Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Il se baladait à Meursault quand il a vu un fourgon avec les clés dessus.. il est parti avec !

Il « passait par là », et finalement « j’aurais jamais dû passer par là ». Synthèse de la procédure vue par le prévenu. Le 8 octobre dernier, il passait donc à Meursault quand vise un fourgon stationné devant une maison avec les clés sur le contact. Il part avec. Il a été jugé ce jeudi 11 octobre en comparution immédiate.

Un traceur sur le véhicule

L’utilitaire appartient à une entreprise qui a placé des traceurs sur ses véhicules, on n’a aucune difficulté à le géolocaliser à Olson et les gendarmes interviennent. Le conducteur, les voyant, appuie sur l’accélérateur, « tente de les percuter », expose le président Dufour à ses assesseurs, prend un chemin forestier et finit bloqué. Il poursuit à pied. Il est interpellé. En garde à vue, il reconnaît le vol. « C’était une bêtise, je m’excuse pour ça. – C’est plus qu’une bêtise, monsieur, c’est un délit puni de 3 ans d’emprisonnement. »

L’avocat des gitans, comme on l’appelle, est venu de Lyon pour lui

Le prévenu a 37 ans, il est de la communauté des gens du voyage, comme on doit dire maintenant. A son casier, six condamnations pour vols, recels, la dernière pour violences. Le président lui demande : « Y a-t-il des procédures en cours vous concernant, dans cette juridiction ou une autre ? - … … j’ai pas compris », glisse le présumé voleur dans le micro. Le président voulait lui faire dire qu’il est actuellement sous contrôle judiciaire sans le cadre d’une mesure d’instruction, dont maître Revellin assure que « la juge d’instruction a ratissé bien large », et que son client n’a pas de souci à se faire pour ça.

Sa compagne va lui parler du pays

En revanche, s’il a à craindre quelqu’un, c’est bien sa compagne, parce que Yvette (prénom modifié) s’apprête à lui parler du pays et « quand elle parle, Yvette, on l’écoute !, tonne l’avocat. Elle a son caractère. »  Le ministère public avait repris en détail le casier judiciaire du prévenu, qualifié ses explications (le mot lui-même est fort, ndla) de « nébuleuses, c’est le moins qu’on puisse dire », rappelé qu’il avait essayé « d’éviter les gendarmes ». « Tout ce qu’on sait, finalement, on le tient de son casier judiciaire, c’est une fois de trop. » Christelle Diez requiert 6 mois et son maintien en prison.

« Il met un pied de travers … Bon, on lui remet droit, mais il faut le laisser continuer sa route »

« Pourquoi il a trébuché, on n’en sait rien, plaide vigoureusement maître Revellin. Il mérite du sursis. Il a une entreprise qui marche pas mal, il a trois enfants, un couple stable, vous ne pouvez pas détruire tout ça sur une décision. Il met un pied de travers … Bon, on lui remet droit, mais il faut le laisser continuer sa route. » L’avocat assure qu’il sera vigilant sur les demandes de parties civiles, « parce que vu que les clés étaient sur le contact, l’assurance ne marche pas, l’entreprise va demander des indemnités ». Elle ne pourra pas, car sa demande de constitution de partie civile est irrecevable, suite à un petit couac de procédure.

8 mois de prison, maintien en détention

Contrairement à la pratique la plus courante, le prévenu n’a pas la parole en dernier. Le tribunal le déclare coupable et le condamne à 8 mois de prison, ordonne son maintien en détention. La salle se vide alors aux deux-tiers : le clan était venu. Il vient toujours.

Florence Saint-Arroman

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