TRIBUNAL DE CHALON - « Alors je lui ai dit : c’est ça que tu veux ? » Et il la blesse avec un couteau

Elle dit que « c’est toujours pareil », « on boit tous les deux et ça dégénère ». Après les violences, elle lui fait la gueule, alors il vient s’excuser. Elle veut qu’il rentre à la maison. Mais des policiers l’ont trouvée dehors, en chaussettes, vêtements mouillés, et une plaie saignante en travers du ventre, alors le parquet a engagé des poursuites.

Il a 35 ans, 16 fois condamnés, parfois incarcéré, il boit tant qu’il a déjà le foie malade. Ça fait 20 ans qu’il boit, « mais là, j’envisage vraiment une cure ». Il y a déjà eu des tentatives de sevrage, mais voilà. Il vit sous main de justice (sursis probatoire), et sous Baclofène, Seresta, Méthadone, et binouzes. Après la scène du 12 mai et 48 heures de garde à vue, il est placé en détention provisoire pour être jugé à l’audience de comparutions immédiates de ce lundi 17 mai.

A sa dernière sortie de prison, il est déclaré sans domicile fixe, il est accompagné par l’association Le Pont, et dans l’attente il crèche chez sa compagne. Elle débarque en cours d’audience, accompagnée par un agent de sécurité attentif : elle a bu au-delà de tout, son comportement est électrique, ça peut partir en n’importe quoi à tout instant. Elle aussi, elle prend de la Méthadone et du Baclofène.

Circulez, y a rien à voir

Mercredi dernier, le 12, c’est la police municipale qui se rend allée Louise Michel, à Chalon. On a appelé parce que des cris et des appels au secours. La police municipale reçoit le renfort de la police nationale : la victime est dehors mais elle se cache. On la trouve, choquée, en piteux état, et saignante. Elle refuse toute intervention, refuse de donner le nom de l’agresseur, parce qu’elle ne veut pas qu’il retourne en prison. Circulez, y a rien à voir.

Le 12 mai, ils ont bu. Lui, il dit avoir absorbé « 10 à 15 canettes de bière forte ». Elle dit qu’il lui a passé un couteau sur le ventre (la plaie saignante), il dit que c’était avec une canette, cela change-t-il grand-chose à la violence crue, une violence aux néons, de ce qui a motivé son geste ? « …parce qu’elle n’arrêtait pas de hurler ‘Tu vas me tuer, tu vas me tuer, tu vas me tuer’, alors que j’avais rien fait. Alors je lui ai dit : c’est ça que tu veux ? Et puis voilà. » Quelles conclusions tire-t-il de cette horreur ? « Faut qu’on s’arrête de boire, et puis voilà. »

« Un coup de couteau », « Mais c’est que dalle ! »

Le rapport du juge de l’application des peines explique qu’une peine de détention à domicile n’est pas possible, vu que le prévenu n’a pas de domicile. La victime sanglote. « La position de madame est intéressante, dit Angélique Depetris, substitut du procureur. Elle n’est pas requérante, elle se cache de la police, mais elle dit qu’elle a subi des gifles, des coups, puis un coup de couteau… - Mais c’est que dalle ! l’interrompt la femme en élevant un bras. » La présidente Verger la recadre sèchement et fermement.

« Monsieur conteste, alors, elle essaie de l’aider, en disant ‘on va sauver les meubles’, mais… Dans ce couple, parti comme c’est parti, avec des violences manifestes… » La victime se fait entendre, et la présidente demande à l’agent de sécurité de la faire sortir, elle sanglote d’autant plus. La procureur requiert une peine de 2 ans de prison avec maintien en détention, et la révocation partielle du sursis antérieur. Maître Mirek plaide l’absence d’incapacité (pas de jours d’ITT, cela dit la victime a refusé toute intervention, ndla), l’avocate convient que « c’est une relation toxique pour chacun ».

14 mois, incarcération

Le tribunal condamne le prévenu à une peine de 12 mois de prison avec maintien en détention, et révoque le sursis à hauteur de 2 mois, avec incarcération immédiate. A sa sortie, le sursis probatoire en cours se poursuivra.
Le 12 mai, la police l’a cueilli au domicile, ivre. « C’est toujours pareil », dit-elle.

FSA

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