Chalon sur Saône

Tribunal correctionnel de Chalon - Neuf ans de prison pour les deux principaux responsables d’un trafic de stupéfiants

18 prévenus, une année d’enquête, 22 kg d’héroïne saisies en 2008. Vendredi, après deux jours et demi de procès, les juges chalonnais ont mis le point final à une affaire de trafic de stupéfiants qui avait battu un record de saisie. Un réseau qui a approvisionné le Mâconnais et une partie du Chalonnais de 2004 à 2009.

Vingt-deux kilogs d’héroïne trouvés au domicile d’un suspect à Matour. En octobre 2008, la saisie effectuée par les enquêteurs ( des gendarmes et des policiers de trois départements)  après une année de patiente surveillance et d’enquête est la deuxième plus belle prise en France pour l’héroïne. S’ajoutent à l’héroïne plus de 400 gr de cocaïne, des armes et 32.000 euros en liquide. Bref, un beau coup de filet. En 2015, 18 prévenus sont cités, treize présents à l‘audience dont certains ont poursuivi leur relation chaotique avec la drogue. Plusieurs sont sous méthadone, d’autres suivis psychologiquement, d’autres, plus rares ont définitivement coupé leurs liens avec le milieu et renoncé à toute consommation personnelle. « Je regrette beaucoup cette période, reconnaît l’un des prévenus. J’assume mes actes et ce que j’étais mais j’ai fait souffrir ma famille et depuis j’ai totalement changé de vie ».  D’autres se débattent toujours et depuis cette affaire, ont continué leurs allers et retours à la barre des tribunaux locaux, comme ce trentenaire récemment condamné pour conduite sous l’emprise de stupéfiants. A chacun son chemin face à sa dépendance. Au final, pour ce trafic qui rassembla une trentaine de personnes en Saône-et-Loire, la collégiale des juges s’est montrée très fidèle aux réquisitions formulées par le  parquet.

Des réquisitions qui, au fil des responsabilités, se sont étendues de 12 mois avec sursis pour la plus légère, à 12 ans d’emprisonnement. Une sévérité mesurée à l’aulne des dégâts et de l’enrichissement envisageable des deux principaux prévenus, jugés copropriétaires des quantités de drogue saisies. Jusqu’à cet été, l’un deux séjournait sans souci au Maroc. Son arrestation à Mâcon en août  a permis de boucler le dossier et la tenue du procès. Un « consommateur effréné » qui pour assurer sa dose quotidienne n’a eu d’autre choix que de se lancer dans le trafic si l’on croit son avocat, Me Scrève, du barreau de Lyon. Ce dernier, dans une plaidoirie inventaire qui a beaucoup (trop) comparé les peines prononcées lors d’affaires similaires a crié au scandale  face au quantum de la peine réclamée (12 ans). Son client, l’une des deux têtes de trafic, a fui au Maroc dès le lendemain de la perquisition fructueuse chez son collègue de Matour, parti deux ans en détention provisoire. Son client a vécu de l’autre côté de la Méditerranée dans la précarité financière  et « survivait grâce à l’argent envoyé par ses proches ».  « Ces peines-là sont réservées à l’élite du grand banditisme, et ce milieu ne définit pas mon client ». Le tribunal a condamné les deux principaux trafiquants à passer le même nombre d’années derrière les barreaux.

Les peines prononcées ont aussi tenu compte du parcours des prévenus depuis les faits. Deux personnes seulement ont écopé de peines inférieures aux réquisitions. Deux mandats d’arrêt ont été émis. Derrière les deux têtes de réseau, qui doivent aussi chacun régler une amende de 15.000 €, les peines vont de huit mois de prison avec sursis à quatre ans ferme. La moitié des condamnés doivent respecter un sursis assorti d’une mise à l’épreuve avec obligation de soins. En rendant son jugement, la présidente Therme a beaucoup insisté pour que le suivi judiciaire soit respecté à la lettre. Si pour quelques participants, avoir trempé dans un trafic de cette ampleur a utilement servi de coup de semonce en 2008, tous n’y ont pas été sensibles…

F.G.

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