Bourgogne

Marco Tullio Giordana : « c’est toujours par les femmes que passe le changement »

Marco Tullio Giordana : « c’est toujours par les femmes que passe le changement »

Pour ouvrir le Festival du film policier de Beaune, les organisateurs ont choisi de projeter "Lea", du réalisateur italien Marco Tullio Giordana. Le sentiment d’Info-Chalon sur ce choix judicieux.

Pour les cinéphiles, Marco Tullio Giordana, à qui l’on doit le remarquable Pasolini, mort d’un poète (1995), est loin d’être un inconnu. Il n’est donc pas étonnant que les organisateurs du Festival du film policier de Beaune aient choisi de projeter, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de celui-ci, l’un de ses films : le poignant Lea.

Lea, c’est la mise en image d’une histoire vraie : celle de Lea Garofalo, la compagne d’un criminel de la mafia calabraise et qui, ne cautionnant pas les activités de ce dernier, décide de la quitter, en emmenant avec elle la fille qu’ils ont eue ensemble. Une décision qui, traduite en mafieux, n’est rien moins qu’une « atteinte à l’honneur », et donc passible de vendetta.

Cette vendetta, si elle mettra un certain temps à « punir » Lea, qui aura tout essayé pour échapper à l’exécution de la « sentence » (dénonciation auprès de la police italienne pour bénéficier d’un dispositif de protection des témoins manifestement pas très protecteur…), finira par la frapper, l’emporter. Ainsi, elle qui voulait être libre, ne pas se marier, s’arracher à la condition de nombreuses femmes en Italie, ne trouvera au bout du compte qu’une mort, qui plus est sordide.

De prime abord, Lea est donc un film noir. Très noir, même. En effet, dans la mesure où le prix à payer pour avoir voulu s’émanciper est la mort, l’impression initiale, une fois le film vu, n’est pas très réjouissante… Ce que n’ont pas manqué de formulé nombre de spectateurs à l’issue de la projection.

Pourtant, Lea n’est pas que cela : la chronique d’une certaine forme de fatalité. Ce que voulait le réalisateur, qui l’a très clairement expliqué en introduisant son film, c’était « montrer que ce qui peut résoudre le problème de la communauté, qui est très fort en Italie et constitue une culture aux racines profondes, ce sont les femmes ». Car, a-t-il précisé, « c’est toujours par elles que passe le changement ».

De fait, Lea est bien plus qu’un film très noir. C’est aussi un message d’espoir. Un message dont Info-Chalon vous laisse découvrir comment ce dernier, dans le film, est formulé.

 S.P.A.B.