Elan Chalon

La lourde succession de Dominique Juillot

Alors qu’il va prendre en 2021-2022 sa soixante et unième licence aux couleurs de l’Elan, Dominique Juillot s’apprête à passer la main à la tête du club qui lui est cher. Une succession particulièrement lourde qui n’est pas sans danger.

Les exemples sont nombreux, quels que soient les sports. On pense à Jean-Claude Hamel ou Louis Fonteneau dans le foot, Xavier Popelier ou Pierre Seillant dans le basket. Les successions sont au minimum périlleuses, au pire catastrophiques. Au point que certains clubs ne s’en sont jamais vraiment relevés. On ne souhaite pas pareille mésaventure à l’Elan Chalon mais il est bien difficile aujourd’hui de voir qui peut remplacer cet immense dirigeant – sa modestie dût-elle en pâtir – qu’aura été Dominique Juillot. Tant il aura incarné son club, sur et en dehors du terrain.

Avec la stature prise par le club double champion de France de Pro A, les risques sont grands que certains s’en servent ici comme d’un tremplin pour quelque ambition politique là pour réaliser de juteuses plus-values financières. Remember, toujours en foot, les échecs cuisants à Grenoble, à Strasbourg, au Mans, à Bordeaux… Le choix est d’autant plus difficile qu’aucun homme providentiel (ou femme) ne s’impose réellement. Ce qui explique sans doute pourquoi, malgré une lassitude évidente, Dominique Juillot, qui a songé depuis maintenant plusieurs années à passer la main, n’avait pas jusqu’à présent franchi le Rubicon.

Supporters je vous aime

Mais comme il l’a volontiers avoué hier lors de la soirée organisée par Elan Passion, « il n’y a pas de bon moment pour arrêter ». L’idéal aurait sans doute été au lendemain du dernier titre de Pro A. Mais, sans rentrer dans les détails, le contexte n’était visiblement pas favorable à un tel départ.

Quant à la saison écoulée, Dominique Juillot ne cache pas ses responsabilités. Alors que, douze mois plus tôt, il confiait à info-chalon ses ambitions de retrouver les sommets du basket hexagonal, de rejouer les play-offs et même de retourner en Coupe d’Europe, l’échec est d’autant plus violent et difficile à encaisser. « Nous avons commis des erreurs importantes depuis le titre. Nous avons perdu certains fondamentaux, sans doute manqué d’humilité ». Des choix lourds de conséquences en terme de joueurs et, surtout, de coaching. Des hommes qui n’ont pas répondu aux attentes et aux espoirs placés en eux. « Il y a de vraies questions à se poser suite à la descente en Pro B. Mais le club est plus fort que cet accident de parcours » Et d’inviter les supporters à garder confiance en l’institution Elan. « Je m’en vais avec le sentiment du devoir accompli »

En guise de conclusion, Dominique Juillot de s’adresser aux membre d’Elan Passion en particulier et aux supporters du club en général : « Je vous ai vraiment aimé du fond du cœur ».

Régis Gaillard