Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Détenu à Varennes, il est jugé pour violences sur un co-détenu et retourne en prison

C’est un tout jeune homme né à Mayotte dont les parents vivent en Bresse. Il aura 20 ans à l’automne. Il a obtenu un CAP en juin 2018. A-t-il travaillé ensuite ? Le garçon écarte les mains en signe à la fois d’impuissance et d’évidence : « Ben non, j’ai pas eu le temps, puisque… », en juillet, il est interpellé et placé en détention provisoire. Il est mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire pour une procédure criminelle « pour des faits de nature sexuelle » dit la présidente Catala qui ne s’étend pas sur le sujet car s’il comparaît ce jeudi 29 août c’est pour des violences sur son codétenu, le 16 août dernier, lequel s’en sort avec 10 jours d’interruption temporaire de travail.

Difficulté : « La victime n’a pas été avisée de l’audience, le tribunal va donc renvoyer d’office. » Ni le parquet ni la défense n’ont d’observations à faire : que la victime n’ait pas porté plainte n’y change rien, elle doit être informée de la tenue de l’audience, mais on l’a oubliée. Le tribunal fixe le jugement au 12 septembre. Cependant le procureur estime qu’il est « intéressant d’avoir un deuxième titre de détention, au cas où il y aurait un nouveau problème à l’audience du 12 prochain », à cette fin il sollicite un mandat de dépôt. Le jeune homme est incarcéré depuis plus d’un an, et sa détention provisoire a été prolongée de 6 mois le 16 juillet dernier. Son casier est vierge, mais sa situation pénale est lourde. Maître Sarah Bouflija ne voit pas la nécessité d’un second mandat de dépôt puisque l’audience est fixée dans un délai très court et que le prévenu n’envisage pas de refaire la moindre demande de remise en liberté (la seule demande qu’il fit fut refusée).

Le tribunal décerne mandat de dépôt, ce qui dans les faits ne change rien puisqu'il est déjà détenu. Le tribunal accompagne sa décision d’indications claires à l’intention de la maison d’arrêt car si le prévenu a une interdiction de contact avec sa victime - « on m’a descendu d’un étage » -, « on espère des mesures plus sécurisantes pour votre ancien compagnon de cellule ».

FSA

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