Chalon sur Saône
« L’école du dehors » à l’honneur d’un Mardi Alternatif de l’association ACTE
Publié le 11 Mai 2023 à 19h04
Pour son « Mardi alternatif » du mois de mai, ACTE a reçu le Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement (CPIE) Pays de Bourgogne. Retour sur une soirée ponctuée de riches débats.
Organisés mensuellement depuis plusieurs années déjà, les Mardis alternatifs d’ACTE (Association Chalonnaise pour la Transition écologique) sont maintenant une institution chalonnaise, dont l’audience s’élargit. En effet, d’abord prisés des membres d’associations environnementales et / ou naturalistes, ils drainent désormais un public pluriel, composé de simples citoyens, de curieux, de parents soucieux d’offrir à leurs enfants un cadre de vie dans lequel ils pourront s’épanouir, les préparant à faire face aux grands enjeux de notre siècle.
Il faut dire qu’ACTE est éclectique dans le choix des sujets abordés. Traitement des déchets, écojardins, gestion de l’eau, habitat économe et confortable, obsolescence programmée, forêts, éco-anxiété, fresque du climat »… Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les sensibilités ! Mardi soir, c’était « l’école du dehors » qui était sous le feu des projecteurs.
Une école soutenue par la Région Bourgogne-Franche-Comté
ACTE avait invité Delphine Putot, chargée de mission du Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement (CPIE) Pays de Bourgogne, à présenter ce projet régional expérimenté au sortir de la phase la plus dure de la pandémie de Covid-19, inspiré d’un projet pédagogique venu de ces pays nordiques systématiquement mieux classés que la France dans le rapport annuel de l’OCDE, « Regards sur l’éducation ».
« En partie financé par la région Bourgogne-Franche-Comté », « l’école du dehors » est une « façon d’éduquer à l’environnement », qui est « notre cœur de métier », a d’abord expliqué Delphine Putot, avant de préciser à nombre d’enseignants présents dans la salle que « le mouvement est en train de prendre », fait face « à beaucoup de demandes », tandis que se créent et développent des réseaux locaux, dont celui de Saône-et-Loire.
Elle a ensuite détaillé ce que le concept recouvre concrètement en répondant à trois questions (Qu’est-ce qu’enseigner dehors ? Que fait-on ? Pourquoi le fait-on ?). L’occasion pour elle de démontrer que tout au long de la démarche, l’enfant, à qui on laisse faire des découvertes, est au centre d’une pédagogie active. Sous réserve, bien sûr, que les sorties soient régulières (une fois par semaine ou par mois), toute l’année (pour se servir du cycle de saisons), par tous les temps (les sensations variant selon qu’il fait beau ou qu’il pleuve) et, bien sûr, qu’elles se passent dans une nature entendue largement (parcs en villes, rues, etc.).
Une école pour les enfants, mais aussi leurs parents
Delphine Putot a aussi souligné que les enfants ne sont pas les seuls à profiter de ce type d’école, auxquels il faut associer des enseignants mais aussi des parents. En effet, a-t-elle insisté, les adultes sont aussi les grands bénéficiaires de ces sorties.
Dans tous les cas, les bienfaits, à l’époque du « syndrome de manque de nature », sont évidents et multiples, à la fois physiques et psychiques. Ce que l’on peut observer, en effet, c’est que le rien que le fait de se déplacer a des incidences, sur les conflits notamment ou sur l’amélioration de la coopération. Ce qui est frappant, aussi, c’est ce que le rapport au temps, en un sens plus proustien, produit de particulièrement positif. Une remarque qui a fait dire à l’un des enseignants présents dans la salle qu’elle avait un caractère potentiellement « révolutionnaire ». Car le rapport au vivant que permet cette école enracine les gens dans une terre qu’ils auront à cœur de défendre contre ce qui la menacera, un clin d’œil aux projets discutables et discutés – quand ils ne sont pas contestés – qui font la Une de l’actualité ces derniers temps.
Durant le débat, Delphine Putot a fait remarquer que, souvent, avec l’école du dehors, « ce sont les enfants qui finissent par sortir les parents ». Une façon d’ouvrir la réflexion et d’attirer l’attention sur notre sédentarité. Gaëlle Montmaron-Decerle, enseignant au sein d’une école alternative hors contrat situéée à Varennes-le-Grand (L’Autre école – Les Escargeeks), a quant à elle témoigné du caractère apaisant du « dehors » sur des activités d’apprentissage traditionnellement faites « dedans », comme par exemple la lecture.
L.G

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