Sud de l'agglomération

Annick Bourbon Rochette, romancière du Sud Chalonnais vient de sortir son premier roman

Annick Bourbon Rochette a accordé une interview à Info Chalon. Son premier roman « Les fantômes du futur » est paru aux éditions Baudelaire, en juin dernier.

Vous étiez professeur de lettres. Avez-vous toujours été passionnée par la littérature ?

Je suis passionnée de littérature depuis ma plus tendre enfance. Mes parents m’avaient même emmenée chez le médecin car je lisais trop et je vivais dans un monde imaginaire. En effet j’adorais les contes, les légendes, la mythologie...

Une profession en lien avec le monde littéraire me semblait évidente. J’ai souhaité devenir professeur de lettres pour partager ma passion. J’ai travaillé dans plusieurs collèges : Buxy, Tournus, Sennecey-le-Grand… Puis j’ai porté des projets dans ce domaine quand je fus nommée chef d’établissement. 

Finalement l’autorité et la discipline ne m’intéressaient pas.

J’ai décidé de récupérer ma vie car je la vouais trop au service des autres. J’ai donc pris ma retraite et j’ai créé un blog essentiellement littéraire.

Est-ce que l’écriture a toujours fait partie de votre vie ? 

Dans le passé, je n’avais aucun projet particulier. J’ai rédigé un cours de grammaire pour le CNED, divers textes qui furent publiés et quelques articles, notamment sur Max Jacob. Mais aucun écrit ne ressemblait à un roman.

Comment est né votre premier livre ?

 La canicule et la sécheresse de l’été 2018 m’ont angoissée. J’ai pris conscience de l’avenir compliqué légué à nos petits-enfants.

Je pus mieux gérer mon angoisse en imaginant une histoire qui finit bien. L’écrire fut vraiment thérapeutique.

Au début, je désirai louer cette belle planète, ce beau cadeau de la vie que nous avions ravagé. En fait les idées fusaient. Elles venaient la nuit et je les écrivais le jour. Elles étaient transcrites dans le désordre. 

Mon entourage m’encouragea à transformer ce texte en livre. C’est ainsi qu’est né mon roman « Les fantômes du Futur ». Je l’ai rédigé en quatre mois. En fait mon objectif fut rapidement de partager ma prise de conscience quant à l’avenir de l’humanité. Je voulais dire aux lecteurs : « Réveillez-vous ! Ce que l’on a est si beau et si précieux ! Cela vaut-il le coup de tout mettre en danger à cause de nos modes de vie ?

Je dus atténuer mon ressenti pour que les gens progressent dans leur prise de conscience. En effet nous devons comprendre que les jeunes font des actions car ils se battent pour leur avenir. Le monde change vite !

Suite aux premiers retours sur mon livre, j’ai constaté que de nombreuses personnes ne saisissent pas l’urgence de la situation. Elles ne se sentent pas suffisamment concernées pour réduire leur confort.

Pourtant par exemple, on peut aisément diminuer l’utilisation du plastique. Ce qui compte, c’est d’essayer et d’avancer !

Pouvez-vous nous résumer l’essentiel de votre livre ?

 L’histoire se passe dans un même lieu mais elle traverse le temps. 

En 2018, Karen se promène avec une amie. Elle lui confie son angoisse sur l’avenir de la planète compromis par le dérèglement climatique.

Quelques siècles auparavant, un miroir magique avait informé des Gaulois de l’avenir inquiétant du lieu. Aussitôt ils avaient tenté de prévenir les futurs habitants, en influant sur leurs rêves.

C’est ainsi qu’au XXIe siècle Karen a compris qu’il fallait réagir et sauver la beauté du monde. Elle va devoir quitter son confort. Elle accueillera de plus en plus de gens après diverses catastrophes, des incidents nucléaires, des incendies… Ces déluges transformeront sa maison en véritable arche.

Comme la vie deviendra de plus en plus difficile, ces individus devront établir un mode de vie basé sur l’entente et la vie en groupe.

Dans cette histoire, j’ai veillé à transcrire un équilibre entre les choses positives et négatives. J’ai pensé que la perte en confort allait peut-être renforcer les rapports humains. En effet les périodes de crise révèlent le pire mais aussi le meilleur des êtres. 

Ces personnes survivront-elles ? Cette question explique le titre « Les fantômes du futur » car la destinée de ceux qui n’existent pas encore dépend du choix des vivants.

La deuxième partie de l’ouvrage raconte l’histoire de leur descendance, entre 2018 et 2204. Cette communauté devra tenir compte des erreurs passées pour reconstruire                             une société meilleure et mieux organisée. Elle devra imaginer de nouvelles façons de vivre ensemble, politiquement mais aussi spirituellement.

Ce roman de science-fiction tente de faire « bouger les lignes » mais il permet à chaque lecteur de prendre ce qu’il veut. 

Certains auteurs vous ont-ils influencée ?

 Je lis de préférence de la littérature classique si difficile à égaler.

J’aime beaucoup Saint-John Perse notamment ses poèmes et Gustave Flaubert.                  

Dans les contemporains, j’ai de l’admiration pour l’écrivaine Fred Vargas.

On peut retrouver mes coups de cœur littéraires sur mon site « le blog d’Annbourgogne ».

Avez-vous encore le temps de lire ?

Actuellement,  je lis deux ouvrages qui traitent de collapsologie: « Devant l’effondrement » le dernier livre d’Yves Cochet et « Face à l’effondrement, si j’étais maire ? » coécrit par M. Boisson et M. Holbecq.

Quelles sont vos autres passions ? 

 Il est vrai que j’ai d’autres occupations. J’anime un atelier d’écriture à l’université populaire du Chalonnais. Je pratique la randonnée et le Tai Chi taoïste. J’écoute de la musique. Mais ma plus grande passion, ce sont mes petits-enfants.

Avez-vous un autre projet d’écriture ?

 J’écris la suite du roman. La petite fille présente à la fin de mon livre deviendra l’héroïne du tome 2. Mais je laisse aux lecteurs le plaisir de découvrir la suite.

Quelle est votre actualité ?  

Je serai présente et je dédicacerai mon livre :

  • le 26 octobre à librairie Develay de Villefranche-sur-Saône 
  • le 27 octobre à la Fête du livre de Saulieu 
  • le 16 novembre à la librairie Le forum de Louhans
  • le 24 novembre au salon du livre de Lux
  • le 30 novembre, au magasin Auchan de Macon.

Un mot pour la fin ?

C’est un roman qui se dévore. Plusieurs lecteurs m’ont dit qu’on avait toujours envie de connaître la suite. Avec « les fantômes du futur », il y a un avant et un après. Ce livre fait réfléchir.

 

Propos recueillis par P.REGENET

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