre pays, c’est un peuple vivant, qui bouge, qui change et qui échange. Notre vision de la France, c’est son unité sans cesse en construction autour de valeurs communes qui émancipent et qui rassemblent.

Notre vision de la France, c’est une société cosmopolite qui ne ferme pas les yeux sur les conditions qui permettent de vivre ensemble, mais qui réfute le concept de « guerre de civilisation » qu’ont en partage Daech, les faucons qui entouraient Georges Bush et l’extrême-droite.

Il faut défendre sans complexe cette vision et ne céder en rien, jamais, le moindre centimètre à celles et ceux qui veulent faire reculer ou nier ces « grandes valeurs » que notre histoire a mis des siècles à ciseler, pour définir cette communauté en partage que constitue notre territoire avec celles et ceux qui y vivent.

Dans les moment sombre que nous traversons, on voit surgir la tentation de l’autoritarisme manié à leurs façons par la droite, l’extrême-droite ou le gouvernement. Cette tentation de l’autoritarisme autorise des excès qui enveniment encore nos capacité à regarder avec lucidité la situation dans laquelle nous sommes et les moyens pour en sortir.

Cet autoritarisme, c’est celui qui a failli mettre en oeuvre la déchéance de nationalité, c’est celui qui justifie l’état d’urgence, c’est celui qui a pour effet que des représentants de l’État tuent un militant écologiste pacifique à Sivens, Rémi Fraisse.

C’est celui aussi qui impose le silence et le mensonge sur les circonstances qui ont mené à la mort d’Adama Traoré alors qu’il était censé être sous la protection des forces de l’ordre.

Cet autoritarisme, c’est ce qui autorise au final un pouvoir à être fort avec les faibles et faible avec les fort. Cet autoritarisme est incompatible avec l’idée de justice.

Et une société sans justice ne peut pas être une société en paix. Ainsi, le pouvoir aujourd’hui se trompe d’autorité.

Le contraire du chaos, ce n’est pas l’ordre. Le contraire du chaos, c’est l’harmonie.

Notre société, notre pays, l’Europe ont besoin d’un horizon qui porte un nouvel espoir. Cet espoir, cet horizon, c’est l’écologie et les valeurs qu’elle inspire: humilité, diversité, solidarité, dignité, fraternité, égalité. Je ne doute pas de notre capacité à défendre et promouvoir ces valeurs, niées et méprisées de toute part.

Ainsi, je suis fier de celles et de celui qui porteront nos couleurs en 2017, quelques soient le résultat de notre primaire.

Oui nous avons besoin d’une « écologie populaire, car nous sommes majoritaires » avec Karima.

Ainsi, nous pouvons affirmer que« demain nous appartient » avec Cécile

Réjouissons-nous, donc crions « Vivement demain ! » avec Yannick.

Nous remettrons ainsi « l’impératif écologique au coeur de l’agenda politique » et porterons « une dynamique écolo-citoyenne ». avec Michèle.

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