TRIBUNAL DE CHALON - Le tatoueur est à la barre, le tatoué est dans le box.

Le tatoueur est également tatoué, c’est l’évidence, parce qu’un tatoueur non tatoué ça sent le fake. De toute façon, c’est une histoire de carburant et de pièces détachées qui les amène en comparution immédiate, pas une histoire de tatouages. Les tatouages les ont rapprochés, seront-ils frères de casiers judiciaires ?

Nous le saurons lorsqu’ils seront jugés, car pour l’heure, maître Bibard, saisi juste avant l’audience de comparution immédiate de ce jeudi 10 décembre, voudrait un délai pour préparer leurs défenses, les prévenus ne s’y opposent pas.

Dans le box, un jeune homme svelte aux avant bras recouverts de différents motifs. Il a 24 ans, un enfant qu’il voit malgré la séparation d’avec la mère, et pour lequel il s’acquitte « rubis sur l’ongle » dira son avocat, d’une pension alimentaire. 10 mentions à son casier, un casier ouvert à sa minorité pour des délits routiers, puis des vols.

 

7 vols dans une casse et une tentative de vol

« En ce moment, vous avez trois sursis mis à l’épreuve en cours », lui dit la présidente Verger. « Euh, je sais plus », dit le prévenu. « Les rapports signalent plusieurs manquements. Ça vous parle ? » insiste la présidente. Ça ne lui parle pas des masses. « Y a plus de son, plus d’image » résume la juge. Il a travaillé, en CDI, dans une casse automobile, puis il a quitté, « ça ne me plaisait plus ». Or il est accusé d’avoir volé entre le 1er octobre et le 24 novembre (jour où les gendarmes sont intervenus, du coup c’est la seule « tentative »), deux portes, un capot, du carburant, des jantes, des radiateurs, un pare-chocs, des phares, des compteurs, dans une casse en Bresse.

 

« Il faut relativiser, on est sur une atteinte aux biens »

A la barre, le second prévenu est poursuivi pour deux vols en novembre et la tentative du 24. Il fut condamné en 2008 pour recel et tentative de vol. Il vit maritalement, sa compagne et lui forment une super famille recomposée avec 7 enfants en tout. Il n’a pas d’addiction et son travail lui rapporte de quoi vivre, sauf en période de confinement.
Le procureur requiert le maintien en détention du premier et la poursuite du contrôle judiciaire pour le second. Le gérant de la casse est venu, il va se constituer partie civile. Maître Bibard interroge la nécessité de garder son client en prison, « il faut relativiser, on est sur une atteinte aux biens ».

 

Le jugement est renvoyé au 21 janvier. Le jeune homme de 24 ans est maintenu en détention (il est en état de récidive), le second poursuit son contrôle judiciaire. Ils encourent des peines comprises entre 7 et 10 ans, précise le procureur.

 

FSA

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