Journée de grève des AESH devant le collège Doisneau

Ils sont les oubliés du système éducatif et pourtant… Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) pallient la rigidité de l’Éducation nationale : grâce à leur travail, l’école est plus accessible à la différence. Leur colère s’exprime ce jeudi dans toute la France. Explications avec Info-chalon.com.

Sabine, Virginie, Jean-François, Brigitte sont AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) au collège Doisneau. Ce jeudi, journée de grève nationale, à 10 h, tous les AESH demandent que leur travail soit reconnu : un vrai statut et une augmentation des salaires.

C’est quoi, ce travail ?

« Notre travail consiste à accompagner des élèves qui ont des problèmes d’adaptation reconnus – le plus souvent des handicaps – pour les mener in fine vers une certaine autonomie, explique Jean-François. Nous travaillons étroitement avec les équipes pédagogiques. »

Prendre des notes en classe, aider aux devoirs, à la socialisation avec les autres élèves ; en résumé, l’AESH apporte une compensation à l’élève dans tous les actes qu’il ne peut faire seul. Son objectif vise l’intégration la plus complète de ces élèves à la vie dans l’établissement. On s’en doute, la qualité de la relation est au cœur de la réussite : stimuler, guider, redonner confiance… 

Les AESH sont-ils pris pour des pions ?

Certains AESH le ressentent, surtout depuis la mise en place, il y a 2 ans, d’une nouvelle organisation par PIAL (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Locaux), qui gèrent les AESH sur un secteur géographique donné. « Les PIAL instaurent un zonage qui durcit nos conditions de travail, regrette Brigitte. Nous avons un emploi du temps sur plusieurs établissements : le matin ici, l’après-midi ailleurs ; les frais de déplacement sont à notre charge, la plupart du temps. »

Les responsables des Pial, ou « tête de Pial » (si, si, nous n’inventons rien) sont des personnels de l’Éducation nationale, chef d’établissement ou CPE. « Heureusement, ici, au collège Doisneau – qui accueille 2 ULIS – l’équipe connait l’intérêt de nos missions et nous intègre aux réunions pédagogiques, remarque Sabine, mais d’autres collègues AESH n’ont pas cet accueil. Certains sont tenus à l’écart des réunions. »
Tout semblait fonctionner de manière plus humaine avant la mise en place des Pial.

Revendications

Les AESH sont recrutés directement par l’Éducation nationale sur CDD puis CDI, s’ils peuvent attester de 2 contrats consécutifs de 3 ans.

Reste que ce travail est proposé en temps partiel à 60 % – c’est-à-dire, en moyenne, 750 € par mois – car le statut ne permet pas de temps complet.

Une précarité dénoncée par ces agents contractuels de l’État, qui réclament une formation plus approfondie, une hausse des salaires, un véritable statut et l’arrêt des Pial.

Quel est le prix d’une bonne intégration de tous à l’école de la République ? La balle est dans le camp des politiques.

Nathalie DUNAND
[email protected]

 

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