Au réservoir à Saint-Marcel : ‘Parent solo et ses marmots’, un spectacle sur la mono-parentalité

A l’initiative du Centre Social de l’Orange Bleue, de la ville de Saint-Marcel et de la CAF, ce projet réunit des artistes professionnels, des travailleuses sociales et des mères concernées par la question, qui monteront pour la première fois sur scène. Le spectacle écrit et mis en scène par Valérie Gaudissart, est basé sur des témoignages. Interview…

Pouvez-vous nous parler de vous, Valérie ? 

J’ai été cinéaste, scénariste, puis je suis venue à la mise en scène par un premier spectacle, ‘Les êtres humaines’, monté à Chalon-sur-Saône de 2011 à 2013 qui traitait de la violence conjugale et qui était déjà joué en partie avec des femmes concernées par la problématique. Et j’ai voulu continuer dans cette voie, à savoir celle qui part de témoignages, et qui les transforme et les transcende pour en faire un spectacle, des chansons. C’est le fait de transformer les choses, de les rendre universels et d’explorer une gamme émotionnelle qui m’intéresse le plus. Je pense aussi à un théâtre qui soit engagé dans la vie sociale, qui vienne du terrain et qui y retourne. Je suis aussi médiatrice artistique et art-thérapeute, ce sont des activités parallèles à mon travail théâtral, même s' il y a forcément des liens. 

Pourquoi avoir choisi de traiter du thème de la mono-parentalité ?

Je m’intéresse aux thématiques sociales qui touchent des difficultés liées à la condition d’être humain, et des situations particulièrement vécues par les femmes. Car je crois qu’être un être humain, est bien compliqué et souvent douloureux et qu’on a besoin de soutien, et pouvoir écouter l’expérience des autres pour pouvoir avancer dans son propre vécu. C’est le centre social de L’Orange Bleue à Saint Marcel qui est à l’origine du désir de ce projet autour de la mono-parentalité. C’est leur équipe, ainsi que celle de la CAF, celle du Réservoir et celle de la Mairie qui ont initié ce projet, car beaucoup de familles mono-parentales y vivent et toutes ces structures accompagnantes avaient envie de mettre en lumière cette nouvelle façon de faire famille. Et en effet, il y a beaucoup de choses à raconter. 

Le spectacle était prévu pour mars 2020, a-t-il évolué entre temps ?

Oui et non. Car le sujet reste le même, totalement d’actualité car être parent solo confiné, avec des enfants qui doivent suivre l’école à la maison, sans ordinateur, c’est coton ! 

Vous êtes l'auteure de ce spectacle et vous assurez la mise en scène, est-ce difficile de faire jouer professionnels et non professionnels ?

Je ne dirais pas que c’est difficile car c’est l’enjeu de ce dispositif qui mélange des univers. Amener des personnes vers la création, vers l’expression de leur vécu et les accompagner dans cette voie de l'imaginaire, c’est sûr, ce n’est pas toujours facile et fluide, car chacun a ses priorités, et elles changent et évoluent avec le temps mais je trouve que c’est assez passionnant. Et j’ai l’impression de faire un théâtre utile. Notamment parce que le public a aussi plus tendance à se reconnaître dans les situations exposées sur scène parce qu’elles sont jouées sur scène en partie par des personnes qui ont osé ou ont pu franchir un pas et retrouver confiance en elles.

De la création aux répétitions, quels ont été vos meilleurs souvenirs ? Et y a-t-il eu des moments de découragement ?

La difficulté de ce spectacle, ce sont ces 3 reports, et l’annulation de ses premières représentations du 20 mars 2020, qui tombaient pile au premier confinement, après trois semaines de répétition. Mais c’est du passé, et pour moi les meilleurs souvenirs, c’est quand en répétition et en représentation, on sent qu’on atteint et qu’on touche à une vérité et une profondeur émotionnelle, qui nous surprennent nous-même et qui fait qu’ on n’entende plus que la respiration du public.

Le travail entrepris durant ce laps de temps a-t-il changé la vision des participants sur la mono-parentalité ?

Je dirais que les personnes amateurs qui sont des mamans solo et participent au projet ont sûrement évolué dans leur propre vie, et se sentent plus reconnus, moins invisibles, plus confiantes en elles et je pense qu’elles se sentent soulagées de pouvoir dire des choses publiquement et d’être entendues. Mais je ne peux pas parler à leur place. 

A qui s'adresse ce spectacle ?

A tout le monde, aux mères, aux pères, à ceux qui n’ont pas eu d’enfants, aux jeunes, aux ados, aux enfants je dirais à partir de 8 ans, aux personnes âgées. Aux parents solos, mais pas uniquement, aux services sociaux, à tous ; la pièce peut intéresser tout le monde car elle part de témoignages et de vécu, et le vécu des autres, c’est toujours passionnant à écouter et ça fait réfléchir sur son propre parcours, même si il est différent.

Pour en savoir plus : 

« Qu’est-ce que cela fait vivre, qu’est-ce que cela fait traverser d’être parent solo ? D’avoir l’entière responsabilité de ses enfants, dans le présent et dans l’avenir ? De la mono-parentalité subie à la mono-parentalité assumée et revendiquée, bien des aspects de cette nouvelle façon de faire famille sont abordés. Le spectacle est né d’ateliers de création et de partages de témoignages, menés par Rêver Tout Haut depuis mai 2019, en partenariat avec le Ville de Saint-Marcel, le Centre Social l’Orange Bleue et la CAF 71. ‘Parent solo et ses marmots’ mêle textes, chansons."

Spectacle écrit et mis en scène par Valérie Gaudissart, avec Sidonie Dubosc, Morton Potash, Isis Philippe-Janon, Sara Lahziri, Aïcha Broutin, Ghislaine Harrak, Nelly Triba, Coraline Henry, Valérie Gaudissart.

Propos recueillis par SBR - Crédit photo : So Beau-Blache

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