Election municipale

MUNICIPALES - Entretien avec l'eurodéputé EELV David Cormand

David Cormand était, ce lundi, à Chalon-sur-Saône afin de soutenir Mourad Laoues, le candidat de la liste citoyenne, écologiste et solidaire «Bien Vivre à Chalon». Invité au meeting de campagne du candidat aux municipales, à la Maison des Syndicats, l'eurodéputé Europe Écologie Les Verts a répondu à nos questions. Propos recueillis par Info Chalon.

«Bien Vivre à Chalon», la liste citoyenne, écologiste et solidaire conduite par Mourad Laoues tenait, lundi soir, à 20 heures, à la Salle des Congrès de la Maison des Syndicats, son meeting de campagne avec comme invité spécial, l'eurodéputé Europe Écologie Les Verts (EELV), David Cormand.


Ce dernier, venu soutenir la candidature de Mourad Laoues à la mairie de Chalon-sur-Saône et ancien secrétaire national d'EELV, a répondu aux questions d'Info Chalon.


Récemment, vous vous êtes rendu à Dijon, Beaune et Auxerre. Pourquoi avoir choisi une ville comme Chalon-sur-Saône?

Pourquoi Chalon? Moi, je suis très attaché à ce que l'écologie... souvent on entend ça que soit réservée aux grandes métropoloes, or, c'est faux. Le pari qu'on a fait, c'est la première fois qu'on a autant de listes écologistes et citoyennes, car je veux insister sur le fait que ça soit le fait de citoyens pas forcément membres d'un parti écologistes... de toutes les soutenir.


Alors, justement, combien y a-t-il de listes écologistes?


Oulala! Plus qu'on en a jamais eu! Parce que je sais que sur les villes de plus 100 000 habitants, il y a 45, je crois, en France, il y a 38 listes écologistes, ce qui est beaucoup. Ensuite sur les communes de plus 30 000, je ne sais plus combien il y en a, les écologistes sont présents entre 25% et un tiers voire même la moitié, ce qui est remarquable. D'ailleurs, on le voit ici en Bourgogne, j'ai été, oui, comme vous le dites, à Auxerre ou à Beaune, je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup d'initiatives écologistes. Chez les écolos, depuis longtemps, on a un slogan, c'est de dire que faut penser globalement pour agir localement mais le sentiment que j'ai, c'est que l'inverse aussi est vrai!


Dans toutes ces listes, est-ce que ce sont des programmes similaires ou y a-t-il des particularités locales ?


Oui, il y a des particularités locales mais il y a trois piliers, à chaque fois, qu'on reconnaît. C'est la reconstruction d'une démocratie locale solide avec plus de participations des citoyennes et des citoyens, comités de quartiers, comités citoyens pour partager le pouvoir avec les municipalités. En tout cas, c'est qu'on propose. Il y a un deuxième pilier, c'est l'écologie, évidemment, sur comment on fait pour limiter le changement climatique à notre échelle et s'y préparer. Parce que ça a déjà commencé! Comment on adapte nos villes au changement climatique, ça veut dire des villes plus végétales moins minérales, des alternatives de transports individuels. Tout ceci est possible. L'alimentation aussi! Une économie où on renforce les commerces de proximité au détriment des grandes surfaces, les circuits courts et il y a un pilier social. Comment on fait pour recréer du lien social dans les territoires où parfois ça s'est distendu. Ce sont des piliers qui sont en commun partout.


Que pensez-vous de la minéralisation des villes comme Chalon-sur-Saône?


Je ne suis pas un spécialiste de villes comme Chalon mais c'est une situation qu'on voit dans beaucoup de villes. En fait, il y a une tentation de différentes municipalités de minéraliser les espaces publics car ces maires considèrent que c'est moins cher. Moins il y a d'arbres, moins il y a de feuilles à ramasser et d'entretiens à faire, moins il y a à nettoyer le seul parce qu'en général, s'il y a des arbres, il y a des oiseaux et s'il y a des oiseaux bah... ils font caca et il faut là aussi nettoyer. En plus, ici en Bourgogne, vous êtes sur un climat continental, c'est-à-dire avec des variations de températures assez élevée, l'été, qui vont continuer de grimper. La différence entre une ville végétalisée et une ville minérale, la différence de température l'été c'est de 5, 6 ou 7 degrés, en sachant qu'un climatiseur, largement utilisé durant ces périodes, libère de la chaleur à l'extérieur, c'est une catastrophe en terme énergétique.


Existe-t-il des solutions?


Oui, il y a des méthodes pour avoir des villes qui sont plus végétalisées. Elles gardent la fraîcheur. Par contre, ça nécessité d'organiser les municipalités différemment avec des services d'espaces verts qui sont formés et qui mèneront ce travail. Tout ça, c'est une façon d'adapter nos villes au changement climatique qui s'opèrent et qui va s'accentuer dans les années et les décennies qui viennent. Souvent dans les offres qui sont faites dans les programmes d'autres listes, il y a ceux qui disent : "il faut revenir au temps d'avant". Sauf que ça c'est pas possible. Il y a ceux qui disent : "il faut continuer comme ça" et il y a ceux qui disent, ce sont les écolos, "il faut changer notre façon de faire parce qu'on est arrivé au bout d'un modèle et il faut pas persister dans cette voieé. Et, ça encore une fois, ça peut se faire au niveau européen sur les macropolitiques qu'on mène, ça peut se faire au niveau national ou avec l'écologie du quotidien, l'écologie locale.


Ce qu'on observe, à l'occasion de ces élections municipales, c'est que chaque liste a aussi son volet écologique. Qu'en pensez-vous?


Je ne vais pas faire de procès d'intention. Moi, ça fait vingt ans que je milite pour l'écologie, je ne vais pas me plaindre que désormais des gens disent que l'écologie c'est importan. Il faut ccueillir ça comme une bonne nouvelle. Après, faut être lucide, ce qui définit l'écologie, ce n'est pas seulement d'en parler pendant les périodes électorales, c'est en faire entre les périodes électorale. C'est ce qui distingue les écologistes qui le sont depuis un moment de ceux qui se prétendre l'être. D'abord, c'est la cohérence. C'est compliqué de dire à la fois je suis écologiste mais de continuer, je sais pas si c'est le cas ici, à Chalon-sur-Saône, mais j'imagine, de signer des permis de construire pour faire des zones commerciales en périphérie. C'est compliqué de dire :"je suis écologiste" mais en même temps, ne pas avoir une cantine en régie directe qui travaille avec des agricultrices et agriculteurs de proximité en filière courte. C'est compliqué de dire on est écologistes mais en même temps de favoriser l'usage de la voiture au détriment du transport en commun. Bref, faut être cohérent!


Pouvons-nous parler d'un effet de mode?


La deuxième chose qui est importante, c'est qu'il faut être constant. Ce n'est pas une mode, l'écologie. Écologiste, il faut l'être dans la durée. C'est savoir se projeter dans le temps. Une autre chose qu'il faut, c'est le courage. Le courage quand on est un élu écologiste, c'est de résister aux lobbys. Au niveau du Parlement européen, nous sommes souvent confrontés à ces groupes d'intérêts privés. Les lobbys existent aussi au niveau local. Je parlais des délégataires de service public, que ce soit la gestion de l'eau, des cantines, des transports ou les personnes qui ont intérêt à transformer des terres agricoles ou naturelles en espaces constructibles pour faire de la plus-value. Être écologiste, c'est aussi avoir le courage de ne pas laisser rentrer ces lobbys locaux dans la mairie qui est la maison de l'intérêt collectif des citoyennes et des citoyens, les intérêts privés n'ont rien à y faire! Trois éléments donc, la cohérence, la constance et le courage, c'est ce qui distingue les écologistes dans leur approche des autres offres politiques.


Un mot sur cette jeunesse engagée pour l'environnement?


On voit ça avec beaucoup de bonheur et d'émotion, je dirais. Pour des vieux militants, un peu anciens comme nous, voir des mobilisations partout en France et ailleurs de la jeune génération qui, quelque part, se prend en main et organise ces marches pour le climat, c'est quelque chose d'extraordinaire. Après, le revers de la médaille, c'est que c'est lié à une urgence écologique majeure Je met en parallèle ce vent nouveau de la jeunesse pour l'écologie avec le mouvement des Gilets Jaunes. Ils témoigent d'une prise de conscience que notre modèle actuel de société dans lequel on est n'est pas viable. Nous, en tant que citoyens, nous sommes en train de perdre le contrôle sur ce dont dépend notre subsistance et ça, c'est la première étape qui permet de s'interroger sur qu'est-ce qui est vraiment intéressant et important pour nous ? Pour pouvoir continuer à habiter la Terre dans de bonnes conditions. Dénoncer, ce n'est pas suffisant. C'est le grand virage auquel on assiste.


Un dernier mot?


Nous, les écolos, revendiquons, avec humilité et détermination, d'être l'alternative à la fois au libéralisme, en France, c'est Emmanuel Macron, et à la tentation de l'extrême-droite incarnée par le Rassemblement national. Pour nous, l'avenir positif, désormais, c'est l'écologie!


Merci à d'avoir répondu à nos questions.

 

À suivre dans nos colonnes, notre retour sur le meeting de campagne de Mourad Laoues, à la Salle des Congrès de la Maison des Associations de Chalon-sur-Saône.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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