Rassemblement contre Bayer-Monsanto et l'agrochimie à Chalon-sur-Saône

Une marche contre l'utilisation de pesticides et les grandes entreprises comme Bayer-Monsanto devait se dérouler pour la 9ème année consécutive à Chalon-sur-Saône mais c'était sans compter une météo peu clémente. Qu'à cela ne tienne, les organisateurs se sont rassemblés sous le parvis de la cathédrale Saint-Vincent, le temps d'un discours. Plus de détails avec Info Chalon.

C'est sur le parvis de la cathédrale Saint-Vincent que se sont rassemblées une quarantaine de personnes hier, samedi 15 mai, à 14 heures 30, dans le cadre de la marche mondiale contre Monsanto-Bayer pour dénoncer les impacts du système agro-industriel, promouvoir une agriculture et une alimentation écologique et autosuffisantes pour tous et surtout exiger la justice environnementale pour les victimes des multinationales agrochimiques.


Les participants ont été accueillis par La Fanfarrosoir, une ambiance festive qui contraste avec la grisaille d'un Chalon aux rues désertées par des piétons fuyant cette pluie froide.


Un rassemblement organisé à l'appel de nombreuses associations telles que Association Chalonnaise pour une Transition Ecologique et citoyenne (ACTE), la Confédération associative pour l'environnement et la nature en Saône-et-Loire (CAPEN 71), Bien Vivre à Chalon, Apiculteur Sans Frontières, Nous Voulons des Coquelicots, les Faucheurs volontaires d'OGM ou la Section Chalonnaise de la Ligue des droits de l'Homme.


À la base, il était question d'une marche mais la météo maussade a obligé les organisateurs à revoir leur plan et c'est donc un rassemblement qui a eu lieu, le temps de quelques prises de parole.


Et c'est Thierry Grosjean, président de la CAPEN 71, qui ouvrait le bal... la CAPEN 71 est appelée à représenter les associations environnementales dans diverses instances départementales et/ou régionales, et son représentant toujours présent pour soutenir les citoyens partout où la nature a besoin de nous.


Membre du collectif Nous voulons des Coquelicots, Thierry partage le micro et le message des Coquelicots par la voix de Sabine Blondeau :


«Le bonheur était dans le pré, les pesticides l'ont tué!», le ton est donné, «des industries patentées nous empoisonnent légalement, se réclamant de méthodes agricoles qualifiées de conventionnelles. Cet empoisonnement est agréé par l'État. Le même qui se dit en guerre sanitaire contre un virus et nous impose un état d'urgence».


«Okay, on est en pleine crise sanitaire, on se masque bon gré, mal gré. Mais c'est quoi les gestes barrières contre les pesticides? Surtout qu'ils ne sont pas que dans l'air pendant les épandages. Ils sont déjà dans l'eau, les sols, l'alimentation, nos organismes... où ils côtoient du plastique... et d'autres saloperies. Et les Chartes des chambres d'agriculture?», interroge ce dernier.


Pour lui, ces Chartes ne sont que «du pipeau, un attrape-couillons qui a abouti à réduire davantage les distances de sécurité sans aucune concertation», alertant sur «ces politiques agricoles soutiennent des modes de production qui nous empoisonnent et négligent la question sanitaire pour les consommateurs» et interrogeant à nouveau :


«Et c'est qui les consommateurs?»


... pour mieux répondre «C'est nous».


«La catastrophe sanitaire nous pend au nez : stérilité, cancers, maladie de Parkinson, autisme, troubles du déficit de l'attention... et de nouvelles pandémies à craindre pour nous et nos enfants», prévient Sabine avant de céder la parole à Marc Bruneau.


«Selon l'ONU, la crise sanitaire de COVID-19 que nous connaissons est une conséquence de la destruction de la biodiversité», explique ce membre de Bien Vivre à Chalon.


«Je vous invite à regarder au dessus de nos têtes. Levez les yeux et comptez les hirondelles et les martinets. La population de martinets a décliné de presque moitié en 20 ans. Comment ne pas rapprocher cette disparition de celle des insectes, dont toutes les populations sont en déclin massif», continue-t-il, rappelant que ce sont «l'État et les pouvoirs publics français qui cautionnent ce système agrochimique mortifère, en n'interdisant pas le glyphosate ou en ré-autorisant les néonicotinoïdes par exemple».


«À Chalon, le maire rate toutes les occasions d'infléchir la tendance et de faire sa part du travail contre l'agrochimie. C'est le cas en 2014 quand il rejetait en conseil municipal un vœu contre l'alcool de libre-échang TAFTA, qui comme tous les accords de libre-échanges mettait en concurrence nos paysans avec ceux du monde entier, pour le plus grand profit des marchands, d'OGM et de poisons», dénonce le militant associatif.


Avant de conclure par : «Les pesticides, on s'en passe ou on en meurt!»


C'est ensuite tour à tour Pascal Pigneret, faucheur volontaire d'OGM, un apiculteur de Fragnes-La Loyère et à nouveau Thierry Grosjean pour la Section Chalonnaise de la LDH pour qui, cette année«la Marche aura une importance toute particulière avec une actualité rythmée par les recours en justice. Il s'agira de réclamer justice et réparations pour les nombreuses victimes des multinationales agrochimiques».

 

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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