Opinion

"En 2021, 2022, 2023... l’impunité tue toujours et encore !" dénonce Femmes Solidaires

"En 2021, 2022, 2023... l’impunité tue toujours et encore !" dénonce Femmes Solidaires

Ce ne sont pas les féministes qui le disent, mais le Ministère de l’Intérieur qui vient de rendre public les chiffres du traitement des violences conjugales entre 2021 et 2022. Les violences conjugales ont augmenté de 15 % quand seulement un quart des victimes, seulement, ont porté plainte. En cause dans cette augmentation, la libération de la parole bien sûr, mais aussi le défaut de protection des victimes qui osent parler et le nombre de plaintes classées sans suite qui encourage la récidive. L’impunité est encore et toujours la principale réponse aux violences faites aux femmes et aux enfants.

Quant aux violences sexuelles, elles ont augmenté sur la même période de 11 % alors que le gouvernement tergiverse encore sur l’avenir de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants - Ciivise. Dans son rapport, rendu public il y a quelques jours, cette commission qui aura changé la vie d’au moins 30 000 victimes qui s’y sont confiées, il était rappelé la qualité des échanges et du travail de ses membres durant ses trois années avec 80 contributions d’experts, cinq publications et 82 préconisations. Grace à ce travail, chacun.e mesure la place qu’occupe la violence sexuelle faites aux mineur.es et leur impunité dans le continuum des violences dans notre société.

Au risque de nous répéter devant cette société où la violence et notamment les violences faites aux femmes sont de plus en plus palpables. Femmes solidaires appelle à une prise de conscience générale, collective, urgente qui mène à des actions concrètes. Nous demandons :

Le renforcement des services publics, médecine, police et justice... sur tout le territoire. Le service public est le mieux placé pour prendre en charge les victimes et faire reculer l’impunité. Protéger et punir reste le socle fondateur de la lutte contre les violences faites aux femmes.
La construction solide d’une culture de l’égalité dans toutes les sphères de nos vies et à tous les âges : crèches, écoles, entreprises, loisirs et sport.
La Protection renforcée des enfants, victimes directes ou collatérales des violences sexuelles et sexistes. La première préconisation de la CIIVISE doit devenir une priorité dans le monde de l’éducation : Demander à chaque enfant chaque année s’il a été victime de violences.

C’est à ce prix et à ce prix seulement que nous vivrons, un jour, un 25 novembre - Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes- où les violences sexuelles et sexistes et les féminicides seront en recul.