Chalon sur Saône

A Chalon la montagne Aldebert n'a pas accouché d'une souris, cote d'amour en première ligne

Au Zénith de Dijon le vendredi 30 mars, à la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône le lendemain (remplie à chaque fois !), à 16h et 20h, on ne peut pas dire qu’Aldebert ait lambiné, ni qu’il se soit tourné les pouces ! En offrant avec « Enfantillages », le troisième du genre (son dernier album éponyme en date), un spectacle de haute volée effectuant le tour de l’année scolaire, il aura gratifié enfants, parents et parfois grands-parents d’une pluie d’étoiles, confirmant tout le bien que Pierre, Paul ou Jacques pensaient de lui.

Nul besoin d’un chauffeur de salle pour indiquer la direction du vent…

Tous les ingrédients étaient réunis pour que la communauté de spectateurs à la grande amplitude d’âge ne regagne pas ses pénates la tête basse, les yeux rivés au sol, par suite d’une bouillie peu digeste. Il n’en a fort heureusement rien été. Enchâssés dans des décors de bonne tenue, appuyés par des accessoires ad hoc (par moments le mentor se déplaçait grâce à des roulettes sous ses chaussures), des jeux de lumière, avec des effets spéciaux à couper le souffle des minots, Aldebert et ses quatre musiciens, formation très soudée au sein de laquelle l’humeur est particulièrement taquine, n’avaient plus qu’à se « sortir les tripes » pour conditionner un peu plus encore celles et ceux qui n’ambitionnaient qu’une seul chose en frappant dans leurs mains et en chantant ce qui leur est familier depuis un certain temps : la vérité de l’instant présent. L’album « Enfantillages 3 », sorti en septembre 2017 et Disque d’Or trois mois après, a ainsi été vidé de sa substance avec dans la ligne de mire un public au comble de la joie. « Les somnanbules », « Les ani-mots », « L’apprenti Dracula », « Madame Nature », « Les Super Pouvoirs Pourris », « Welcome le zombie », etc. l’artiste, auteur-compositeur-interprète-musicien, n’a de surcroît pas hésiter à puiser dans son stock, soutirant par exemple à « Enfantillages 2 » « Super Mamie » ou « La Maison Monde ».

Les textes de Guillaume Aldebert, savamment fouillés, conduisent tout droit vers un univers fantasmagorique qui ouvre les portes du champ des possibles. La poésie est omnipotente, l’humour toujours à portée d’oreille, et les histoires abordées détonnent parfois, abracadabrantes, à l’image de Dracula ou du zombie, histoire peut-être de secouer le cocotier des clichés trop convenus et de circonscrire toute la gamme des émotions sur la propre échelle de Richter des chères têtes blondes. Grâce à ce saltimbanque des temps modernes qui n’a de cesse de sacraliser la chanson française, et quelquefois de l’enraciner dans une ambiance très rock ‘n’ roll, comportement faisant démarrer au quart de tour, les cellules familiales ont engrangé des moments de pur bonheur, reconductibles à l’occasion. Le maître de céans avait frappé les esprits, les libérant subséquemment au profit d’une énergie fédératrice.

                                                                                 Michel Poiriault

                                                                                poiriault.michel@wanadoo.fr    

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