Chalon sur Saône

Cérémonie contre la Haine, le Racisme, l'Antisémitisme et pour la République à la Synagogue de Chalon-sur-Saône

Ce dimanche, dans la Synagogue de Chalon-sur-Saône, avait lieu une cérémonie contre le racisme et l'antisémitisme. La communauté israélite du Chalonnais se montre inquiète face à la recrudescence menaces et aux actes antisémites. Info-Chalon revient sur ce rassemblement symbolique et citoyen d'unité républicaine contre toutes les formes de haine.

Dimanche 10 mars, 18h30, 10 Rue de Germigny, Synagogue de Chalon-sur-Saône. Les fidèles arrivent peu à peu et la salle se remplit lentement. Ce que les habitués des lieux remarquent : une foule inhabituelle pour un dimanche.


Et pour cause, une cérémonie œcuménique avait lieu contre la Haine, le racisme, l'antisémitisme. Un office placé sous l'égide de la République.


L'antisémitisme, un mal multiséculaire


Parmi les personnalités invitées, se trouvaient, entre autres, M. le Sous-Préfet de Chalon-sur-Saône, Jean-Jacques Boyer, M. le Maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, M. le Député de la 5ème circonscription de Saône-et-Loire, Raphaël Gauvain et M. le Président du Grand Chalon, Sébastien Martin. Des responsables des polices nationales et municipales, des représentants des autorités judiciaires, religieuses, des associations des anciens combattants, de simples citoyens et d’autres élus étaient également présents.


Une fois tout le monde installé, c’est M. Serge Rosinoff, président de l'Association Chalonnaise israélite (A.C.I), secondé par M. Michel Ouaknine, responsable du culte, qui ouvre la cérémonie par la lecture des Téhilim («Psaumes» en hébreu) 27 (26 selon la numérotation grecque de la Septante et la numérotation latine), attribué au Roi David, qui régna sur Israël et Juda vers le début du Xème siècle av. J.-C.


Dans ce psaume, David loue l'Éternel, Lui rend grâce, place sa confiance en Lui, du fait de toutes les victoires qu'il a connu au combat. Néanmoins, il ne désirait pas ces guerres que lui imposent les méchants de l'intérieur comme de l'extérieur, qu’il compare à des bêtes fauves prêtes à déchirer leur proie. S'il place sans crainte sa foi dans l'Éternel, c'est également un cri de détresse que David lance, las de batailler, préférant consacrer sa vie à la prière.


Après avoir remercier les personnes présentes, M. Rosinoff commence son discours.


«Le Psaume que nous venons de lire, composé par le Roi David au Xème siècle avant J.C est hautement prophétique car il demande à D...* de protéger les Juifs de la vindicte de leurs contemporains », explique-t-il.


«Ceci démontre s'il en est besoin, que l'antisémitisme est un mal multiséculaire», lance-t-il, visage fermé.


Tour à tour, le président de l'A.C.I, évoquera de douloureux épisodes dans la vie des Juifs, depuis l'Édit de Constantin (392), l'affaire Dreyfus (de 1894 à 1906), les lois raciales de Nuremberg de 1935 avec pour conséquence, la Shoah avec 6 millions de morts, sans oublier les guerres israélo-arabes et le conflit palestinien «qui n'a en fait jamais cessé depuis de la création de l'État» d'Israël (1948).
Seule petite lueur dans cette histoire tragique, l'allusion à la Révolution Française qui proclama en 1792 que les Juifs qui vivraient en France seraient considérés comme des citoyens à part entières. M. Rosinoff cite également une expression yiddish** du 19ème siècle : «Men ist azoy vie Got in Frankreich» («Heureux comme Dieu en France»).


Lutte contre l’antisémitisme : il y a urgence absolue!


«(...) il faut admettre que l'antisionisme n'est en fait rien d'autre que l'expression contemportaine de l'antisémitisme, c'est-à-dire de la haine des Juifs. D'où les attentats atroces dans tout l'Occident, notamment en France dont je vous épargnerais la douloureuse évocation, ou l'amalgame Juif = sioniste, qui nourrit la haine des Juifs.» poursuit M. Rosinoff.


«S'il est un temps pour les commémorations, le recueillement et le souvenir, nécessaires à la transmission, il est temps aujourd'hui de montrer un front uni contre ces abjections que sont la haine, l'antisémitisme et toutes sortes de racisme», dit-il s'adressant à un auditoire attentif.


«Nous voulons vivre en France comme des citoyens conscients de leurs droits mais surtout de leurs devoirs envers la République Française et sa Constitution. Nous voulons vivre en France comme des citoyens français de religion juiv comme d'autres sont citoyens français de religion catholique, protestante, musulmane, bouddhiste, orthodoxe, etc» dit-il encore.


Une fois, le discours terminé, après un kaddish***, M.M Ouaknine et Rosinoff ont récité devant l'assistance, la Prière pour la République, une prière qui n'était pas de circonstance mais qui fait partie de la liturgie de tous les offices de la Synagogue de Chalon-sur-Saône.


L'office terminé, les responsables de la communauté juive de notre ville ont invité toutes les personnes présentes dans une autre salle autour d'un petit apéritif. interrogé par info-Chalon, M. Gauvain nous confiera avoir apprécié cette cérémonie «réussie et avec un discours fort».

* Se basant sur le Deutéronome 12 :3-4 « Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous brûlerez au feu leurs idoles, vous abattrez les images taillées de leurs dieux, et vous ferez disparaître leurs noms de ces lieux-là. Vous n’agirez pas ainsi à l’égard de l’Éternel, votre Dieu. », par égard envers l'Éternel, il est interdit aux Juifs d’effacer le nom de Dieu d’un document écrit. Cette interdiction est codifiée par Maïmonide (1135-1204), originaire de Cordoue, chef spirituel de la communauté juive considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge.
** Le yiddish est une langue issue du moyen haut-allemand, née dans la vallée du Rhin vers l’an 1000. Contrairement à l’opinion de certains linguistes, il ne s’agit nullement d’un allemand abâtardi. Ce judéo-allemand composé à 75 % de termes allemands et de 15 % de termes araméens et hébreux, notamment dans le domaine de la religion, renfermait également des mots d’origine latine et des mots d’origine slave, à mesure que les Juifs se sont lentement déplacés vers l’Europe orientale. Il s’écrit en caractères hébraïques et se lit de droite à gauche. Le judéo-allemand s’est développé sur tout le continent européen. Le génocide nazi a exterminé la majorité des juifs d’Europe. Avec eux, il a anéanti — ou presque — la langue et la culture judéo-allemandes.
*** Prière de consolation adressée pour les morts. Très présent dans la tradition hébraïque et dans la liturgie des morts, le kaddish est l’une des prières juives les plus connues.


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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