Chalon sur Saône

Info-Chalon donne la parole aux commerçants du Centre Ville, partenaires d’info-Chalon, sur le confinement et le déconfinement à venir : aujourd’hui, Nelly Pereira du magasin RougeGorge Lingerie

A suivre très prochainement, les interviews des autres commerçants !

Info-chalon a interviewé Nelly Pereira, la gérante de cette jolie boutique située 61 Grande Rue à Chalon-sur-Saône, qui propose à sa clientèle une large gamme de produits de qualité et pensés pour votre féminité.

Comment avez-vous vécu le confinement en tant que commerçante ?

« Le commerce, c'est un métier de contacts, de conseils, d'accompagnement, de relations humaines avant tout. Donc bien évidemment, être coupée du jour au lendemain de ces échanges est compliqué. On se retrouve un peu orphelin de notre clientèle qui nous manque et qu'on a hâte de retrouver ! ».

Etes-vous restée en contact avec votre clientèle et par quels réseaux (sociaux, téléphoniques où autres… et quelles relations avez-vous eu avec eux ?)

« Nous avons la chance à l'époque actuelle d'avoir une multitude de moyens de communication qui permettent de garder le contact, même à distance. En ce qui concerne mon commerce, j'anime une page facebook https://www.facebook.com/RGchalonsursaone/ qui m'a permis de maintenir le lien avec mes clientes, d'alléger un peu leur quotidien avec des publications tantôt drôles, tantôt informatives sur nos produits, mais toujours dans un esprit léger et joyeux, comme nous le savons le faire en boutique... Et j'ai eu le plaisir de recevoir des petits messages d'encouragements et de soutien de la part de certaines d'entre elles, ça m'a fait très chaud au cœur ainsi qu'à mon équipe ! ».

Quelles ont été les questions récurrentes et les problématiques auxquelles votre commerce a dû s’adapter lors du confinement ?

« La question de la fermeture totale et donc de l'absence de chiffre d'affaires a tout remis en cause : le paiement de mes employées tout d'abord, mais également le versement des nombreuses charges qui ont de quoi plonger dans l'angoisse n'importe quel chef d'entreprise qui voit son CA réduit à néant. La collaboration avec les banques est à ce moment-là essentielle ! Mais d'autres charges, simplement décalées mais que nous devrons tôt ou tard régler, demeurent un poids financier très lourd... ! ».

Qu’est-ce que le confinement a engendré sur votre commerce (collection …) et à combien estimez vous les pertes pécuniaires à cause du Covid 19 ?

« Nous avions réceptionné avant le confinement plusieurs collections d'avance, que nous allons pouvoir proposer dès la réouverture (ou les jours qui vont suivre) à nos clientes. Etant affiliée de l'enseigne Rougegorge Lingerie, je suis dépendante de leurs décisions dans ce domaine, mais je leur fait entièrement confiance pour gérer au mieux cette problématique. En terme de perte de CA, le mois de mars a enregistré une baisse de 60%, avril 100% et mai pour l'instant nous tablons sur -50% . C'est colossal sur une année ».

Comment entrevoyez-vous le déconfinement ?

« Je pense que ça va être une période très délicate, qu'il faut aborder avec le plus de sécurité sanitaire possible afin de protéger nos clients, nos employées et nous-mêmes, sans pour autant que cela nuise à nos commerces. Nous avons reçu un cahier des charges très strict et très complet, élaboré avec la médecine du travail, afin de mettre en place des procédures qui garantissent des normes de sécurité optimales pour nos commerces. Il y a aura bien sûr une phase d'adaptation, mais je sais compter sur le professionnalisme de mon équipe pour adopter rapidement les bons gestes, mais aussi sur la bienveillance de ma clientèle qui comprendra ces changements ! ».

Etes-vous pour ou contre le déconfinement et pourquoi ?

« Je pense qu'il n'y a pas de bonnes ou mauvaises solutions, mais il faut adapter la moins pire. Ce qui est sûr, c'est que le déconfinement est beaucoup plus délicat à mettre en place que le confinement. Le déconfinement peut se faire dès lors que les règles sanitaires de base sont respectées, que chacun soit protégé et protège l'autre. Je suis heureuse de pouvoir accueillir de nouveau ma clientèle, mais je veux aussi rester vigilante sur les enjeux sanitaires... le vrai défi va être de concilier les deux ! ».

Dés lors qu’il sera mis en place, quelles seront les prérogatives pour accueillir le public ?

« Pour faire suite à la précédente question, l'accueil sera limité à 6 personnes à la fois dans notre boutique. Nous demanderons à notre clientèle le port systématique du masque avant d'entrer en magasin, et le passage des mains au gel hydro alcoolique. Nous leur en mettrons à disposition dès l'entrée du magasin.

Nous porterons nous-mêmes des masques jetables, changés toutes les 4 heures ; j'ai également prévu des visières plastiques. Le nettoyage des mains se fera systématiquement après chaque client.

Les essayages seront bien entendu autorisés, et chaque produit essayé mais non acheté sera automatiquement passé au défroisseur (nettoyeur vapeur haute pression) et laissé de côté pendant 3 heures avant d'être remis en rayon. Chaque cabine occupée sera entièrement nettoyée au virucide, le rideau passé au défroisseur et la cabine condamnée pendant 3 heures.

Le terminal de paiement sera entièrement filmé et le film changé chaque soir. A ce propos, nous demanderons à nos clientes de privilégier les paiements CB afin de limiter les échanges avec les espèces. Enfin la boutique fera l'objet d'un nettoyage approfondi chaque fin de journée avec notamment le passage d'un virucide sur toutes les surfaces de contact ! ».

Pendant le confinement ou le déconfinement à venir de quelles aides avez-vous bénéficiée ou qu’attendez-vous comme aide ?

« Mes employées ont pu bénéficier du chômage partiel et mon entreprise a pu décaler ses échéances de prêts, ainsi que le report de certaines charges. J'ai également pu bénéficier des 1500 euros en mars et en avril, qui m'ont permis de régler les charges qui n'ont pu être décalées. Mais comme tous les chefs d'entreprise notamment des TPE, nous espérons une exonérations des charges patronales et salariales, et non un simple report ; nous ne rattraperons jamais le chiffre d'affaires que nous aurions dû faire, et payer plus tard, c'est la double peine, d'autant que si l'on se base sur ce qu'il se passe dans les autres pays qui ont déjà ré-ouverts leurs commerces, le trafic reste très faible et les ventes peinent à décoller. Il faudra du temps avant de rééquilibrer nos comptes, si nous y parvenons, et je crains que beaucoup d'entre nous doivent baisser définitivement le rideau...

Je crois que dans l'ensemble, les banques ont joué leur rôle et ont su être réactives, en tous les cas en ce qui me concerne (et j'en profite ici pour remercier ma banquière !); les aides gouvernementales ont permis aussi de limiter la casse et donner une petite bulle d'air, mais pour combien de temps ? Et on attend toujours un geste fort des compagnies d'assurances qui se drapent derrière leurs prérogatives contractuelles et ne montrent aucune solidarité... Nous savons tous que le système même des assurances ne permet pas d'indemniser tout le monde à 100% sur leur perte d'exploitation, mais il ne me semble pas impossible de réfléchir à réinjecter une partie des bénéfices engrangés grâce à la baisse drastique des accidents de voiture par exemple. Il existe certainement des solutions, encore faut-il en avoir le courage et la volonté... ! ».

J.P.B

 

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