Bourgogne

REGION BOURGOGNE-FRANCHE COMTE - Les inquiétudes de Marie-Guite Dufay

La Présidente du Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté veut être offensive sur le terrain de l’emploi, du soutien à l’agriculture et notamment à la filière bio, mais s’inquiète de voir l’Etat lui enlever 20 millions d’euros…

Elle n’était pas mardi aux côtés de Benjamin Griveaux quand il a visité plusieurs entreprises en Saône et Loire, mais ce mercredi, elle a marché sur les mêmes eaux quand elle a parlé emploi et formation, en pointant du doigt le déficit d’image de l’industrie auprès des jeunes», avec derrière de vraies difficultés de recrutement pour les entreprises industrielles.
«Sur le sujet spécifique de l’emploi et de la formation, on a décidé d’engager un travail d’animation, deux fois par an, en direction des acteurs économiques et des élus. Les entreprises connaissent un regain d’activités et ne trouvent pas les salariés dont elles ont besoin. Il y a problème de gestion prévisionnelle, mais aussi de sensibilisation aux métiers de l’industrie» a ainsi déclaré Marie-Guite Dufay. Et de pousuivre :
«Nous irons sur tous les territoires, car de Sens à Saint-Claude ce ne sont pas les mêmes problématiques. Dix réunions à partir de novembre. Je les piloterai moi-même avec la Préfète. Des élus régionaux seront référents.
Viser le court terme, le moyen terme et le long terme. Pouvoir former rapidement des demandeurs d’emplois. Ouvrir la carte des formations, avec des CAP et des Bacs Pros».
A Mâcon, le référent sera Jérôme Durain, au Creusot ce sera Franck Charlier.
Marie-Guite Dufay est catégorique : «Il y a aussi l’image que véhiculent les métiers. Le déficit d’image renvoie à un problème d’orientation».
En ce sens, elle a rappelé : «On a mis en place un plan d’urgence pour PSA et GE. Les entreprises ont fait le point sur la campagne de recrutement. Il y a eu mobilisation. On a participé avec le fond d’appui à la professionnalisation. La priorité c’est que les demandeurs d’emplois puissent être formés.
L’annonce de la relocalisation de Peugeot, avec 2000 emplois, est devenu un casse-tête. Il y a un problème de pré-formation. Mais quand on offre que des emplois d’intérim, on peut comprendre que des personnes recherchent ailleurs».
Après quoi Marie-Guite Dufay a abordé le champ des moyens financiers dont la région dispose : «Près de 2 ans après notre arrivée, j’ai conscience d’avoir une équipe qui a une feuille de route extrêmement solide. Mais un contexte national qui ne nous facilite pas les choses. Ce n’est pas la première fois que l’on voit des restrictions financières importantes. Mais il y a aujourd’hui eu une douche écossaise. Je rappelle que grâce à Manuel Valls, il avait été mis en place que les recettes des Régions soient une part de TVA, avec une augmentation mécanique. C’était une grande avancée.
Dans un premier temps, elle n’avait pas été remise en cause. Mais on nous a ensuite annoncé une baisse de 450 millions, de 20 millions pour la Région Bourgogne – Franche-Comté, correspondant au transfert de la compétence économique des départements aux régions.
On est très mal et on ne perd pas espoir de se faire entendre. Au congrès des Régions on a eu le sentiment d’un dialogue de sourd, alors même que ce que le gouvernement engage va dans le sens de ce que l’on fait dans les Régions».
La Présidente de Région insiste : «Les 20 millions on les avait attribué à l’agriculture, au tourisme. Il va falloir revoir des crédits à la baisse. On va devoir geler des interventions.
L’Etat, la sécurité sociale, les collectivités doivent traquer les économies. D’accord, mais nous l’avons déjà fait. On est la deuxième région la moins endettée. On s’est donc serré la ceinture depuis plusieurs années, et on va nous demander la même chose qu’à des régions qui n’ont pas fait d’efforts.
J’entends bien l’opposition nous dire de baisser les dépenses de fonctionnement, mais elle ne nous dit pas lesquelles».
Marie-Guite Dufay, au cours du point presse qu’elle a tenu ce mercredi a évidemment abordé la question agricole pour rappeler : «On est passé de 5 à 15 millions d’agriculture. Mais nos leviers ne sont pas que financiers. Il faut que les exploitations retrouvent le chemin de la valeur ajoutée.
Nous avons la volonté d’avoir 50% des achats en circuit court et 20% en bio dans les lycées.  Pour ces objectifs, il faut structurer les filières. On va rentrer dans AgriLocal. La profession m’a proposée la création d’une talk force pour une mobilisation totale pour les circuits courts. Les communes sont avancées sur la question.
Les lycées c’est 15 millions de repas. Ca peut produire un chiffre d’affaire conséquent pour la profession».
Devant les décisions du Ministre de l’Agriculture, Marie-Guite Dufay assure qu’il faut maintenir les aides au maintien des conversions au bio. Les Régions sont incapables de reprendre les aides. C’est un paradoxe, car on ne pourra pas tout mettre. Pour celui qui se convertit c’est très compliqué. Pour avoir des prix acceptables pour le consommateur, il y a besoin d’un soutien.
L’agriculture c’est 44.000 emplois en BFC. L’aide de l’Etat c’était 30 millions, c’est impossible à compenser».
Concernant le dossier de l’internationalisation des entreprises, Marie-Guite Dufay souligne : «Sur l’export, on est la 1ère région de France, en proportion. Si toutes les régions étaient comme nous, on serait au niveau de l’Allemagne.
4 milliards d’euros de plus que nos importations. C’est bien que France 2 parle de nos faiblesses, mais il faut aussi parler de nos atouts».
Sur le développement touristique, la Présidente est catégorique : «Il faut faire venir les Chinois, c’est à notre portée. La question c’est d’avoir les moyens de l’ambition. Car le tourisme c’est 40.000 emplois. On a accès sur l’hébergement qui est insuffisant. On est la première région de France en sites UNESCO».
Pour l’enseignement supérieur et recherche, Marie-Guite Dufay plaide pour la gouvernance fédérale : «Le Creusot est dans une armature jusqu’à Belfort, où tout le monde doit travailler ensemble. Il faut que les étudiants soient attirés par une carte de formation. S’il y a guerre, ma réponse sera une baisse des dotations».

Alain BOLLERY

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