Opinion

Le député de Saône et Loire, Rémy Rebeyrotte, pointe 3 erreurs commises par la majorité présidentielle

Le député de Saône et Loire, Rémy Rebeyrotte, pointe 3 erreurs commises par la majorité présidentielle

Il y a un an, trois erreurs de la Majorité présidentielle.

 


En politique, comme ailleurs, on gagne toujours à reconnaître ses erreurs.

Notre Majorité a fait trois erreurs aux lourdes conséquences il y a un an :

Première erreur, de laquelle découle beaucoup de choses : NE PAS INVESTIR SUFFISAMMENT DANS LA CAMPAGNE NATIONALE DES LEGISLATIVES, suite à la nomination tardive de la Première Ministre.
Conséquence : pour quelques voix au premier ou au second tour, des sièges ont basculé dans les mains des deux extrêmes, extrême-droite et extrême-gauche, nous privant largement d’une majorité ou d’une quasi-majorité à l’Assemblée Nationale. 42 sièges nous manquent. Plus grave : le FN et la firme Le Pen sont entrés en force dans l’Hémicycle. Ils ont des élus et les moyens financiers et humains qui leur manquaient. Contrairement à la NUPES, qui est une alliance brinquebalante, l’extrême-droite caporalisée est un vrai danger pour notre Pays, sa démocratie et sa République. Les comportements excessifs des amis de Mélenchon ne font que les renforcer.

Seconde erreur, qui est liée à la première : NE PAS DIRE CLAIREMENT QUE NOUS N’AVONS PAS DE MAJORITE. Notre groupe et intergroupe sont les plus importants de l’Assemblée, certes, mais nous n’avons que 247 voix sur 289 indispensables pour avoir la majorité. Cela veut dire que notre mandat est un mandat « article 49,3 sauf accord » avec d’autres groupes parlementaires, républicains et démocrates. Ces accords, négociés ou spontanés se sont construits sur de nombreux textes, mais sur les réformes essentielles et impopulaires, nous ne pouvons compter que sur nous-même et l’article 49,3 prévu par la Constitution. Cet article est parfaitement démocratique car, à chaque usage, une motion de censure peut être déposée et votée par une majorité qui ferait tomber le Gouvernement. Nous sommes fragiles, mais protégés par la Constitution et le fait majoritaire. Il faut l’assumer.

 

Troisième erreur, et cette erreur est pour moi une faute et m’a profondément affecté : suite à une mauvaise lecture de nos institutions républicaines, au nom d’une proportionnelle mal comprise, DEUX ELUS FRONT NATIONAL SONT DEVENUS VICE-PRESIDENTS DE L’ASSEMBLEE NATIONALE. Rien ne le justifiait car, si les députés FN ont été élus comme les autres, ce ne sont pas des élus comme les autres : xénophobes, racistes, pour certains antisémites, ils profitent de la démocratie pour la fragiliser, pour atteindre aux valeurs républicaines, pour saper l’unité nationale à coup de populisme et de démagogie. Jamais l’extrême-droite ne doit être banalisée, encore moins institutionnalisée. Les évènements et les leçons des années 30 et 40 nous obligent, nous, générations nées après-guerre. Nous savons. Le Parlement allemand et le Parlement Européen en ont tiré les enseignements puisqu’aucun élu d’extrême-droite ne siège dans le bureau de ces deux institutions.
Trois erreurs qui doivent conforter notre engagement mais nous faire redoubler de vigilance et renforcer la nécessité de rassembler encore davantage tous les républicains et tous les démocrates, de droite et de gauche. C’est un appel…

Rémy REBEYROTTE

Député de Saône-et-Loire

Secrétaire de l’Assemblée Nationale