Chalon sur Saône

Offenbach chanté par l’ECC, il fallait le faire !

Avec seulement deux concerts de grande qualité, dans une musique aux aspects festifs, l’Ensemble Choral Chalonnais a réussi en prenant la voie d’Offenbach.

Que ce soit dans la minuscule salle des Charreaux à Chalon-sur-Saône qui a quasiment fait le plein ou cet élégant et joli théâtre des Copiaux à Chagny, trop étroit avec des places toutes occupées et certainement mieux adapté pour ce type de concert, l’Ensemble Choral Chalonnais (ECC) a vraiment «  emballé » son public.

Un réel exploit pour ce choeur plutôt habitué à donner des oeuvres du type « La Passion selon St Mathieu » de Bach ou « Light Mass » pour choeur et trio jazz de Vytautas Miškinis.
Un exploit pour l’ensemble des interprètes : solistes, choristes, pianiste et chef de choeur pour tenir durant près d’une heure et demie sur scène sans temps de repos, sans compter la répétition préalable pour « ajuster » le concert à la salle.
Un exploit surtout dans le choix voulu par le chef de choeur, Thibaut Casters, de se lancer dans une telle interprétation d’une dizaine d’airs et choeurs d’Opéras écrits par Jacques Offenbach, ce musicien né à Cologne et dont il est dit de lui qu’il est « le Mozart des Champs Elysées ».

Tout un programme pour définir cette époque de la fin du 19e siècle, un peu folle et gaie, dans un Paris adorant ce type de musique attrayante, pétillante et entrainante, pour preuve cette « Vie Parisienne » vivant exemple musical encore aujourd’hui sur de nombreuses scènes du monde.
Des opéras parfaitement adaptés à l’esprit du moment, un peu comme le faisait un siècle plus tôt des Molière ou La Fontaine : on se moque en riant de certains, mais surtout pour Offenbach en chantant. Que dire de la Belle Hélène, la Péricole, Orphée aux enfers, qui ont été interprétés durant ces deux concerts.

Mais l’apothéose pour l’ECC restera dans les esprits avec les interprétations de plusieurs pièces des Contes d’Offmann, cet opéra fantastique que le compositeur ne verra jamais étant décédé quatre mois avant la création.
Un opéra en trois actes qui, de toute évidence, met en valeur solistes et choristes. La pureté cristalline de la soprano, Cécile Coulomb ou la voix chaude et enrobante de la mezzo Thi-Lien Truong, toutes deux ont indiscutablement, et à juste titre, été ovationné par le public et ce dans les deux salles de représentations.
Bien évidemment on ne saurait trop dire l’importance de l’accompagnement au piano de l’excellent Raphaël Plet, autre élément majeur de ces deux concerts.

Tout un travail en profondeur voulu et dirigé par le directeur artistique et chef de choeur, Thibaut Casters. Un homme qui aime faire entrer le public dans les interprétations de son choeur, par des explications historiques, mais surtout pour que le public apprécie cette copie quasi parfaite rendue par le choeur. Un public qui aurait aimé continuer sur cette folie du final, cette folie du galop infernal qui fera, quelques décennies plus tard, dansé la troupe de Mlle Eglantine du French Cancan.

Des tels concerts mériteraient d’être rejouer encore. S’il est un lieu qui se prêterait magnifiquement bien, c’est le Théâtre Piccolo de Chalon-sur-Saône, rue aux Fèvres. Il serait assuré là aussi de faire le plein. Mais l’ECC est une association aux ressources très limitées pour investir un tel lieu. Qui sait ? Peut-être qu’un geste très généreux de la collectivité locale qui gère ce théâtre permettrait de réaliser ce ou ces concerts, car la musique d’Offenbach apporte un vent de bonne humeur et cela fait du bien. A votre bon choeur !

JC Reynaud

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