portrait

De plus en plus nombreuses dans le métier, Info Chalon a rencontré au Conservatoire du Grand Chalon où elle enseigne depuis plus d’une vingtaine d’années, Stéphanie Serie-Huteau, professeur de percussions

De plus en plus nombreuses dans le métier, Info Chalon a rencontré au Conservatoire du Grand Chalon où elle enseigne depuis plus d’une vingtaine d’années, Stéphanie Serie-Huteau, professeur de percussions

Découvrez son parcours à l’occasion de la série de portraits réalisée dans le cadre de la Journée Internationale des Droits des Femmes :

Enseignant la percussion au Conservatoire à Rayonnement Régional de Chalon sur Saône depuis 1999, Stéphanie Serie-Huteau, originaire des Pyrénées a débuté la musique au Conservatoire de Pau puis a poursuivi ses études musicales à Créteil et au CNSM de Lyon. 

Elle oriente son travail vers le théâtre musical, poursuit une collaboration avec l’ESM de Dijon (École Supérieure de Musique) et est formatrice-accompagnatrice pour les étudiants DE (diplôme d’Etat) et CA (Certificat d’aptitude) au CNSMDL (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon) où elle intervient également comme membre de jury ou lors de journées didactiques à la formation à l’enseignement musique.

Elle a participé à diverses créations, joue dans plusieurs formations de chambre ou symphonique (Ensemble XXI, Orchestre National de Lyon, Opéra de Lyon, Opéra de Dijon….), et s’est produite en soliste à Vienne avec le concerto de Jolivet,  dans la région bordelaise en duo de vibraphone avec Emmanuel Curt, en Bourgogne en duo marimba, vibraphone (concerto d’Emmanuel Séjourné), avec l’Orchestre de Chalon. 

Dernièrement, elle a travaillé à la création d’un spectacle avec deux percussionnistes de l’Orchestre National de Lyon et la compagnie Rasposo.

3 questions à Stéphanie Huteau : 


Que pensez-vous de cette journée des Droits des Femmes ?

La journée des droits de la Femme qui a lieu le 8 mars permet, je crois, de sensibiliser et de réfléchir à l’égalité entre les Hommes et les Femmes. De voir ce qu’il reste à faire sur les questions de la Femme dans la société, de rendre hommage aux combats passés et présents. De se souvenir que dans de nombreux pays les femmes ne peuvent pas décider librement de leur vie, de leur santé, de leur sexualité. De ne pas oublier toutes celles qui sont victimes de violences et de discrimination au quotidien.

Une journée semble à la fois trop peu, mais a pour moi le mérite d’exister et d’être une piqûre de rappel. N’ayant jamais subi de discrimination et ayant eu la chance de choisir librement ma vie, il me semble encore plus important de penser à toutes celles qui souffrent.

J’ai de plus beaucoup d’admiration pour les associations qui essaient jour après jour de construire un monde meilleur. Nous avons tous des idées, des combats, des causes qui nous sont chers. J’aime cette idée d’un « ralliement », d’un « appel » lancé à la société pour mobiliser les gens autour d’une idée en espérant simplement améliorer la vie. Tout cela dans le respect de notre charte des valeurs. 

Au quotidien, je trouve important de transmettre les valeurs d’égalité, de respect, de générosité. La constitution d’une culture de l’égalité et du respect mutuel me tient à cœur. J’aime développer des projets éducatifs autour de l’égalité et du plaisir d’être ensemble.

Enfin le devoir de mémoire reste important. Il faut entendre les témoignages et garder vivace les combats et souvenirs du passé. «  le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l’oubli » ( Elie Wielsel) 

Quel impact a eu la crise sanitaire de la covid 19, professionnellement et peut-être aussi personnellement ?

Le premier confinement m’a permis de passer plus de temps avec ma famille, de connaître les joies et les conflits de l’école à la maison, de perdre beaucoup moins de temps dans les transports en commun, de profiter pleinement de ma maison et d’envisager de nouveaux aménagements… D’être très loin du «  métro, boulot, dodo » quotidien…. En un mot de me ressourcer entourée de ma famille.

Je n’ai pas subi de pertes de salaire ou la peur du lendemain. Je devais réinventer des liens et un travail musical différent avec mes étudiants. J’ai de ce fait beaucoup plus échangé avec les techniciens du conservatoire, les familles et anciens étudiants. Ma volonté était de rapprocher tout le monde dans la création de vidéos musicales. L’idée étant de simplement nous réunir pour le plaisir. J’ai ainsi eu conscience des autres autrement, en étant encore plus attentive à leurs besoins et en essayant de garder l’envie et la motivation du «  jeu ». 

Lorsque l’on a le choix et que la vie suit son cours tranquille, peu importe les comportements que nous adoptons, nous avançons souvent par habitude, sans vraiment se poser de questions. Nous sommes vite happés par la routine.  L’expérience de l’épidémie covid-19 m’a permis de me « re »questionner à propos de mes capacités à réagir positivement dans un contexte difficile, à rebondir, à aider et à rester dans l’empathie. Finalement à avoir une conscience plus accrue de «  l’autre » et à aimer la vie. 

Quelle est votre actualité ou quels sont vos objectifs à venir ?

Poursuivre mon travail avec la même énergie, motivation et passion. Garder l’envie de recherche, de création, de nouveauté et de mixité des Arts… Mais également vivre pleinement, passer du temps avec mes amis, ma famille… Profiter du « sel de la vie ». « Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements et c’est de cela que j’ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie » Françoise Héritier.

Propos recueillis par SBR - Photos : JPB