Chalon sur Saône

Quand on se mobilise à Chalon-sur-Saône, c’est toujours pour la bonne cause et dans la plus grande convivialité même lorsqu’il s’agit de parler du cancer du sein et de sa prévention

Dans le cadre de la campagne de prévention contre le cancer du sein (sensibilisation à l’autopalpation et à la consultation préventive), plusieurs initiatives ont été portées sur les réseaux sociaux. Deux femmes d’exception, Josyane Piffaut et Frédérique Molay, l’une photographe de renom, l’autre, auteure de romans policiers à succès, ont fait écho à cette campagne et ont invité à un temps convivial, tous ceux qui ont participé à leurs côtés à cette action. Souhaitant en savoir plus sur le sujet, le Docteur Nathalie Lentz, a bien voulu répondre aux questions d’info-chalon.com

Née en 1967 à Strasbourg, d’aussi loin qu’elle se souvienne, Nathalie LENTZ, a toujours voulu être médecin. Si dans un premier temps, c’est la médecine humanitaire qui l’attire, elle fait le choix de s’orienter vers la gynécologie et l’obstétrique car il s’agit d’une spécialité très complète. Présentant sa thèse  en 1998, elle effectue 2 ans de clinicat au CGFL (Centre Georges François Leclerc) à Dijon où elle pratique la chirurgie du sein. En 2000, elle arrive à la maternité de Chalon-sur-Saône, avant de faire le choix d’une installation en cabinet libéral en 2008.
 
À quel moment une femme doit-elle faire un examen préventif ? 
 
Le dépistage organisé du cancer du sein est mis en place depuis 2004. Il consiste à réaliser des mammographies pour toutes les femmes de plus de 50 ans, tous les deux ans et ce, jusqu’a 74 ans. Avant 50 ans, le dépistage par mammographie reste à l’appréciation de chaque médecin et il sera motivé sur l’histoire familiale, le type de sein (certains seins sont effectivement plus difficiles à surveiller, avec une simple palpation, que d’autres). On peut alors s’aider de la mammographie (avec ou sans échographie) mais cet examen n’est pas la panacée, surtout chez les femmes jeunes. En effet, chez les femmes non ménopausées (donc globalement avant 50 ans) les seins sont très denses et donc, leur exploration par mammographie n’est pas toujours facile. Du coup, le risque de ne pas détecter la présence d’une tumeur n’est pas nul. Actuellement, les dernières recommandations sont de ne pas faire trop de mammographies de dépistage avant 50 ans, car elles sont moyennement fiables et apportent des radiations sur les seins.  Il s’agit donc d’adapter ce dépistage en fonction de chaque femme et cela doit se discuter entre la patiente et son médecin.
 
Dans quels cas consulter ? Quand s'inquiéter ?
 
Contrairement à ce que semblent penser la plupart des femmes, la douleur n’est pas du tout un signe de cancer du sein. Les douleurs sont dues aux variations hormonales normales des femmes et ne sont pas inquiétantes. En revanche, il est prudent de consulter devant la découverte d’un nodule (boule) dans le sein, surtout si celui-ci n’est pas douloureux. La déformation d'un sein ( à type de rides cutanées surtout) et une rougeur, peuvent également être une indication pour consulter. Il y a également les écoulements du sein par le mamelon, s’ils sont unilatéraux, non lactescents (différents du lait et à distance d’un éventuel allaitement) et d’autant plus si ceux-ci sont sanglants. En dernier indice, un aspect d’eczéma croûteux sur un des mamelons peut également être un signe d’appel.
 
L'autopalpation, est-ce un moyen de dépistage efficace ? 
 
Oui, bien sûr, mais il faut que la femme s’habitue à palper ses seins, qu’elle les connaisse car, comme je le disais, certains seins sont plus difficiles à palper que d’autres et présentent des irrégularités dues aux glandes mammaires, ce qui peut s’avérer trompeur. Il est préférable de palper ses seins avec les mains bien à plat, si possible sous la douche avec du savon, ou alors en position couchée.
 
Avez-vous observé que les femmes adhèrent peu à ce moyen de dépistage ?
 
Ceci est très variable d’une femme à l’autre. Il y a celles qui ont ‘peur de se faire peur’ en découvrant une boule et qui, du coup, préfèrent ne rien faire. Ces femmes là peuvent tout à fait pratiquer une palpation annuelle par un professionnel de santé (médecin traitant, médecin du travail, sage-femme, gynécologue). J’en profite pour préciser que les sages-femmes sont tout à fait habilitées à faire le suivi gynécologique d’une femme. Il  y a celles qui font mais qui ont des seins difficiles à palper (les seins volumineux sont plus compliqués à palper que les petits seins.Et il y a celles, plus méticuleuses, qui se palpent régulièrement les seins, qui, du coup, les connaissent bien et sont alors capables de déceler quelque chose d’anormal.
 
Le cancer du sein concerne combien de femmes sur 10 ?
 
Il concerne 1 femme sur  10.  Le risque pour une femme de développer un cancer du sein dans sa vie est de 12 %. Ce risque augmentant avec l’âge. L’incidence avait augmenté jusqu’en 2005 mais elle se stabilise depuis et les guérison sont de plus en plus fréquentes. 1 femme sur 25 atteinte par ce cancer en meurt.
Quelles sont les avancées en termes de traitement ?
 
Il me semble qu'il est difficile de répondre à cette question de façon simple et non technique. Les guérisons plus fréquentes sont probablement dues aux chimiothérapies réalisées très facilement dans le cadre du traitement du cancer du sein pour éviter la propagation de la maladie, et aussi à des produits d'hormonothérapie que l’on peut utiliser pour certains types de cancers.
 
Sait-on ce qui favorise l'apparition et le développement d'un tel cancer ?
 
Les facteurs de risques connus sont : la puberté précoce, une première grossesse tardive, une ménopause tardive, une alimentation riche en graisses animales, la consommation d’alcool. Allaiter, pratiquer du sport (30 minutes, 5 fois par semaine est idéal), diminuer la consommation d'alcool et réduire celle de graisses animales en privilégiant les légumes verts sont les bonnes habitudes à adopter.  
 
Y a-t-il des personnes qui sont plus sujettes que d'autres à cette maladie ? 
 
Déjà les facteurs de risques cités... et on peut citer aussi les cancers génétiquement programmés à gêne connu, cancers du sein familiaux avec de nombreux cas dans la famille à toutes les générations, touchant notamment les femmes jeunes (ex: les familles à gêne du cancer du sein BRCA 1 et 2 (Angelina Jolie)).
 
Qu'est-ce qui peut aider une femme à traverser cette épreuve ? 
 
Les associations de cancer du sein (comme "Toujours femme" à Chalon), l’entourage bienveillant et accompagnant... et les rassurer sur le bon pronostic de la plupart des cancers du sein. 
 
Quel est votre souvenir professionnel le plus émouvant ?
 
La découverte d'un cancer du sein chez une jeune femme de 23 ans quelques semaines après son 1er accouchement. La prise en charge de ce cancer a nécessité l'ablation du sein malade. C’était il y a 15 ans. C’est une femme très courageuse et qui se porte très bien aujourd’hui.
 

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