Chalon sur Saône

Pascale Mauranne, Présidente de l'association Artisans du monde à Chalon se confie à info-chalon.com

Vous présidez l’association Artisans du monde, à Chalon. La quinzaine équitable commence bientôt, pouvez-vous nous expliquer les principes et les enjeux ?

Cette année est la 14e édition de la Quinzaine équitable. Chaque année, un thème est choisi pour orienter l’action de façon plus précise et faire connaître un autre aspect du commerce équitable. Cette année, le thème est en adéquation avec l’Onu qui consacre l’année à l’agriculture familiale et paysanne. L’objectif est d’éradiquer la faim et la pauvreté, d’avoir une meilleure gestion des ressources naturelles, de promouvoir ce la au Sud et au Nord aussi. Nous aussi nous vendons des produits du Nord, de la région, comme la farine et les pâtes alimentaires du Moulin de Corfeuil, un producteur bio dans le Morvan.

Il faut savoir que l’agriculture familiale et paysanne constitue 70% de la production de la nourriture mondiale. Il est nécessaire de la maintenir car elle favorise la biodiversité et multiplie le savoir-faire des paysans.

Pascale Mauranne, une nouvelle association des commerçants de la rue vient de voir le jour ?

Oui, cette association regroupe divers commerçants de la rue des Poulets et de la rue du Blé. Histoire d’animer les deux rues un peu décentrées et d’attirer les clients. La présidente de cette nouvelle association est Pascale Moret-Durand, magasin Asparagus et Phacochère, et la trésorière est la demoiselle du Poudrier d’Amélie.

Qu’est ce que le commerce équitable chez Artisans du monde à Chalon ?

L’important c’est l’idée que veut promouvoir ce commerce. Il s’agit de consommer autrement. Consommer responsable. L’achat ici fait vivre un producteur. Il y a une personne derrière cet achat et c’est une personne qui compte sur moi pour vivre correctement.

Ces producteurs locaux sont-ils isolés ?

Certains oui, mais ce sont plutôt des coopératives qui les regroupent, cela limite les frais de transport et le coût du label Max Haevelaar. Par exemple, le café d’Ethiopie regroupe 215 producteurs et compte 200.000 membres, donc acheter du café d’Ethiopie du commerce équitable c’est participer à la vie de tous ces membres. L’argent récolté est réinvesti dans la coopérative pour l’achat de matériel ou l’entreprise même, ou bien il sert à construire des écoles, à assainir l’eau. Cela permet aux populations défavorisées de vivre correctement de leur travail.

Le ministère de l’économie de ces pays ne s’occupe pas d’eux ?

Il faut savoir que dans ces pays règnent des mafias, la corruption, l’argent ne parvient pas à la population concernée et n’est pas investi pour eux. Il est bien aussi que les gens se prennent en main, d’avoir une incidence sur la vie de leurs concitoyens.

Comment rencontrez-vous ces artisans et producteurs locaux ? Allez-vous sur place ?

Artisans du monde, c’est 150 magasins en France. Une fédération rassemble ces associations/magasins et donne des objectifs d’équité. Les salariés de la Fédération s’occupent de la centrale d’achat appelée Solidarmonde et les magasins se fournissent là. La Fédération va voir les producteurs sur place une fois par an pour le suivi de la collaboration. La Fédération propose des actions régulières pour sensibiliser les gens au commerce équitable et faire connaître les conditions de vie des habitants des divers pays dans le monde. Il est difficile de faire vivre une petite production, d’être bio, de défendre l’équitable. Les conditions de corruption, de guerre, de sécheresse rendent la vie précaire, souvent dangereuse.

Le mois dernier, la Fédération a proposé une action le jour anniversaire de l’effondrement de l’usine textile au Bangladesh. Artisans du monde était sur le stand de Givry pour rappeler les conditions de travail des ouvrières du textile, celles qui ont survécu et qui sont blessées ou handicapées suite à l’effondrement de ce bâtiment, car elles n’ont pas encore reçu la compensation financière de la part des grands groupes comme Carrefour.

Artisans du monde à Chalon, ce sont des bénévoles…

C’est une association loi 1901, qui compte une cinquantaine d’adhérents, la moitié de bénévoles pour tenir la boutique et faire de l’information ou éducation dans les milieux publics ou scolaires.

Pour la Quinzaine du commerce équitable, que proposez-vous ?

Chaque année nous organisons des petits déjeuners solidaires et nous nous déplaçons sur les marchés et dans les écoles, mais cette année nous voulons faire connaître le magasin sur place, faire venir les clients.

Il y a des sacs "Soyons tous artisans du monde", "Go green go fair trade" pour être actif. Nous avons des nouveautés comme la vaisselle pour bébé, des bijoux du Chili en argent et verre coloré, de l’encens, des instruments de musique tibétaine… et il y a toujours l’alimentation bio.

Et Pascale Maurane ajoute

Soutenir le commerce équitable, c’est aussi faire vivre les producteurs locaux qui mettent parfois leur vie en danger pour défendre leurs terres. Dernièrement, le producteur du sucre Mascobado a été assassiné aux Philippines pour des raisons politiques et un des moulins a été brûlé immédiatement après. Roméo Capela a consacré toute sa vie à la défense de l’économie locale et à améliorer les conditions de vie des pauvres de son pays. Ce n’est pas simple de faire du commerce équitable là-bas. Alors, nous ici, dans un pays bien sécurisé, on ne meurt pas assassiné pour cela mais nous ne pouvons ignorer les conditions difficiles de ces gens, ni le pouvoir des lobbys et de la corruption que cela génère.

Artisans du monde, boutique de commerce équitable, 8 rue des Poulets.

 

S.B.

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