Les AED de Chalon-sur-Saône s'organisent en collectif

Déjà en situation de précarité, les assistants d'éducation (AED) de Chalon-sur-Saône ont vu leurs conditions de travail s'aggraver avec la crise sanitaire. Afin de faire entendre leur mécontentement et face au sentiment de ces personnels d'être laissés pour compte, un collectif a été créé, dans le cadre d'un mouvement qui ne faiblit pas depuis le début de l'année scolaire. Plus de détails avec Info Chalon.

En première ligne depuis le début de la pandémie pour l'application du protocole sanitaire, les assistants d'éducation (AED) sont au bord de l’implosion.


Ainsi, celles et ceux qu'on appelle parfois "surveillants" ou encore "pions" en ont gros.


Pour ce faire, à Chalon-sur-Saône, suite à l'appel d'un mouvement national, espérant que leur profession soit enfin reconnue et ne voulant plus être «les couteaux suisses des établissements scolaires», une poignée d'entre eux se sont constitués en collectif, début décembre, pour protester contre leurs conditions de travail et en revendiquer une amélioration.


Une première historique depuis la création du statut d'assistant d'éducation en 2003.


Ils ont consulté les élus locaux, comme Jérôme Durain, sénateur de Saône-et-Loire, Cécile Untermaier ou Raphaël Gauvain, respectivement députés des 4ème et 5ème circonscriptions de Saône-et-Loire. Le collectif attend des appuis et une plus grande sensibilisation auprès des parents.


Cécile Untermaier a d'ailleurs fait une lettre ouverte à l'Assemblée Générale afin de défendre les revendications des AED.


«On n'est pas que des pions! Infirmiers, éducateurs, psychologue, vigiles, animateurs, médiateurs, secrétaires... et le tout sans formation ni CDI!», dit Nadège Boivin, une AED et assistante pédagogique de la cité scolaire Niépce-Balleure qui parle au nom du collectif, dénonçant une précarité de l'emploi, avec un temps partiel souvent imposé, «payé au salaire minimum!».


«Et tout nous incombe!», précise-t-elle, parlant d'une épée de Damoclès sur la tête des AED qui risquent leurs places en cas de refus d'effectuer certaines tâches.


«Depuis le début de la crise, nous avons été énormément sollicités. Nous effectuons en moyenne 40 heures par semaine, mais notre rémunération reste faible. Nous attendons également un peu plus de reconnaissance pour notre travail», poursuit cette dernière.


Un ras-le-bol accentué par la pandémie de COVID-19 qui rajoute des tâches supplémentaires aux AED.


Avec une moyenne de 1 554 euros bruts mensuels et des horaires de plus de 41 heures, le métier d'AED reste assez précaire.


Certes, ils ont droit aux vacances scolaires mais ils font 2 semaines administratives, une en juillet et une en août.


Cependant, il n'est pas possible d'aller au-delà de 6 CDD consécutifs, alors que la profession est en train de changer depuis des années tout comme le profil des assistants d'éducation.


En effet, il y a plus de 20 ans, c'était plutôt des jeunes qui effectuaient leurs études, de nos jours, les AED sont plus âgés et ont plus de travail, ils sont beaucoup plus complets qu'autrefois, d'où la demande de revalorisation de leurs situations.


Nadège parle d'une moyenne d'âge de 30 à 35 ans.


«Si on est étudiant, on passe à 37 heures payées 41 heures», précise l'assistante pédagogique.


Ils réclament donc la création d'un vrai statut pérenne passant par la reconnaissance d'un «métier d'éducateur scolaire».


«Au bout de 6 ans, on est jetés à la poubelle! Pas d'avenir dans la profession!», s'exclame Nadège.


Autres revendications : plus d'embauches et la création d'un diplôme professionnalisant.


«On attend les mots d'ordre. Il y a d'ailleurs une AG ce soir (Ndlr : vendredi 9 avril). Heureusement, on est pas mal soutenus par les syndicats», précise-t-elle.


Pour l'heure, le collectif Chalonnais compte environ 150 assistants d'éducation.


Pour plus d'informations :
Pages Facebook : Collectif AED 71
                              AED Assistant d'Education en Détresse

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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