Journée Internationale des droits des femmes

Femmes à l'honneur - Rencontre avec Eve Uhlmann 

Étudiante en chant lyrique et élève en classe préparatoire aux écoles supérieures de musique au Conservatoire du Grand Chalon, Ève Uhlmann a une idée bien arrêtée sur cette journée du 8 mars.

Une rencontre…

Originaire d’Aix-en-Provence, Ève Uhlmann pratique d’abord le piano puis commence le chant à l’âge de 16 ans. À 22 ans, élève d’Hubert Humeau, professeur au Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) du Grand Chalon, la jeune femme, vivant une année charnière, passera son DEM ( Diplôme d’Etudes Musicales) dans quelques mois et prépare également des concours d’importance afin d’intégrer un pôle d’enseignement supérieur. Après quelques années d’études encore, elle pourra se lancer dans une carrière de soliste.

Si depuis son jeune âge, elle cultive son goût pour la musique, elle fait néanmoins une année d’Arts Plastiques mais le chant reprend le dessus. Pourtant, son tout premier professeur tente de l’en dissuader : « avec ce physique, vous pourriez faire hôtesse de l’air » lui lance-t-il, créant de l’incompréhension chez la jeune femme, mais Ève Uhlmann sait ce qu’elle veut et elle a de la voix. Elle trouve au CRR du Grand Chalon une ambiance familiale, des professeurs exigeants mais bienveillants. « Dans ce milieu du chant lyrique, il y a beaucoup de femmes, peu d’hommes, ceux-ci sont donc favorisés et ont accès plus facilement aux places qui leur sont dédiées. Les directeurs d’opéra et les metteurs en scène sont souvent des hommes même si les choses tendent à évoluer vers une féminisation. », nous fait-elle remarquer, « tout comme quand les femmes dans le spectacle montent sur scène apprêtées, les remarques désobligeantes de la part de certains hommes sont plus faciles, « naturelles » », regrette-t-elle. 

Une question…

Que pensez-vous de cette journée du 8 mars ? J’avais beaucoup de mal avec cette journée avant de me renseigner. Un jour, c’est un peu dévalorisant. En faisant des recherches, j’ai découvert que l’intitulé exact de cette journée était « Journée internationale des droits des femmes », ce qui me réconcilie un peu avec le 8 mars car cela change la donne. Certains font de cette journée une Saint-Valentin bis, et sont invités à offrir des fleurs ou des chocolats. C’est décevant que le but de cette journée soit détourné, nous n’avons pas besoin de cela ! Les médias devraient plus informer des batailles qui nous restent à mener pour plus d’égalité. De plus, malheureusement encore aujourd’hui dans un pays comme le nôtre, quasiment toutes les femmes ont eu un jour des remarques déplacées, c’est inacceptable ! Je me rends compte que l’on a une représentation très précise de la femme. Il faut que cette journée soit une journée de lutte pour les droits des femmes qui amène à une prise de conscience et non pas une journée, commerciale, où l’on ramène encore la femme à un statut d’objet.

SBR

Photo illustration transmise par Ève Uhlmann pour publication. Photo article : SBR

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