TRIBUNAL DE CHALON - Ah oui, c’est vrai ! Sur les attestations de sortie, il n’y a pas de case ‘J’ai envie de faire ce que je veux’ à cocher »

, observe Clémence Perreau, substitut du procureur. Il était plus de 4 heures du matin, le 7 novembre, quand les gendarmes ont contrôlé sur l’aire de la Loyère, monsieur X, qui rentrait chez lui, à Rosny-sous-Bois.

Monsieur X a 27 ans. C’est un adepte de la conduite sans permis qui fume occasionnellement des chichons, parce que ça le détend. Ça le détend si bien que le 8 juin dernier il est contrôlé alors qu’il conduit sans permis, le 9, il obtient son permis de conduite, et le 15 il voit son permis suspendu pour 6 mois car ce tout jeune conducteur roulait à 150 km/h. Il aurait pu le récupérer le 15 de ce mois de novembre. Il avait déjà passé l’examen médical et les tests psychotechniques, motivé, et comme tout était bon, il a pensé que cela lui donnait le droit de... Le véhicule est celui d’un ami. 

 

Positif aux stupéfiants, tout le temps 

Le prévenu s’est cependant tendu, ce 7 novembre, face aux gendarmes. Il s’est « braqué » et il le regrette. Il a refusé de se soumettre aux analyses en vue d’établir s’il conduisait en ayant fait usage de stupéfiants. « Ça ne sert à rien : ça sera positif. » Il a raison : s’il fume tous les deux jours, il est positif tout le temps, finalement. Au fait pourquoi était-il sur la route cette nuit-là ? Il revenait de chez sa tante chez qui il avait passé les trois dernières semaines, à Lyon, parce qu’elle n’allait pas bien. Il était allé lui tenir compagnie, dit-il.

 

Une attestation pas remplie, faute de case à cocher 

Mais pourquoi rouler de nuit ? Pour échapper aux contrôles ? lui demande une juge assesseur. « Ben non. C’est le confinement, alors de base rouler la nuit, c’est risquer plus de contrôles qu’en journée. » Cette pointe de bon sens est en parfait décalage avec toute sa conduite par ailleurs, mais c’est comme ça. Il n’avait pas d’attestation ? « Ben si, mais pas remplie parce qu’il n’y a pas de case pour rentrer à son domicile. »

 

 « Ça commence à faire beaucoup »

Dix fois condamné, entre 2008 (mineur) et 2019, surtout pour des stups, soit usage simple, soit acquisition, etc. Et puis des conduites sans permis. « Ça commence à faire beaucoup, observe le président Dufour. - C’est des délits de jeunesse. Fallait que je grandisse pour comprendre. - Vous mettez le temps, lui répond le juge, et là, vous continuez. » Silence. Il travaille au black, comme mécanicien dans un garage et perçoit le RSA, mais il affirme qu’il aimerait mieux être salarié « pour pouvoir trouver un logement ». Il vit chez son père. 

 

« Son incapacité à respecter la moindre règle »

Il est encore en sursis mis à l’épreuve mais ne le savait pas, parce qu’il n’a pas vu de CPIP, parce qu’erreur sur la destination du dossier confirme la procureur. Il se drogue depuis ses 15 ans, il a une compagne, elle est enceinte. Bébé à venir pour mai. Clémence Perreau, substitut du procureur, constate « son incapacité à respecter la moindre règle », rappelle qu’il est « dangereux de conduire sous stupefiants », requiert une peine mixte (10 mois de prison dont 4 mois assortis d’un sursis probatoire de 2 ans) et deux amendes. 

 

« Il ne peut pas guérir seul de son addiction »

« Il a tout de suite reconnu les faits, plaide maître Peleija. Son addiction ? Il est malade, il l’a dit. Il ne peut pas en guérir seul. Il présente à l’audience un CDI qui engage l’employeur, donc il a un boulot, un enfant à naître, et une compagne qui a besoin de lui. C’est sa dernière chance (de prendre sa vie en main, ndla), il le sait. » 

 

Maintien en détention puis « deux ans sous les radars de la justice »

Le tribunal condamne ce fana du volant à une peine de 14 mois de prison dont 6 mois sont assortis d’un sursis probatoire de 2 ans. Obligation de travailler, de suivre des soins, interdiction de conduire tout véhicule pendant ces 2 ans, « il vous reste le vélo, ou les transports en commun qui ne manquent pas en région parisienne ». 400 euros d’amendes, et maintien en détention. La future mère était venue de Rosny sous Bois, espérant récupérer son jules sur le seuil du centre pénitentiaire. Elle quitte la salle en pleurant. 

 

FSA

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