Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - 35 ans, déjà 13 mentions à son casier et en étant de récidive légale

Il est le genre de voleur qui fait grimper les stats et qui cause des enquiquinements sérieux à ses victimes pour pas grand chose. C’est aussi un homme qu’on verrait mieux au CHS de Sevrey à y recevoir des soins, qu’en prison, sauf qu’il ne veut pas entendre parler d’expertise psychiatrique : trop facile de le prendre pour un fou alors que la police refuse de le croire et que c’est elle qui a un problème.


S. B. a le visage fermé. 35 ans, 13 mentions à son casier. Il était en période de probation quand on l’a arrêté, il est en état de récidive légale, le juge des libertés et de la détention l’a placé en détention provisoire le 6 mars, on le juge en comparution immédiate ce jeudi 7, du moins on devait... à la surprise de son avocate il demande un délai... Il est poursuivi pour avoir à Chalon, le 14 février dernier, détérioré la portière d’une Clio et la vitre d’une pharmacie, dégradé deux portières d’une Scenic, cassé la vitre d’une banque. Puis, le 3 mars, avoir dégradé la vitre d’un Mac Donald’s, abîmé une autre Clio, et tenter de voler dans une pharmacie en pénétrant dans l’entrepôt après avoir cassé la porte : les médicaments qu’il cherchait ne s’y trouvaient pas. 


« Que dites-vous de ces faits ? » lui demande la présidente Delatronchette. « Je suis victime de tentative d’assassinat, et à chaque fois la police me fait repartir avec mes preuves. J’ai pris 35 coups de couteaux. J’en ai vraiment marre, ils se moquent de moi. Je me demande parfois si je ne devrais pas me suicider. Excusez-moi de vous parler comme ça. » S. B. est sans domicile fixe et sans travail. « je ne travaille plus depuis que j’ai été séquestré, depuis 2005. » Il ne parle pas, à proprement dire, d’ailleurs il est la plupart du temps inaudible : il dévide, avec lassitude et précipitation. Il mange les mots, on ne le comprend pas, ou avec difficultés.


La présidente : « Vous avez déjà dit en garde à vue à plusieurs reprises avoir été victime d’une tentative d’assassinat. » Le prévenu : « Je me fais harceler et il me laissent repartir avec les preuves. J’ai posé plainte le 9 janvier mais ils ont mis ´agression’. » Ton las, le désespoir affleure. « J’ai un problème de douleur aux côtes qui sont encore douloureuses depuis ma dernière séquestration. Je ne comprends toujours pas qu’on me laisse partir avec les preuves alors que ça devrait être confié à des enquêteurs. » Il dit prendre un traitement à base de morphine, c’est peut être ce qu’il cherchait dans la pharmacie ? 


En détention jusqu’ici ça se passe bien, assure-t-il à la présidente. Le substitut du procureur, Dominique Fenogli, requiert bien sûr le maintien en détention et « je vous propose de diligenter une expertise psychiatrique. Monsieur ne veut pas, je sais, mais il tient des propos inquiétants, il peut y avoir une abolition ou une altération du discernement. » Maître Bailly aurait bien fait la même demande mais son client s’y oppose formellement, elle est tenue de respecter son opposition, « je m’en rapporte ». « Avez-vous des problèmes de santé ? » demande enfin la présidente. « De temps en temps je fais des crises de nerfs car la police me renvoie sans cesse avec mes certificats médicaux... » Le tribunal se retire, l’avocate se tourne vers son client, on n’entend que la protestation de celui-ci qui n’en peut plus de se battre contre la terre entière : « Parce que dedans je suis protégé, et dehors je ne suis pas protégé ! »


Par chance pour lui, le tribunal ordonne son maintien en détention, renvoie le jugement à début avril, et diligente un expert psychiatre pour expertise. La présidente lui explique : « L’expertise est nécessaire, monsieur, pour que le tribunal ait plus d’éléments, et aussi par rapport à ce que vous dites. ça vous permettra ensuite de poser plainte, et d’indiquer que vous ne souffrez d’aucune maladie mentale. » Pris au sérieux, ne serait-ce que cinq minutes, le prévenu repart apaisé. 

 


Florence Saint-Arroman

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