"Les infirmiers sont à bout" prévient l'Ordre National des Infirmiers

L’Ordre National des Infirmiers a pris la température auprès de ses professionnels en pleine dégradation des indicateurs de la crise du Covid 19. Les 60 000 soignants qui ont répondu dressent un panorama alarmant de la situation aussi bien dans les établissements que dans l’exercice libéral.

Durant le confinement et devant les difficultés rencontrées par les infirmiers, mais aussi à l’épilogue de la première vague, l’Ordre Régional des Infirmiers de Bourgogne Franche Comté avait souligné les difficultés qui sortiraient de cette crise d’ampleur. Force est de constater qu’après le Ségur de la Santé, et malgré les quelques évolutions positives, ce second épisode pourrait avoir raison de nombreux infirmiers. Si 32% des soignants s’estimaient déjà « à bout » avant le début du Covid, aujourd’hui face à ce marathon sanitaire, 57% de la profession se considèrent en situation d’épuisement professionnel.

Les symptômes sont toujours identiques. Effectifs réduits, pas assez de temps nécessaire pour apporter un soin de qualité au patient, conditions de travails encore en déclin par rapport au début de la crise, exercice en dehors du champ de compétence réglementaire... Une récurrence incessante des mêmes constats pour une conclusion pour le moins cinglante : 43% des infirmiers interrogés « ne savent pas s’ils seront toujours infirmiers dans 5 ans ». Cette crise sanitaire ne fait que rappeler les mêmes maux évoqués depuis de longs mois maintenant. La seule vocation infirmière ne saurait être un palliatif suffisant à ces chiffres alarmants. Il faut valoriser la profession dans l’ensemble de ses paramètres : attractivité, conditions d’exercices, prérogatives, contribution de l’infirmier à l’offre de soins, rémunération...etc. Autant de propositions évoquées pour le Ségur qui ne sauraient attendre l’urgence de la prise en considération des professionnels soignants. La moitié se questionnait à l’issue de cet évènement de son impact réel. Quelques mois après, la réponse est sans équivoque.

L’infirmier a besoin de se sentir soutenu, reconnu et valorisé au travers de mesures concrètes pour continuer, sans ménagement, leur accompagnement auprès des patients. A chaque occasion, l’Ordre rappellera sans détour la réalité du quotidien et le désespoir de ses infirmiers de se faire, enfin, entendre comme une profession majeure du système de santé.

Hervé GENELOT-CHELEBOURG

Président du Conseil de l’Ordre Régional des Infirmiers de Bourgogne Franche Comté

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