Sport

Squash, badminton, what else ? Henri Genot, le boss des Rotondes !

Si je vous parlais de sports de raquette ? Eh non ! il n’y a pas que le tennis… Il y a aussi le squash et le badminton qui, contrairement aux idées reçues, ont des vertus inattendues. Ils sont la spécialité et la passion d’Henri Genot, le premier à les avoir proposés dans le Chalonnais — voire la Bourgogne — au Club des Rotondes. Une entreprise qui roule et rebondit depuis 33 ans.

Henri Genot n’a jamais pensé qu’à ça : ouvrir sa propre salle de sport. D’autant qu’il a été biberonné au sport depuis son enfance : « Mon père était très sportif, il a donc inscrit ses enfants à l’ECA (Entente Chalonnaise d’Athlétisme) ; je pratiquais aussi le judo, le hand… Depuis le départ, je voulais en faire mon métier, mais à l’époque, ma famille pensait qu’il n’y avait pas de débouchés. »

Un projet longuement mûri

Henri est patient, tenace. Il ne renonce pas à son idée, elle viendra à temps et il s’en donnera les moyens. Après des études de peintre décorateur près de La Rochelle, chez un Meilleur ouvrier de France, il travaille à Chalon auprès de Joël Dodille, peintre en lettres et décorateur. Puis il enchaîne les chantiers pendant 6 ans, à l’étranger pour l’essentiel, le temps d’amasser suffisamment d’argent pour servir son projet. Les vieilles pierres des palais et la décoration d’intérieur deviennent son quotidien à Londres (Kensington Palace), en Arabie saoudite, à Abu Dhabi, dans le désert algérien, Oran… On dit que les voyages forment la jeunesse ; dans le cas d’Henri Genot, ils ont aussi aiguisé sa persévérance. Mais 6 années d’allers-retours éloignent aussi les contacts, les amis. Et la solitude des chantiers, pour un jeune homme, n’est bonne qu’un temps. Henri décide de rentrer, les poches pleines de ses efforts.

Le 1er club de squash en Bourgogne

Le club des Rotondes ouvrira ses portes en juin 1987 sur la commune de Châtenoy-le-Royal et, disons-le franchement, c’était sans le soutien de la mairie, aussi frileuse que les banques. « Personne ne croyait en ce projet : le squash n’était pas reconnu en France à l’époque, il n’y avait aucune fédération. » Dès lors, Henri Genot ne compte que sur lui-même. Tout ce qu’il a gagné dans ses années de chantier, il l’investit : « Les Rotondes étaient une ancienne gare de triage. Le sol était en terre battue, il n’y avait pas d’électricité, juste un toit, une façade. La municipalité voulait en faire un centre commercial, avec des magasins à chaque porte, mais ça n’a jamais pris. Donc on a tout construit, de A à Z. » Le squash, lointain parent du jeu de paume, est très répandu en Angleterre, et curieusement, c’est en Allemagne qu’Henri le découvre. L’idée d’ouvrir un club de squash a germé, le projet prend forme, mais la clientèle est encore inexistante, hormis quelques tennismen qui viennent découvrir un nouveau sport de raquette. On l’a dit, Henri Genot avance coute que coute, à la force du poignet. C’est comme les coups de squash, tout est dans le poignet… Il se lance alors dans la compétition de squash pour faire connaître ce nouveau sport, pour en faire une vitrine. Il démarche les entreprises, les centres de loisirs et, épaulé par son père, crée une clientèle régulière en 3 ans. Au passage, il décroche plusieurs fois le titre de champion de Bourgogne et participe aux tournois OPEN sur toute la France, ce qui n’est pas rien pour sa publicité. « Au début, je ne pensais pas rester longtemps dans ce métier, confie-t-il. L’amplitude horaire est énorme, je travaillais de 9 h à 22 h à cette époque. Et je partais tous les week-ends pour les matches. Mon père m’aidait beaucoup : il tenait la boutique et entrainait les joueurs juniors. Finalement, ça fera 33 ans en juin 2020  ! »

La municipalité se montre peu conciliante, malgré le monde que draine le club, et elle refusera de vendre à Henri qui souhaite s’agrandir pour créer un court de squash supplémentaire. Après 13 ans de location à Châtenoy-le-Royal, l’agrandissement du club se fera ailleurs. Et puisqu’il a tout investi dans ce club, il laissera l’endroit dans l’état où il l’a trouvé : en deux temps trois mouvements, la pelleteuse mettra à terre ce qu’il a bâti. Parenthèse fermée.

Rebâtir ailleurs et plus grand

C’est à Saint-Rémy qu’il achète un terrain et son bâtiment, qui deviendra le nouveau Club des Rotondes : « L’année où j’ai déménagé, je construisais ici et je tenais le club là-bas ; je fermais à 22 h à Châtenoy et je revenais à Saint-Rémy pour tout reconstruire. On a ouvert en janvier 2000, j’ai passé Noël et le Jour de l’An à peindre » précise-t-il dans un sourire.

Offrir de nouvelles activités, c’est prendre un risque, mais Henri est entrainé « J’aime la compétition, donc les défis » explique-t-il. En 2005, il construira une extension et 3 courts de bad viendront s’ajouter aux 4 courts de squash. « Je me suis donc mis au badminton. C’est un peu moins technique que le squash, il y a moins de coups. Je ne pouvais pas faire les deux en compétition, il fallait choisir, j’ai continué la compétition de squash. »

Il n’y a pas d’offre de foot en salle à Chalon ? Qu’à cela ne tienne  ! « J’ai lancé le soccer (foot en salle) avec deux courts : un 3x3 et un 2x2 (c’est le nombre de joueurs), et j’ai supprimé le 2x2 parce qu’il y avait trop de blessures. » Une table de ping-pong et un espace cardio-musculation avec 16 machines complèteront les équipements. Le Club des Rotondes va-t-il encore s’étendre et proposer de nouvelles activités ? Pour l’heure, il fêtera ses 20 ans à Saint-Rémy en juin 2020.

Les disciples de l’entraineur

Faire partager ses connaissances techniques fait aussi partie de sa vocation : Henri Genot donne des cours pour adultes et enfants. Et des élèves, il en a entrainé beaucoup depuis 33 ans ! Certains ont décroché des titres de champion, comme Alice Baridon-Cédolin, championne de la région Île-de-France, Lucile Rousseau, championne de Bourgogne et son frère, Maxime-Olivier Rousseau, ou encore Valentin Magdelaine. Ces disciples-là ont tous leur coupure de journal saluant leurs victoires. Actuellement, le plus jeune élève classé se nomme Baptiste Laffite, 14 ans, qui a commencé très tôt le squash. « Les enfants peuvent commencer le squash ou le badminton dès l’âge de 5 ans », précise l’entraineur. 

Si, le squash est bon pour la santé  !

À une époque, le squash a pâti d’une réputation de sport dangereux, trainant ses vieilles casseroles de contre-indications médicales. Aujourd’hui, des études ont montré que, à condition de prendre quelques précautions, les sports de raquette sont les plus efficaces pour diminuer les risques de mortalité liée à une maladie cardiovasculaire. Quant au squash, il est le deuxième sport, après le ski nordique, en termes de dépense calorique. Idéal pour perdre du poids donc. Mais est-il utile de le rappeler ? Le sport en général est bénéfique pour la santé et plus efficace pour protéger le cœur que tous les médicaments. À vos raquettes, donc  !

Nathalie DUNAND
[email protected]

www.squashdesrotondes.com

1, rue du Petit Charrot

71100 St-Rémy

Tél. : 03 85 48 56 06

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