Chalon sur Saône

63 portraits qui racontent le quartier des Aubépins de nos jours

À l'occasion de la Fête des Aubépins, laquelle a eu lieu samedi, les habitants du quartier ont pu découvrir la dernière exposition d'Hanicka Andres qui présente 63 portraits comme autant de sourires et d'histoires avec pour but de valoriser les habitants d'un quartier populaire bien trop souvent décrié. Plus de détails avec Info Chalon.

Derrière la porte, une rencontre d'une heure. À l'issue de celle-ci, un portrait de l'hôte est réalisé. Il fixe ainsi le trésor immatériel partagé avec la photographe.


Pour Hanicka Andres, ce n'est pas le sujet qui fait une bonne histoire, ni même les photos mais la maniière de le faire, le chemin parcourur pour en parler. Le secret est de se laisser aller là où l'histoire la mènera. Elle vous invite à la suivre dans son goût des autres...


Auteur et metteur en scène de la compagnie de théâtre Entr’Actes depuis 15 ans, Hanicka Andres se lance dans la photographie en 2007, en autodidacte. Son fer de lance principal étant la lutte contre les discriminations, c’est tout naturellement qu’elle axe son travail photographique autour des problématiques sociales d’anonymes et des laissés-pour-compte ; elle s’inspire du monde contemporain et des rencontres avec les gens et les territoires sur lesquels elle travaille : personnes en situation de handicap, habitants de quartiers, migrants, orphelinat, personnes lambda qui souhaiteraient utiliser ce support de communication par l’image pour s’exprimer.


Ses reportages sont empreints du réel et de poésie, d’intime et de politique, d’artistique et de photojournalisme. Elle dispense des cours de photographie à l’étranger pour des associations de jeunes qui n’ont pas accès à la culture de l’image.


Elle a plusieurs expositions à son actif, dont « Corps de migrants », en 2017, à l’Écomusée du Creusot et qui a fait l’objet d’un sujet des assises du Musée National de l’Histoire de l’Immigration à Paris, « La voie du corps », sur la vie sexuelle et affective des personnes polyhandicapées.


Très engagée, elle tire parti de son art pour le mettre avant tout au service de l’autre.


«Le trésor caché des Aubépins», tel est le nom de la dernière exposition d'Hanicka Andres.


Contactée par Corinne Briez, agent de développement local à la Maison de quartier des Aubépins, qui était à la recherche d’un photographe pour un projet avec les habitants du quartier, qui visait à valoriser ces derniers.


La photojournaliste qui travaille pour l'agence Zeppelin, basée à Paris, a rencontré 63 personnes qui lui ouvert la porte avec générosité.


«À titre personnel, je fais ce métier justement pour la rencontre», nous dit Hanicka, pour parler de son travail, «l'objectif de l'expérence était de libérer la parole».


«J’ai écouté leur parcours, j’ai partagé leurs passés, leurs rêves, leurs ambitions et leurs difficultés. Chacun d’eux est locataire d’un des appartements de ce quartier au paysage verdoyant et à l’ambiance animée», continue Hanicka.


Elle a remarqué que «la Maison de quartier des Aubépins et ses salariés sont comme un phare dans la nuit, où chacun vient se ressourcer, parler, pleurer, rire, échanger, transmettre ou demander de l’aide».


Les 63 personnes, qu'elle a rencontre de février à juin, ont effectivement tous un lien avec la Maison de quartier des Aubépins, , lieu de rendez-vous et d’animations de ses habitants.


Les Aubépins abrite 3 157 habitants pour une moyenne d’âge de 36 ans.


«Quartier dont la réputation est fortement décriée, les Aubépins accueille des personnes d’une grande diversité et qui m’ont toutes accueilli à bras ouverts. La grande majorité d’entre elles se débat avec la gestion d’un quotidien difficile, mais de façon positive, avec l’espoir de jours meilleurs. Héros de leur propre vie, ils sont animés par des qualités et un parcours qui leurs sont propres. Ils mettent toute leur énergie dans la relation aux autres, des activités de loisirs, l’épanouissement de leurs enfants, la recherche de solutions pour s’en sortir … Certains d’entre eux, vivent ici depuis plusieurs générations», nous explique la photojournaliste.


«J'ai été accueillie avec beaucoup de bienveillance», dit-elle, gardant un excellent souvenir de ses rencontres.


«Courage, détermination, fierté, dignité, générosité et créativité; le trésor caché des Aubépins, ce sont eux !», conclut Hanicka.


Présentée à ses habitants, samedi, «Le trésor caché des Aubépins» a emballé Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, qui a proposé, lors d'un discours tenu lors de la Fête de quartier des Aubépins, de continuer l'exposition à la Mairie et dans divers lieux de la ville.


Chacun des hôtes a reçu un exemplaire de leurs portraits.


Hanicka Andres, en collaboration avec Étienne Ramousse, s'intéresse à Chérizet, plus petit village de Saône-et-Loire, avec 16 habitants. Elle a aussi une autre exposition intitulée «Alter Égaux» en collaboration avec l'ADAPT à Pontigny.

 

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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