Opinion de gauche
"Pas de hold up sur nos retraites !" pour le Parti de Gauche de Saône et Loire
Publié le 01 Décembre 2019 à 12h20
Le ton est donné. Maintenant que la réalité future nous est connue, à savoir une baisse des retraites, drastique pour certains corps professionnels, le gouvernement s’arc-boute et renvoie les organisations syndicales et partis politiques à leur supposé corporatisme. On reprend le procès en sorcellerie initié dès la prise de fonction du gouvernement Macron/Philippe en 2017. Il leur va si bien de conforter le développement d’un individualisme qu’ils chérissent, en continuant de creuser les divisions. Ce qu’ils souhaitent avant tout, c’est que chacune et chacun se retrouve face à ses problèmes, sans solidarités, que chacune et chacun s’évertue, pour s’en sortir, à s’y retrouver dans les services en ligne, seulement sur le Web, afin qu’on lui réponde individuellement que son sort est scellé, sans humanité, dans son parcours numérique du combattant.
La retraite par points qui se prépare, c’est une capitalisation individuelle, tout au long d’une carrière, sans garanties minimales. Le principe est d’abandonner la proportionnalité du salaire, de sortir d’une garantie de s’assurer une retraite normalisée, organisée sur le temps long. On le remplace par un montant inconnu à l’avance : le point est amené à varier, surtout vers le bas pour assurer une limite prévue à 14 % du PIB de l’enveloppe globale. Le nombre de retraités, lui, logiquement, continue d’augmenter. Ce changement avant tout économique permet au gouvernement d’éviter tout alignement des retraites sur une quelconque inflation, comme pour les salaires, avec la possibilité de gérer le système des points comme bon lui semble. Les fonctionnaires qui ont leur point gelé depuis 2010 en savent déjà quelque chose.
En écho, le travailler plus pour gagner moins, dans un héritage sarkoziste d’autant plus assumé que ce gouvernement ose tout, détruit tout. Il s’oppose allégrement à toute utopie sociale en proposant la dystopie, le dysfonctionnement global libéralisé, individualisé.
Derrière la communication sur la fin des régimes spéciaux et sur une uniformisation des retraites, il s’agit bien là d’une individualisation à outrance des parcours, sans garanties collectives, sans capacité pour le peuple de gérer collectivement ce qu’une minorité leur impose d’en haut au nom d’un bon sens qui n’est que leurre. Les plus bas salaires perdront 200 à 500 euros de retraite mensuelle, les autres de 600 à 1000 euros.
De cette réforme, tous secteurs confondus, les précaires souffriront le plus, notamment les femmes, plus souvent à temps partiel et touchant moins de primes et de salaires, c’est une inégalité de plus pour elles. Seront aussi particulièrement touchées les carrières interrompues par des arrêts maladie, par des congés parentaux, ou encore par des plans sociaux obligeant à la réduction d’activité. C’est aussi une obligation de partir plus tard pour espérer un taux meilleur, avec une responsabilité aujourd’hui vis-à-vis de notre jeunesse, celle qui souffre déjà de l’absence d’emplois, qui va souffrir encore plus de ne pas avoir de garantie pour son avenir, d’espoir. Les décotes prévues avant 64 ans, les surcotes ensuite, sont des éléments qui repoussent l’âge de la retraite, sans que le président, de surcroît, veuille entendre parler de pénibilité, soucieux de cacher les réalités, soucieux de faire croire en 2020 que le travail doit être considéré comme un gage d’émancipation pour chacune et chacun d’entre nous.
La réforme pour réformer est devenue l’argument phare, comme une nécessité impérieuse, comme un allant de soi. Pourtant, la réalité de cette réforme, c’est l’accroissement des inégalités, sans plus d’observatoire pour la mesurer – le gouvernement l’a supprimé. Ce n’est pas que le système de retraite qui est attaqué, c’est également la garantie d’une solidarité en société. Ce gouvernement crée de la peur, celle de ne pas être sûr de vivre correctement dans l’avenir. Ce gouvernement casse la sécurité collective construite pendant plusieurs décennies, au profit de stratégies qui ne profiteront qu’aux plus aisé.e.s, des stratégies de capitalisations individualisées avec les banques et assurances, de manière privée, comme si c’était leur rôle de gérer, avec profits pécuniaires, notre fin de vie…
Au regard de ces observations, pour toutes ces raisons, le Parti de Gauche s’associe au mouvement de grève du 5 décembre et appelle toutes les citoyennes et tous les citoyens à descendre dans la rue ce jour-là pour montrer leur colère, une colère légitime.
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