REGIONALES - Pour Denis Lamard, "le Temps des Cerises est la seule liste claire qui ne soit pas dans l’ambigüité sur ses convictions politiques."

Polémique Platret, extrême droite, Marie-Guite Dufay, choix régionaux... la tête de liste en Saône et Loire pour le Temps des Cerises se livre sans langue de bois aux lecteurs d'info-chalon.com.

Comment expliquez vous votre choix de quitter la majorité régionale pilotée par Marie-Guite Dufay ?

Il y a eu le temps de l’exercice du mandat et maintenant celui de la campagne électorale. Dans une majorité à 1 voix il était de notre responsabilité, les 7 élus sortants apparentés à la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS) et Génération-s, de ne pas bloquer l’institution régionale. Même si le soutien affiché à Macron par la Présidente nous a fortement chagriné. Et puis globalement nous avons fait ce pour quoi nous avons été élus ensemble. Lorsque nous avions des divergences nous les exposions à l’interne. Je n’ai jamais caché vouloir représenter une certaine partie de la gauche au sein de la majorité, une gauche vigilante, mais à un moment donné ça n’est plus possible. Lorsqu’on ne peut plus agir de l’intérieur, il est temps de s’engager publiquement, c’est Le Temps des Cerises.

 Une réaction face aux sorties médiatiques de vos ex collègues, Stéphane Guiguet et Nisrine Zaïbi ?

Leurs réactions ne me surprennent pas. Mais ça n’est pas à moi de distribuer les bons ou mauvais points ; d’autant que tous les deux comme Jérôme Durain sont des camarades avec lesquels j’ai plaisir à travailler. La majorité sortante est une mosaïque fragile. Pour preuve des élus sortants seront présents sur les deux listes de gauche et aussi à droite sur celle du macroniste Thuriot. D’autres sont écartés. Les débats qui n’ont pas été tranchés réapparaissent nécessairement aujourd’hui. En tous cas quand je vois ça, je sais pourquoi j’ai quitté le PS !

Gilles Platret qui tend les bras à Debout la France alors que François Sauvadet se l'était refusé en 2015. Faut-il voir une droitisation toujours plus forte de la région ?

Il y a une porosité évidente entre la droite conservatrice de Platret et les partis extrêmes. Regardez ce qui se passe dans le canton de Pierre-de-Bresse où je réside : le Conseiller départemental sortant Les Républicains, ami de Platret, se représente en 2021 sous la bannière du Rassemblement National ! Et il n’y a qu’à écouter les discours de Platret à la Région, quand il vient, pour se rendre compte de qui il est vraiment ! Les électeurs ne veulent plus de cela, finalement Le Temps des Cerises est la seule liste claire qui ne soit pas dans l’ambigüité sur ses convictions politiques.

Face à un électorat de moins en moins mobilisé et toujours plus clairsemé, comment le Temps des Cerises entend mobiliser ?

Justement car notre liste est celle du renouvellement, de la sincérité et de la clarification ! Il faut entendre les signaux envoyés depuis le 21 avril 2002, l’abstention massive, la crise des gilets jaunes. Les gens nous disent qu’ils veulent que les politiques changent de méthode et rien ne bouge ! Le Temps des Cerises affiche clairement la couleur. Nous savons exactement qui nous voulons représenter et comment. Nous voulons agir utilement pour ceux qui trinquent, pour la planète, pour la jeunesse.

Et d'abord, d'où vient cette idée du Temps des Cerises ?

La chanson « Le Temps des Cerises » est fortement associée à l’insurrection populaire de la Commune dont nous célébrons les 150 ans cette année. C’est aussi l’idée d’un retour certain du printemps porteur d’espoir. C’est l’alliance du rouge vif des combats pour les classes populaires et du vert des causes environnementales pour incarner le nouvel arc social et écologiste que nous portons.

Les projections laissent planer l'extrême droite loin devant en BFC. Etes vous finalement à contre-courant des attentes ?

Notre liste est là pour faire gagner la gauche, pas la faire perdre ! Ceux qui sont à contre courant ce sont ceux qui font croire que la gauche et la droite c’est pareil, car c’est cette politique du « en même temps » qui mène au Front National ! Odoul lui n’en a rien à faire de la Région, il pense juste à son destin personnel et fait de cette élection un marche pied de la Présidentielle. Mais il y a une alternative et si on veut envoyer un avertissement à Macron c’est bien avec le bulletin « Le Temps des Cerises » que cela sera le plus efficace !

Quel bilan faites vous du mandat qui se termine ? Quels sont les points sur lesquels vous êtes en divergence avec la majorité sortante et sur lesquels vous entendez construire votre programme ?

Quand nous avons réalisé le programme pour lequel nous avons été élus ensemble j’ai toujours été d’accord, sur les aspects du vivre ensemble, la sanctuarisation des politiques culturelles, sportives, en faveur de la jeunesse, sur la formation professionnelle aussi.

Mais je considère que sur plusieurs points majeurs nous n’avons pas été suffisamment loin et cela représente nos points durs : l’égalité territoriale ou la défense du service public du train par exemple, il n’est pas acceptable de constater un recul pour les voyageurs en Bourgogne Franche-Comté, la gauche ne peut pas afficher moins de trains, moins de dessertes, moins de gares. Nous avions réussi à repousser le projet d’ouverture à la concurrence de certaines lignes TER mais nous savons par exemple qu’en coulisse les services ont été encouragés à la préparer quand même.

Sur la politique industrielle les divergences sont apparues également, sur la situation de GE à Belfort par exemple nous voulions une opposition claire à l’Etat, y compris dans des procédures, plutôt qu’appeler Macron à la rescousse alors qu’il est lui-même responsable de la situation lorsqu’il était ministre de l’économie !

Enfin sur l’accompagnement des personnels de la Région, notamment des catégories C, qui souffrent, nous n’avons pas été à la hauteur. Il faudra rectifier.

des points de convergence ?

Nous avons comme dénominateur commun d’avoir les mêmes adversaires : l’extrême droite, la droite conservatrice et les libéraux macronistes pour les dégâts causés sur notre territoire. Nous le voyons tous les jours sur la question du recul des services publics, de l’accès aux soins, de la baisse de moyens dans l’éducation, la sécurité, la compétition organisée des territoires qui mène au décrochage de certaines zones de notre région périphérique. Nous n’avons pas tous à gauche la même manière de prendre ces sujets à bras le corps, qu’à cela ne tienne, c’est aux citoyens d’arbitrer pour définir le centre de gravité à gauche. D’ailleurs, la diversité de la gauche n’a jamais été un problème dans notre pays.

Nous souhaitons une campagne sans acrimonie avec personne mais aussi sans concession sur le fond.

Propos recueillis par Laurent Guillaumé - Photo DR

 

Annonces

Pub BFC

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche