Bresse Chalonnaise

Un routier menacé de licenciement en raison de ses activités syndicales ?

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 24 Janvier 2022 à 19h05

Un routier menacé de licenciement en raison de ses activités syndicales ?

Depuis que la direction de Laville Transports a eu vent de ses activités syndicales, les ennuis ont commencé pour David Derouillac, aujourd'hui menacé de licenciement pour fautes graves. Une excuse comme une autre, pour ce chauffeur 150M, "pour se débarrasser de lui". Plus de détails avec Info Chalon.

Rien ne va plus pour David Derouillac, 50 ans, chauffeur 150M*, salarié en CDI chez Laville Transports (Groupe Kimmel), entreprise basée à Bey.

Le 21 décembre, il informe ses employeurs qu'il est conseiller du salarié à la CGT. 

Le 28 décembre, il est pris en entretien durant lequel il lui est reproché quelques faits et un «certain laisser-aller dans son travail».

«C'est vrai qu'on est pas tous les jours à 100% dans notre travail mais là...», concède ce dernier.

Pour David, la concomitance des faits ne laisse place à aucun doute : «derrière ces accusation fallacieuses, ce sont mes activités syndicales qui sont à l'origine de mes ennuis».

Au sortir de cet entretien, en plus des reproches qu'on lui fait, il est privé de son transport, il doit rentré à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) par ses propres moyens.

Le coup est rude pour celui qui a une expérience de 20 ans dans le transport.

«C'est une punition avec pour objectif de me pousser à la démission», réagit David.

En contact avec Lionel Gosselin de l'Union Locale de la CGT depuis plus de 6 mois en vue de créer un syndicat d'entreprise transport, David ne compte pas se laisser faire.

Il a d'ailleurs constitué un dossier dans lequel il porte à la connaissance de tous les malfaçons constatées dans l'entreprise comme la  vétusté de la douche, le fait que la pompe à gasoil et à AdBlue jouxte la station de lavage «où on peut constater que les trop pleins de produits polluants s'évacuent dans le sol et le regard des eaux usées de la station de lavage», précisant «ce qui n'est pas conforme à la norme de transition écologique en vigueur», une salle chauffeurs avec des meubles provenant de la déchetterie, «un semblant de salle chauffeurs fait de bric et de broc», ou encore une caméra installée dans le bureau, qui, selon le syndicaliste, n'a d'autre but que «d'espionner les salariés».

Risquant donc d'être licencié pour fautes graves, David passe en conseil de discipline lundi 31 janvier à 14 heures au siège de l'entreprise. Il sera assisté d'un conseiller du salarié dont l'identité n'a pas encore été révélée.

«Nous à la CGT, on envisage un rassemblement lundi prochain à l'entrée de l'entreprise», déclare de son côté, Lionel Gosselin.

Au sortir de ce conseil de discipline, l'employeur se doit de transmettre tous les éléments en sa possession à l'Inspection du Travail qui statuera sur ses circonstances.

En attendant, le routier n'aura plus de salaire à partir du vendredi 28 janvier et ce jusqu'au 15 février minimum.

«J'ai des enfants qui font des études et je vais devant de graves difficultés pour pouvoir subvenir aux besoins du quotidien mais je ne lâche rien», déclare David prêt pour son bras de fer avec la direction.

* Conducteur hautement qualifié de véhicule poids lourd.

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati