Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - En état de récidive légale, elle ne s'empêche pas de mordre un gendarme

« Pourquoi ? » Pourquoi elle ne veut plus d’elle ? Quand une question insiste à ce point, il faut aller voir un (bon) psy. Il aurait fallu que Lola aille consulter plutôt que de passer à l’acte pour avoir réponse à cette question d’autant qu’elle ne l’adresse sans doute pas à la bonne personne, au fond.

On a quitté la jeune femme en avril dernier sur 10 mois de prison avec incarcération immédiate et 2 ans de sursis mis à l’épreuve (lire ici : http://www.info-chalon.com/articles/faits-divers/2018/04/20/37106/tribunal-de-chalon-10-mois-de-prison-ferme-pour-une-histoire-d-amour-qui-n-en-finissait-pas/ ), les mêmes causes et quasi les mêmes effets ramènent sa moue boudeuse et ses cheveux bouclés aujourd’hui tenus en chignon dans le box, sous escorte de la police, en ce lundi 18 mars de comparutions immédiates. « Quasi » les mêmes effets car pour se sécuriser la victime (soit une jeune femme avec laquelle elle était sortie il y a maintenant 5 ans) et sa mère ont fait poser un visiophone à l’entrée de l’immeuble, donc quand ce samedi, soit le 16, Lola est venue sonner « pour avoir des explications », elles ont appelé les secours immédiatement. Lola avait interdiction de contact avec la victime, Lola enfreignait cette interdiction, Lola est en état de récidive légale.

La police arrive. La jeune femme a bu, n’a pas de papiers à présenter. Une fois dans la voiture, elle cherche à se détacher pour « partir », elle mord la policière qui lui fait obstacle : « Une adjointe de sécurité en formation qui a appris qu’une interpellation peut se passer très bien et dégénérer d’un seul coup. » Maître Marceau vient demander des indemnités. « Pourquoi mordre ? » demande la présidente Chandet. « C’était involontaire, ça s’est passé trop vite », répond la jeune femme. Sa façon d’être, de se tenir, de parler, tout pousse la juge à lui préciser : « Vous avez quel âge ? (22 ans) Vous n’êtes pas dans le bureau de la directrice de l’école. » La prévenue dit qu’elle regrette, vraiment, et que c’est la première fois qu’elle dit qu’elle regrette.

IL faut dire que le bilan tel qu’il est dressé par le tribunal n’est pas bon, Lola a mis en échec tout ce qui lui a été proposé pour l’aider. La conseillère de la Mission locale s’interroge sur ses capacités de compréhension, son CPIP également au point de se demander s’il ne faudrait pas faire une demande de reconnaissance de handicap. Pour autant, Lola avait un contrat saisonnier mais n’a pas tenu, le procureur lui avait proposé d’intégrer le dispositif AIR (accompagnement individuel renforcé), elle a renoncé à cet accompagnement après le 1er rendez-vous. « Elle n’adhère pas à ce qu’on essaie de mettre en place. » On songe que l’obsession qui est la sienne doit prendre une telle place en elle qu’il n’en reste peut-être pas assez pour le reste. Les juges aimeraient qu’elle « arrête de tourner en boucle sur ce sujet ». Peut-on se délivrer d’une telle question sur injonction ?

Visiblement non, en ce qui concerne Lola. Maître Jérôme Duquennoy relève à nouveau « les questionnements sur sa capacité à comprendre ce qu’on lui impose, et le sens et l’intérêt des accompagnements qu’on lui propose ». « Elle est toujours dans le ‘pourquoi ?’ »  La justice voudrait qu’elle mobilise sa raison et sa volonté… Les policiers chalonnais de l’escorte gagnent un aller-retour à la maison d’arrêt pour femmes à  Dijon en cette fin de journée. Lola y est à nouveau incarcérée, pour 8 mois (5 mois avec mandat de dépôt et 3 mois de révocation partielle de sursis avec exécution immédiate). Elle devra, ou devrait, indemniser l’ajointe de sécurité. Elle a dit que cette fois-ci, elle avait « vraiment compris ». On aurait aimé savoir quoi.

Florence Saint-Arroman

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