Saône et Loire économie

Pour Laurent Letourneau, Président du MEDEF Saône et Loire, "il faut transformer notre pays au rythme de la transformation du monde !"

Le chef de file du mouvement patronal de Saône et Loire s'est plié au jeu des questions-réponses d'info-chalon.com en cette rentrée.

A l’occasion des universités d'été du MEDEF, les adhérents ont réclamé plus de réformes et plus vite. Qu’attendez-vous du gouvernement ? 

Le MEDEF considère que le génie français existe toujours, que notre pays peut redevenir ce qu’il a été, à savoir une terre d’innovation, de technologies et d’excellence mais à condition que nos gouvernants acceptent ce qu’ils refusent depuis 25 ans : transformer notre pays au rythme de la transformation du monde !

Alors, certes, nous considérons que ce gouvernement regarde dans la bonne direction et a su redonner la confiance aux entrepreneurs en affirmant une politique pro-entreprises. On note comme points positifs, la suppression d’une anomalie française : la sur-taxation du capital, la réforme du code du travail, la transformation du système d’apprentissage, le prochain abandon du forfait social sur l’intéressement dans les entreprises de moins de 250 salariés. Et sur tous ces sujet, le MEDEF prendra ses responsabilités pour accompagner le redressement du pays.

Pour l’heure, deux chantiers importants s’ouvrent : la réforme de l’assurance chômage et de la santé au travail. Ces systèmes sont à bout de souffle. Nous participerons évidemment à la négociation avec comme ligne rouge, celle de ne pas alourdir les charges des entreprises.

Ce dont l’entreprise a besoin sur le plan règlementaire et fiscal, c’est de stabilité, c‘est primordial. Les changements, les zigs et les zags, au gré de l’humeur de nos gouvernants sont le meilleur moyen de perdre la confiance des entrepreneurs. Et un chef d’entreprise qui n’a pas confiance, c’est un chef d’entreprise qui n’investit pas, qui n’embauche pas, qui ne se développe pas. L’équation est assez simple en fait. Donc oui, après 25 ans d’immobilisme, nous avons faim de réformes.

Le Président Macron et son gouvernement sont régulièrement qualifiés de Président des entreprises. Votre sentiment ? 

Je pense que pour redistribuer la richesse, il faut commencer par la produire car ce ne sont pas les taxes et les impôts qui en produisent mais nos entreprises. Nous ne le dirons jamais assez, seule l’entreprise créée de la richesse. N’oublions pas, au passage, qu’une entreprise ne se résume pas à son seul dirigeant mais à tous ceux qui la compose... Donc je dirais plutôt que le Président Macron est le Président de tous les français, car en favorisant le développement des entreprises, il favorise tous les Français. 

Avec la loi Pacte qui s’annonce, le prélèvement à la source, le gouvernement va-t-il dans le bon sens ? 

Tout n’est pas parfait dans la loi PACTE si on prend par exemple la question de la modification de l’objet social de l’entreprise inscrite au code civil, nous sommes convaincus que c’est une très mauvaise idée qui pourra générer des incertitudes juridiques. Concernant le prélèvement à la source, j’estime qu’il y a deux  sujets distincts. Le premier est de considérer que payer l’impôt en fonction de ses revenus de l’année en cours est une bonne chose. Cela évite pour ceux qui ont des fluctuations de revenus d’une année sur l’autre de payer un impôt qui ne correspond pas à sa situation financière au moment du paiement (en particulier pour les cigales). Le deuxième concerne la méthode choisie par le gouvernement en faisant des entreprises le collecteur de l’impôt, Cela est une très  mauvaise idée. Ce n’est pas le rôle de l’entreprise, cela lui coutera financièrement et génèrera des frustrations, de l’incompréhension et probablement des tensions de la part de nos salariés.  La solution aurait été de rendre obligatoire le prélèvement mensuel qui concerne la majorité des foyers fiscaux qui paient de l’impôt.

Votre confrère du bâtiment s’inquiète d’indices pas forcément positifs, quel est votre sentiment sur la situation économique en Saône et Loire ? 

Je crois que la Saône et Loire a bénéficié comme l’ensemble du territoire d’une belle croissance sur les deux dernières années, mais il est vrai que l’investissement privé doit prendre le pas sur l’investissement public afin de pérenniser l’activité des entreprises du bâtiment de notre département qui sont des employeurs importants. 

L’intérim connaît une contraction en Bourgogne-Franche Comté, faut-il s’en inquiéter ? 

Il faut distinguer la Bourgogne de la Franche-Comté qui ne sont pas des territoires homogènes en terme d’activité économique. La Franche-Comté est beaucoup soumise au aléa de l’activité automobile. La situation de l’intérim démontre effectivement une contraction sur la Bourgogne au mois d’août. Il faut considérer qu’une partie de cette contraction est sans doute due à une activité moindre, mais également aux embauches en CDI, qui mécaniquement diminue le recours au travail temporaire. Enfin, et c’est une question majeure, nous rencontrons d’importantes difficultés de recrutement faute de candidats.  

Propos recueillis par Laurent Guillaumé - Info-chalon.com

 

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