Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Sous le capot, le cannabis

« Les gens d’ici, c’est que des faux-culs, du coup je préfère partir. » T. X, 28 ans, ne partira pas dans l’immédiat, il est en détention provisoire depuis le 14 septembre, car, traduit en comparution immédiate, il voulait un délai pour préparer sa défense. Il a passé ce délai à changer plusieurs fois d’avocat, et aussi à demander sa remise en liberté (refusée), alors du coup l’avocat de permanence ce lundi 16 octobre l’a rencontré dans les geôles du palais, à son arrivée.

Que des faux culs à Chalon sur Saône ? Diantre ! Souffririons-nous d’un microclimat réunissant ici tout ce que le pays compte d’hypocrites, de menteurs et de lâches, ou T. X y est-il tout particulièrement confronté en raison de la nature de ses « fréquentations », comme il dit ? Un changement d’air suffirait-il à lui permettre de se refaire à neuf ? On peut l’espérer autant qu’on en doute :

Le 11 septembre dernier, la police le contrôle alors qu’il conduit. Il a un passager, c’est le propriétaire de la voiture. Les policiers remarquent que le numéro gravé sur la vitre ne correspond pas au numéro porté sur la carte grise, et ils vont vérifier le moteur. Sous le capot, bien planquées dans une cache en plastique, 5 savonnettes de résine de cannabis, pour quasi 500 grammes. Maître Marceau qui intervient en dernière minute explique que le conducteur est fort connu, et des forces de l’ordre, et des magistrats de cette juridiction : 32 ans, et un casier de plus de 20 mentions pour stups. Mais voilà, les deux hommes sont placés en garde à vue : le spécialiste des stups balance son conducteur occasionnel, celui-ci endosse et se tait « par peur des représailles »

TX doit donc inventer une histoire à servir aux policiers puis aux magistrats. Il en inventera plusieurs, puis en fixe une à l’audience : il avait acheté une voiture, il devait 1500 euros au vendeur, il n’en avait que 1200, alors « croyant bien faire », il est allé acheter « du produit » pour s’acquitter des 1500 euros. Il avait économisé les 1200 sur son RSA, puisqu’il était logé, nourri, blanchi chez sa mère, comme il l’est au centre pénitentiaire, la liberté et le RSA en moins.

La présidente comme le procureur pointent l’incohérence du tout, remarquent qu’il sait où l’on trouve des quantités pareilles de drogue : « Ici, la plupart des gens vendent. »
Il connaît tout le monde car c’est un ancien toxico qui tournait aux drogues dures, au cannabis et à l’alcool. On pense que ces consommations en cocktail lui ont abîmé le cerveau, on le suppose, tant il est facilement incohérent, avec son air pincé à la limite de l’exaspération. Lui, il dit que c’est parce qu’on lui prend la tête avec les questions, comme l’ont fait les policiers lors des auditions.

A 28 ans, il vivait encore chez sa mère, faisant profiter toute la famille des conséquences de son mode de vie, perquisitions, incarcérations, tout. 15 mentions à son casier, il pense avoir passé en tout déjà 4 ans en prison. La plaidoirie de son avocat est convaincante, mais puisque les stups ont leurs règles mafieuses et les opposent à la justice, ainsi qu’aux lois républicaines, ces audiences tournent elles aussi à des jeux de faux-culs : le prévenu ment, tout le monde sait qu’il ment, mais puisqu’il tait le ou les noms des vendeurs, eh bien c’est lui qui prend.

« J’ai eu le temps de réfléchir en prison, et je vais quitter cette ville. » Il aura le temps de changer d’avis, puis d’en changer encore : le tribunal le condamne à 1 an de prison et décerne mandat de dépôt.

FSA

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