Politique de gauche

46e Fête de la Rose - Pour Denis Lamard, "nous devons réapprendre le collectif, faire preuve d’humilité, oublier les querelles..."

A quelques jours du grand rendez-vous qui marque la rentrée politique, le conseiller régional de Bourgogne-Franche Comté Denis Lamard, cheville ouvrière de la Fête de la Rose répond aux questions d'info-chalon.com.

Déjà la 46e édition mais la gauche donne l’impression de ne jamais avoir été aussi loin du pouvoir ? 

Il y a pourtant un fort besoin de gauche dans ce pays tellement le pouvoir de Macron fait des ravages ! Hausse du coût de la vie, recul des droits des salariés, acquis sociaux attaqués, pressions sur les retraités modestes, renoncements sur l'écologie, services publics en berne, libertés fondamentales fragilisées, etc etc.... Ceux qui n'ont que leur force de travail pour vivre trinquent au nom des promesses fiscales faites aux plus aisés. Face à cela la gauche doit réagir et se refonder. Elle doit proposer de nouvelles alternatives et retrouver la confiance du peuple. La 46 ème fête de la Rose va s'inscrire dans cette dynamique dans une forme renouvelée sur le fonds et la forme. Plus modeste, mais plus en prise avec les attentes de nos concitoyens.

 Comment faire pour rapprocher le citoyen de la politique alors qu’il semble s’en éloigner toujours plus ? 

C’est bien notre difficulté. La défiance est réelle. La politique et les citoyens c’est comme dans un couple, quand la confiance est rompue c’est dur de remonter la pente. La gauche au pouvoir a échoué ces dernières années. Pire que cela elle n’a pas fait ce qu’elle avait pourtant promis et les marqueurs en direction des plus fragiles ont manqué. Le traditionnel rassemblement de Frangy-en-Bresse peut être un lieu de réflexion et de proposition. Un retour aux sources. D’où notre proposition de forum pour discuter ensemble ; chercher et proposer collectivement des solutions.

 Créer une coopérative des gauches, un voeu pieux ?  

Non une nécessité. Les socialistes nous avons trop souvent été donneurs de leçons, des causeux. Nous devons réapprendre le collectif, faire preuve d’humilité, oublier les querelles car tant qu’elle est morcelée la gauche ne se relèvera pas.

J’ai été très agréablement surpris de la facilité avec laquelle ceux que nous avons sollicité pour entrer dans une dynamique coopérative nous ont dit oui. Valérie Rabault, Emmanuel Maurel, Cécile Untermaier, Jérôme Durain représentent des tendances diverses au PS et seront tous là, Régis Juanico et Bastien Faudot sont extérieurs au parti et ils ont tout de suite accepté notre invitation. Même Jean-Luc Mélenchon a distance a salué l’intention amicale que nous avons. Les socialistes doivent redevenir fréquentables pour toute la gauche, si Frangy sert à ça alors la mission est accomplie.

 Comment qualifier la première année de gestion d’Emmanuel Macron ? 

Je dirais que le leurre n’aura pas fait long feu. Il nous avait dit qu’il serait de droite et de gauche, nous avons la confirmation qu’il est de droite et uniquement de droite. Je vois ceux de mes amis qui avaient pu être séduits par son chant de sirènes regretter leur soutien prématuré. Macron déroule une idéologie libérale à son paroxysme où l’individualisme prime. Avec Macron c’est en marche ou crève ! Les désastres sociaux pointent leur nez et la réforme de la sncf était le premier bastion à abattre. Tout le reste va suivre, il va démonter la fonction publique, la sécurité sociale, le système des retraites, de la formation professionnelle, la protection salariale… Il est décomplexé et il faut que ça s’arrête ! Surtout que ça ne produit aucun effet et que la courbe de la croissance n’est toujours pas inversée !

Face à une population de plus en plus fragmentée sur les questions sociales et sociétales, les élections européennes s’annoncent toujours plus lointaines, comment sensibiliser les électeurs sur ces enjeux majeurs de société ? 

 Les élections européennes doivent être le moment de dire à Macron et à Merkel ça suffit ! Qu’il y en a assez de l’Europe de la finance au service des banques et jamais au service des peuples. Une autre voie est possible. Les socialistes Portugais se sont assis sur les règles trop contraignantes de Bruxelles et ça a marché, ils font reculer le chômage. Nous devons s’inspirer de nouveaux modèles. Et nous organiser davantage face aux poids lourds des USA ou d’Asie. Je vois 3 enjeux principaux sur lesquels la gauche doit rebondir : un axe économique avec la fin de l’austérité pour nos populations, un axe écologique avec la nécessaire protection du climat et un axe sociétal pour humaniser la crise migratoire qui nous rend indigne de ce que nous sommes nous les européens.

Pour relever ces défis la gauche a l’impérieuse exigence de s’unir ! La Fête de la Rose et sa coopérative des gauches peut être une étape. Rendez-vous tous dimanche à Frangy-en-Bresse pour se relever les manches !

Propos recuellis par Laurent Guillaumé - Info-chalon.com

Photo DR

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