Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Dès l'âge de 13 ans, il était tombé dans l'héroïne et la cocaïne... et depuis

« Qu’est-ce qui peut se passer dans la vie d’un enfant, pour qu’à 13 ans, il s’adonne à l’héroïne et à la cocaïne, puis au cannabis ? » Maître Grebot interroge le tribunal. Le garçon a maintenant 26 ans, il est dans le box ce jeudi 4 juin, escorté par des gendarmes du PSIG. Sa mère et son beau-père se disent « dépassés » par ce fils de la taille d’un basketteur qui a retourné sa violence contre eux.

Le 1er juin à Buxy les gendarmes arrêtent le jeune homme qui venait de casser un meuble chez sa mère, puis qui a été violent contre son beau-père (7 jours d’ITT). Le 3 juin il est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître sur la commune de Buxy, mais on apprend alors que la veille, le 2 juin, il s’y trouvait. Il était allé au supermarché, « à deux km de chez sa mère, explique maître Grebot, il n’avait pas l’intention de se rendre chez elle ». N’empêche, le parquet estime qu’il a enfreint les obligations de son contrôle, et du coup, joint le premier dossier au second, et l’oriente en comparution immédiate. On lui reproche d’avoir le 2 juin, volé un téléphone, également.

 

« J’ai besoin de réponses à certaines questions » dit le jeune homme

 

Le tribunal estime qu’il faut que le jeune homme passe une expertise judiciaire, avant d’être jugé. « Pensez-vous avoir besoin d’un suivi psychiatrique ? demande la présidente Verger au prévenu. - Pour faire le point, oui. J’ai besoin de réponses à certaines questions, lui répond le jeune homme. »

De 13 à 21 ans, héroïne et cocaïne. Il ne prend plus que du cannabis, assez peu dit-il. De 2014 à 2015 il est hospitalisé au CHS de Sevrey. 7 condamnations à son casier. Lorsqu’il sort de détention le 20 février dernier, il va vivre chez sa mère, « son beau-père l’a élevé », lit la présidente. « Elevé… » interrompt le jeune homme avec un léger mouvement du bras, cela étant il dit « on ne se parlait pas énormément mais ça se passait bien ». Le beau-père, lui, décrit des tensions et il lui demande de partir. La veille des faits, le garçon passe la nuit sur un banc.

 

« Pas réceptif, ne se saisit de rien, passivité importante »

 

Au CHS de Sevrey, un médecin lui prescrit un traitement, « mais je l’ai pris que pendant 4 mois, je grossissais trop ». Le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation écrit qu’il avait commencé un TIG mais qu’il ne respectait pas ses obligations, « pas réceptif », « ne se met pas en question », « ne se saisit de rien », « passivité importante ». C’est dans ce contexte que les magistrats estiment qu’une expertise psychiatrique s’impose, le parquet requiert son placement en détention provisoire. Maître Grebot est favorable à l’expertise, il y a de telles différences entre les dépositions du beau-père et celles du jeune homme, qu’il faut « éclaircir ça ». Cela étant l’avocat ne pense pas « qu’enfermer les personnes soit la meilleure solution ».

 

Du contrôle judiciaire au placement en détention provisoire

 

« Demain j’aurai le RSA, dit le garçon, je pourrai prendre un logement, et puis en attendant les chambres d’hôtel à 25 euros ça existe. » Il insiste : le 2 juin, « quand on m’a contrôlé, je n’avais aucune intention de faire du mal, j’étais sorti de Buxy ». L’audience ne dit pas où il devait dormir losqu’il a été placé sous contrôle judiciaire, le 3 juin, pourtant il avait forcément un point de chute, or il n’est pas évoqué, ce qui fait qu’on ne comprend pas.  

 

Le tribunal ordonne une expertise psychiatrique, renvoie au 3 août prochain, ordonne le placement en détention provisoire, décerne mandat de dépôt. Une immense lassitude sourd du box.

 

Florence Saint-Arroman

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