Ce que pense un expert vélo des Pays-Bas du schéma directeur cyclable du Grand Chalon

Auteur d'un premier essai intitulé «Pourquoi pas le vélo ? Envie d’une France cyclable», Stein van Oosteren animait, ce vendredi à la Maison des Syndicats, une soirée autour de la projection du documentaire «Why We Cycle». Propos recueillis par Info Chalon.

Néerlandais installé en France depuis de nombreuses années, Stein van Oosteren s'est donné pour mission d'accompagner son pays d'adoption dans une révolution que les Pays-Bas ont connue en 1973.


Si, aujourd'hui, bon nombre d'entre nous sommes frappés par la forte utilisation du vélo aux Pays-Bas, il n'en a pas toujours été ainsi. En effet, avant 1973 et que la situation change grâce à la volonté du peuple néerlandais, le Pays des tulipes était aussi un pays du tout-voiture.


«En France, ça bouge aussi complètement au sujet du vélo», nous indique celui qui est également porte-parole du collectif Vélo Île-de-France.


Stein était invité en qualité d'observateur, lors de la présentation du schéma directeur cyclable du Grand Chalon. Au cours de celle-ci, il a aussi pu prendre connaissance du plan vélo de Saint-Rémy.


«Donc une commune et une collectivité territoriale... C'est formidable ce schéma directeur cyclable parce que ce qui crée le potentiel vélo, c'est justement le réseau! Pas que le réseau au niveau d'une rue ou d'une ville mais de l'ensemble de l'agglomération. Moi, ce que je souhaite pour la ville de Chalon-sur-Saône et de toute l'agglomération, c'est que ce réseau puisse se concrétiser et que toutes les communes puissent participer avec le même cahier des charges. C'est-à-dire avec des princips stricts qui protègent bien les usagers, pour que même un enfant de 5 ou 7 ans puisse faire tout seul du vélo d'une commune à l'autre. S'ils arrivent à faire ça, ils auront réussi leur coup! Et tout le monde doit pouvoir se déplacer à vélo», nous indique celui-ci.


«Je suis également venu pour animer un débat autour du documentaire "Why We Cycle" et c'est fantastique de voir qu'il provoque tellement de plaisir chez les spectateurs. Parce qu'en fait, il représente ce que tout le monde veut, c'est-à-dire la liberté de se déplacer, que l'on soit enfant, adulte ou personne âgée, et c'est ça qui est formidable», ajoute-t-il.


Pour Stein, l'idéal serait de «transformer ce désir déclenché par ce film en réalité». Toujours selon lui, ce documentaire aide à se projeter dans une société cyclable.


«En France, même si la volonté existe, on a du mal à se l'imaginer», précise Stein.


Une société cyclable serait une société où le vélo aura remplacé la voiture. Son souhait serait que les citoyens s'approprient l'espace et puissent se déplacer en vélo en toute sécurité.


«Comme le dit Marco te Brömmelstroet* dans le film, à vélo, on a la possibilité d'interagir avec l'Autre. Dans une rue comme ici avec plein de voitures, vous avez comme des écrans visuels qui cachent le regard de l'autre, qui cachent la personne qui est à l'intérieur de son habitacle et vous cassez littéralement le potentiel social de l'être humain.Vous ne pouvez pas interagir avec l'Autre. D'ailleurs, on a inventé les feux rouges et les feux tricolores pour justement permettre l'interaction. Alors que le vélo enlève tout ça, déshabille en quelque sorte les gens pour laisser juste les gens en contact direct sans pare-brise et cela crée un bien-être dont le film nous fait prendre conscience», souligne notre batave.


À noter que «Why We Cycle» (2018), documentaire réalisé par réalisé par Arne Gielen et Gertjan Hulster, est mis à la disposition des associations cyclistes par la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB).


Dernier point, Stein van Oosterein vous propose de consulter le guide des aménagements cyclables de Paris en Selle (cliquez ici).

 

* Expert de l'Institut pour le vélo urbain de l'Université d'Amsterdam

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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