Côte chalonnnaise

Réunion de la grande famille des punks à Genouilly, les 11 et 12 août

Il existe en Saône-et-Loire des festivals dont on n'entend pas forcément parler et qui, pourtant, attirent chaque année des foules venues de toute la France, à l'instard du "Crusty Fest", organisé par "L'Assaut des Mal famés". Le petit focus amical d'info-chalon.com

En mai 2010, trois potes, Mimi, Boul et Ouioui, tous fans de punk rock, créent une association de type « loi de 1901 », celles de "L'Assaut des Mal famés ». Pourquoi un tel nom ? Pour rappeler qu’il y a des gens que l’on ne voit pas, ceux que le sociologue Stéphane Beaud appellerait sans doute des « invisibles »*, et qui, pourtant, existent, vivent, souvent à 200 à l’heure, peut-être comme s’ils devaient mourir demain. Bref, une belle illustration de ce sens de l'auto-dérision typiquement punk.

Leur but à l’époque ? Organiser un festival punk rock en plein air dans le département de Saône-et-Loire, ce qui deviendra le « Crusty Fest ».

Un projet fédérateur ? Parlons net : oui, puisqu’ils sont très vite rejoints par une « flopée de marmots », c’est-à-dire, dans leur langage, des bénévoles acquis à la cause. Parlons encore plus net : ça botte tellement de monde qu’une autre association, OPPOSSUM, rodée à ce genre de défi, leur file un coup de main.

Très vite, naît donc le « Crusty Fest ». Ce n’est rien moins qu’une réussite puisque trois mois après la création de "L'Assaut des Mal famés", la première édition de ce festival voit débouler ce que Franck Terrier (le trésorier actuel) appelle « la grande famille du punk ». Et, à l’écouter, ce n’est pas vraiment la famille au sens nucléaire du terme : papa, maman et fifils ou fifille. C’est vraiment LA GRANDE FAMILLE, au sens le plus large du terme, puisque ses membres viennent de partout en France : Bretagne, Paris, etc.

La première édition, donc, est un succès. Et comme c’est un succès, ils décident de remettre ça l’année suivante. Succès de nouveau.

Désormais, le « Crusty Fest », festival nomade puisqu’il change chaque année de lieu, essentiellement pour s’adapter à la route des festivaliers de Chalon Dans La Rue et du Kanivo Chaos, c’est un rendez-vous prisé de tous les amateurs de punk rock. Et Dieu, s’il existe, sait qu’il en reste un paquet. Et tant mieux.

Un festival seulement pour les punks ? Non. Franck Terrier l’a souligné auprès de votre serviteur d’info-chalon.com, c’est un festival où les habitants du village où il se tient chaque année (La-Chapelle-de Bragny, Genouilly) viennent et reviennent volontiers, où de nombreux jeunes du département se pressent. Tout simplement parce qu’ils ont compris que, loin d’être nécessairement un délinquant toxico et aviné, coiffé d’une crête fluo, l’amateur ou l’amatrice de punk rock, le punk, est plutôt quelqu’un de sympa, doté d’un humour parfois grinçant mais souvent bon enfant. A l’image des Béruriers Noirs (nom choisi en hommage au personnage mythique de San-Antonio, alias Frédéric Dard), des Lutins Bleus, de La Souris déglinguée ou des Amis d’ta femme. Car le punk rock ne se résume pas seulement à Sid Vicious, Johnny Rotten (Johnny « le pourri »), autrement dit aux Sex Pistols et à leurs insultes télévisuelles, même si, il faut en convenir, ce groupe incontournable a indéniablement rendu visible un mouvement musical qui, jusqu’à Nevermind The Bollocks (1977), était « undergound » : alternatif, expérimental, d’avant-garde, souterrain, marginal.

Cette année, "l'Assaut des Mal famés", désormais présidée par Miguel Paveglio, remet le couvert, à Genouilly. Elle n’attend pas moins de 500 personnes agitées et avides de s’en prendre plein les oreilles dans une ambiance relax. Et pour une association qui est totalement autonome puisqu’elle refuse de demander toute subvention à qui que ce soit, c’est quand même, il faut le dire, du beau boulot.

Vous ne connaissez pas encore le « Crusty Fest » ? Le prochain, qui prévoit une sacrée rimbabelle de groupes à découvrir ou redécouvrir, aura lieu les 11 et 12 août prochains, à Genouilly. Pour trouver le rassemblement, suivez, non pas le lapin blanc comme Alice, mais l’harmonieux vacarme qui, au loin, vous invitera à punker.

Samuel Bon

*La France invisible, sous la direction de Stéphane Beaud, Joseph Confavreux et Jade Lindgaard, La Découverte/Poche, (2006) 2008, 647 p

Tarifs :

1 jour : 13 euros

2 jours : 20 euros

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