Opinion de droite

A Mâcon... Christine Robin répond à Nathalie Leblanc à Chalon sur Saône

A Mâcon... Christine Robin répond à Nathalie Leblanc à Chalon sur Saône

Lettre ouverte à Nathalie Leblanc, vice-présidente du Conseil général de Saône- et-Loire, chargée de l’emploi et de l’insertion

Madame,

J’ai lu avec attention votre communiqué de presse en réponse aux propos de Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, présent à Mâcon jeudi dernier, propos qui insistaient sur les pratiques d’assistanat bien plus que d’actions correctives des exécutifs socialistes en matière d’insertion et de retour à l’emploi.

Le dispositif RSA- Revenu de solidarité active- a été instauré par le gouvernement Fillion en 2007, mis en œuvre par Martin Hirsch en 2008 et confié pour application aux départements en 2009. Vous ne pouvez ignorer que le nombre de bénéficiaire du RSA en Saône-et-Loire est aujourd’hui le plus élevé de Bourgogne. Ce qui nous interroge forcément sur deux hypothèses:

- Soit la politique d’attribution du RSA est peu encadrée et peu maîtrisée, ce que pourrait accréditer les récentes déclarations du président Chaintron sur des fraudes éventuelles à corriger. Mais n’est ce pas un peu tard à un mois des élections et 6 ans après sa mise en œuvre de s’en rendre compte ? Quelles ont été vos actions en la matière depuis votre nomination ? Votre prise de conscience apparait bien tardive et pour le moins teintée d’électoralisme.

- Soit les politiques menées sont peu efficaces et ne permettent pas, comme en Côte d’Or par exemple, un réel retour à l’emploi des bénéficiaires. À ce propos, je m’interroge sur les conséquences des choix réitérés du Conseil général 71 de ne pas coordonner l’ensemble des dispositifs disponibles ?

  •   Pourquoi le CG a-t-il refusé les crédits APRE (Aide personnalisée de retour à l’emploi) allouée par le gouvernement Fillion ? Cette enveloppe de plus de 600 000 euros gérée à votre place par le PLIE CMT, a permis depuis 4 ans de libérer en moins de 48 heures les sommes nécessaires à certains demandeurs d’emploi pour reprendre un emploi (réparation d’un moyen de locomotion, garde urgente des enfants, achat de vêtements adaptés à l’emploi, etc..)

  •   Pourquoi le CG a-t-il refusé dernièrement encore de gérer le FSE (Fonds social européen) en qualité d’organisme intermédiaire, budget alloué par l’Europe pour accompagner les politiques de l’emploi et de l’insertion sur nos départements ?

  •   Pourquoi le CG, à l’instar d’autres collectivités territoriales, n’a-t-il pas mis en œuvre les clauses d’insertion sur l’ensemble de ses commandes publiques ? Ces clauses d’insertion permettent d’inciter les entreprises à embaucher des demandeurs d’emploi inscrits dans des parcours d’insertion ; la Ville de Mâcon les pratique depuis de nombreuses années avec succès.

    C’est la coordination et la conjugaison de tous les dispositifs disponibles localement, en lien avec les entreprises, au-delà de tout clivage politicien, qui apportent des solutions au douloureux problème de l’insertion et du retour à l’emploi que connait notre pays et sur lequel le gouvernement actuel ne tient pas les promesses faites.

C’est ainsi que nous travaillons sur le territoire du Pays Sud Bourgogne avec le PLIE, la CAMVAL, les Villes de Mâcon, Cluny et Tournus où un bénéficiaire sur deux retrouve un emploi.

C’est ainsi que procède le département de Côte d’Or du président François Sauvadet, avec de meilleurs résultats que la Saône-et-Loire.

C’est ainsi qu’agit la Ville de Drancy du député maire Jean-Christophe Lagarde, qui a crée « Drancy Insertion », pour pallier la faiblesse de l’action et l’absence de résultat du département de Seine- Saint-Denis. Un récent reportage télévisé sur le sujet a d’ailleurs mis en lumière l’originalité du dispositif et l’efficacité des solutions proposées.

Le département de Saône-et-Loire, sa vice-présidente en charge de l’emploi et de l’insertion, ont-ils pris toutes leurs responsabilités, se sont-ils réellement impliqués sur ces dossiers au bénéfice des demandeurs d’emploi ?

En Saône-et-Loire, l’augmentation significative du chômage depuis 3 ans, le nombre croissant de bénéficiaires du RSA et le refus du Conseil général de s’impliquer dans la gestion des dispositifs existants, nous permettent légitimement de nous interroger, chère Madame, sur l’efficacité de votre action et sur celle de l’exécutif auquel vous appartenez.

Si ces propos vous ont blessée, je le regrette, mais pour le mépris, si mépris il y a, c’est surtout celui des élus à l’endroit de leurs électeurs qu’il faut relever, élus qui refusent de se remettre en cause devant l’échec patent de leurs actions.

Croyez, chère Madame à l’expression de ma considération la meilleure

Christine ROBIN
Présidente du PLIE Cluny-Mâcon-Tournus Présidente du Pays Sud Bourgogne 

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