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Une idée de balade : L’église remarquable de Bard le Régulier veille à l’orient du Morvan
Par Jean-Claude Reynaud
Publié le 21 Août 2024 à 10h11
Ancien prieuré des chanoines de Saint Augustin, l’église remarquable de Bard le Régulier en Cote d’Or est riche par sa construction datant du XIIe siècle et par son mobilier intérieur dont des stalles du XIVe siècle.
Sur la route D15 reliant Saulieu à Autun, niché sur le flanc de la colline calcaire de « la montagne de Bard » (555 m), le village de Bard le Régulier ( 75 habitants ) doit sans doute son nom au mot « Barde », poète et chanteur celte. Le qualificatif de « régulier » est dû à la règle monastique et l’implantation d’un monastère.
Une église de village hors du commun
Cette église remarquable pour ce modeste village du Morvan est un prieuré de chanoines de Saint Augustin, fondé en l’honneur de Saint Jean l’Evangéliste aux environs de 1100, par le Comte de Nevers, lequel possédait des biens à Bard ou Bar.
Unique dans cette région; le monastère connait la plénitude au XIIe et XIIIe siècles. Il reçut des donations de seigneurs alentours et, de vicissitudes en querelles diverses, le monastère a été abandonné par les chanoines en 1725 après avoir été annexé par ordre du Roi au Chapitre Notre Dame de Semur. Les bâtiments désertés se sont écroulés petit à petit à l’exception de l’église utilisées pour le culte paroissial.
Construite en calcaire local, de tonalité grise et extrait d’une carrière toute proche, le roc granitique du Morvan affleure du coté du mur collatéral nord, alors que les choeur est sur un terrain calcaire et argileux. C’est la limite du Morvan et de l’Auxois.

La façade austère avec deux contreforts, laisse entrevoir une nef et deux collatéraux. Le joyau de cette façade est le portail. Deux colonnes cannelés à droite et chevronnées, à gauche supportant deux chapiteaux ornés de feuillages et arc brisé avec en bordure un galon de petites fleurs.
Le clocher octogona, d’inspiration clunisienne, s’élève à la croisée du transept. Le dôme en ardoise, dit à l’impériale, n’est pas celui d’origine. Le plan de l’église est on ne peut plus classique : croix latine, nef avec collatéraux, transept et petites chapelles.
Ce qui est frappant, c’est l’étagement pour atteindre le choeur. Pour y accéder il faut gravir trois séries de marche. C’est une variété de voutes et d’arcs, de piliers cruciformes et altérés par le temps, avec un éclairage donné par une baie occidentale et une vaste rose orientale.
Des stalles riches en sculpture
Le coté merveilleux de cette église est incontestablement les stalles sculptées datant de la fin du XIVe siècle, uniques en Bourgogne, par la richesse du décor. Elles sont au nombre de 30, disposée sur quatre rangs.
Aux extrémités des stalles hautes, sculptées de pittoresques personnages ou animaux : un joueur de musette, un ange, un paysan vêtu d’une « biaude » ou une chèvre, tous soutenus par une colonnette posée sur le dos d’un animal ou d’une bête fantastique semblant écrasée par le poids.

Les stalles basses ont quatre panneaux historiés. Trois d’entre-eux reproduisent la vie de la Vierge. L’Annonciation revêt un grand charme par la douceur des visages sculptés de l’Ange annonciateur et celui surpris de Marie. La Visitation est d’une touchante simplicité ou Elisabeth, mûrie par l’âge, accueille la jeune Vierge Marie. La Nativité est une sculpture originale. En effet la Vierge est étendue sur un lit, protégeant le berceau d’osier ou repose Jésus réchauffé par le boeuf et l’âne devant un Joseph contemplatif.
Les jouées des stalles basses représentent des scènes tirés de l’Evangile comme la Cène ou l’artiste a pu placer les douze Apôtres de la Légende Dorée concernant St Jean l’Evangéliste, patron du Prieuré, à travers les différentes épreuves qu’il a subies pour sa foi ( ébouillanté avec de l’huile, avalant une coupe de poison) et la mort de l’Apôtre.

A tout cet ensemble s’ajoute le statuaire de l’église posé sur des supports riches de symbolisme; l’ancien autel de grès verdâtre et datant du XIIe siècle; le retable en bois sculpté, la statue de St Jean l’Evangéliste datant du XVe siècle et le surprenant et très ancien « tronc de la fabrique » sans oublier les gisants dont celui de Jean de Brazey sur lequel est écrit « Toi qui me regardes je fus ce que tu es et tu seras ce que je suis. Prie pour moi. »
JC Reynaud
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