Chalon sur Saône

Rencontre entre Raphaël Gauvain et «Occupons Chalon» à l'Espace des Arts

Rencontre entre Raphaël Gauvain et «Occupons Chalon» à l'Espace des Arts

Ce vendredi, le député LREM de la 5ème circonscription de Saône-et-Loire a fait une visite surprise aux membres du collectif en pleine agora. Plus de détails avec Info Chalon.

Initialement, l'Agora du collectif «Occupons Chalon» de ce vendredi 30 avril était consacré aux engagements d'aujourd'hui pour demain.


Mais ça, c'était avant qu'un invité bien particulier ne s'invite à la discussion...


En effet, le député de la 5ème circonscription de Saône-et-Loire, Raphaël Gauvain, s'est invité au débat, bousculant quelque peu l'agenda des membres de «Occupons Chalon», ce collectif opposé notamment à la réforme de l'Assurance chômage et qui regroupe principalement des professionnels du monde de la culture.


C'est devant un parterre d'une quinzaine de membres du collectif qui occupe l'Espace des Arts depuis 6 semaines que le député a décidé de débattre, répondant ainsi à une lettre d'invitation envoyée à l'ensemble des élus locaux.


Tour à tour, les différents intervenants se sont présentés, évoquant les raisons de leur engagement, y compris le député.


«Vous voulez savoir pourquoi je me suis inscrit dans cette démarche et pourquoi je me suis engagé? J'ai été avocat pendant une quinzaine d'années. J'ai arrêté mon métier et je me suis engagé (dans le projet de La République en Marche). Je crois véritablement aux vertus de cette modération. J'ai trouvé au sein de la société des compromis contre les injustices. Je crois que si on veut arriver... et on partage tous ces mêmes objectifs... On peut reprocher les discours de Gérald Darmaninou d'autres choses. Il y a toujours des reproches qui peuvent être faits. Je ne suis pas totalement aveugle : tout n'est pas totalement blanc et tout n'est pas complètement noir! On peut toujours trouver des compromis. Quand on veut combattre quelqu'un, c'est ce que je reproche en France, on regarde souvent les trains qui arrivent en retard. Ce sont souvent des techniques de militant mais on essaye d'axer sur... et donner une ampleur démesurée à des choses qui, je ne dirait pas qu'elles n'ont pas vraiment d'importance, en tout cas, pas autant. On oublie sans doute l'essentiel», déclare ce dernier.


«Je reviens à votre thème, c'est-à-dire qu'est-ce que c'est l'engagement. Je vous le dis, moi je ne suis pas un révolutionnaire. Je pense que si on veut améliorer notre société, la réparer... et contrairemment à ce que vous dites, je suis un député sur le terrain. Je suis allé voir lorsqu'il y avait des manifestations des Giles Jaunes, je suis allé les rencontrer. Tout à l'heure, je vais dans une association (Ndlr : la Confédération Syndicale des Familles), je suis allé voir les agriculteurs. Je suis au contact de la population et je vois bien et, même à partir de 2017, j'étais dans un cabinet d'avocats, je réfléchissais, je voyais ça d'un peu loin mais depuis 2017, toutes ces rencontres ont été très enrichissantes. J'essaie de faire remonter ça auprès du gouvernement et de la haute administration. Je vois bien les fractures profondes qui a dans la société. Je vous le dis, moi, mon engagement, si on veut réparer ces fractures, si on veut aboutir, atteindre ces objectifs de réduire les problématiques sociales, combattre les injustices sociales... si on veut aboutir à ça, je ne pense pas que ça soit par la révolution. Voilà mon engagement, ce en quoi je crois profondément», explique-t-il.


Pour le député, la société française est «très fracturée». Il préconise la voie de l'équilibre et de la modération.


Seule voie par laquelle «on arrivera à réparer le pays et faire avancer les choses».


Raphaël Gauvain est également revenu sur la problématique de la représentativité.


Même si il ne connaît pas l'entièreté du contenu de la réforme de l'Assurance chômage, comme il l'avouera lui-même, le député s'est laissé aller à quelques mots.


«Le système d'indemnisation actuel a un effet pervers. C'est-à-dire qu'il n'est pas assez incitatif pour remettre un certain nombre de personnes sur le marché de l'emploi», affirmera le député.


Des propos suscitant la bronca chez ses interlocuteurs.


Malgré de nombreux désaccords, notons que c'est une première amorce de dialogue entre un représentant de la majorité présidentielle et les membres du collectif «Occupons Chalon» qui ont tenu à lui lire le manifeste.


Le député reste quant à lui ouvert à un autre débat.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati